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« Il y a un gisement de réservistes à exploiter dans les collectivités »

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, A la Une prévention-sécurité, Actu prévention sécurité, France, Toute l'actu RH

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Jean-Marie Bockel © JM Bockel

Dans un entretien à la Gazette, le sénateur (UDI) Jean-Marie Bockel réagit à l'appel aux Français de François Hollande à devenir réservistes. S'appuyant sur les préconisations d'un rapport qu'il a présenté le 12 juillet, deux jours avant l'attentat de Nice, l'ex-secrétaire d'Etat à la Défense préconise une rénovation en profondeur de la réserve militaire, en détaille les contours et sensibilise les fonctionnaires à cet engagement.

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Moins d’une semaine après l’attentat meurtrier du 14 juillet à Nice, François Hollande a lancé le 20 juillet à Saint-Astier (Dordogne) « un appel aux Français qui le souhaitent » à rejoindre les rangs des différentes réserves des forces de sécurité et de l’armée.

Se constituera ainsi une « Garde nationale » a lancé le chef de l’Etat, reprenant ainsi une idée lancée après les attentats du 13 novembre. Pour le sénateur (UDI) du Bas-Rhin et ex-secrétaire d’Etat à la Défense, Jean-Marie Bockel, co-auteur avec la sénatrice (PS) de l’Aude Gisèle Jourda, d’un rapport présenté le 12 juillet sur la réserve militaire, cet appel à l’engagement « est une bonne chose ». Dans un entretien à la Gazette, il souligne l’intérêt de renforcer la réserve militaire mais insiste sur la nécessité de la rénover. Entretien.

Dans le rapport que vous avez présenté le 12 juillet avec la sénatrice (PS) de l’Aude, Gisèle Jourda, vous préconisez une rénovation en profondeur de la réserve opérationnelle militaire. Pour quelles raisons ?

Dans les opérations extérieures comme sur le sol national, avec l’opération « Sentinelle » déployée depuis janvier 2015, l’armée française est « au taquet », selon le mot du chef d’état-major, le général Pierre de Villiers. Dans ce contexte, et compte tenu de la forte menace terroriste d’aujourd’hui, l’appel à la réserve est indispensable. Mais elle se heurte depuis trop longtemps à un manque de moyens budgétaires, à l’absence de véritable doctrine d’emploi et à des grandes difficultés de gestion. Il faut donc la rénover.

Quelles sont vos préconisations ?

L’attentat de Nice l’a rappelé, les djihadistes peuvent frapper partout sur le territoire national. Or, il y a en France de nombreux déserts militaires, des zones entières où il n’y a plus de régiment ni de base militaire. La réserve opérationnelle nous donnerait ainsi la possibilité de réimplanter des effectifs dans ces départements en les adossant à des unités existantes. Nous plaidons donc en faveur d’un véritable maillage territorial qui permettrait de bénéficier d’une force complémentaire en cas de nécessité.

Quelles doivent être les missions de cette réserve militaire renforcée ?

Traditionnellement, l’exécutif fait appel à l’armée en cas de crise majeure, lors d’événements hors-norme. Le réserviste militaire assure alors des missions « de soldat » : surveillance aux frontières, protection de sites sensibles, collecte de renseignements, appui aux forces de sécurité intérieure.

Quels candidats conseillez-vous de sensibiliser en priorité ?

Il y a de toute évidence un effort à produire en direction de la jeunesse, dès 17 ans. Je pense notamment à tous ceux, jeunes et moins jeunes, qui sont à la recherche d’un emploi et qui peuvent mettre à profit cette période particulière, par exemple le week-end, pour servir leur pays. Ils en ressortiront plus solides et ils pourront le faire valoir auprès de leurs employeurs.

Les fonctionnaires doivent-ils montrer l’exemple ?

Durant 38 ans, j’ai été moi-même réserviste. Il y a en effet un gisement de réservistes à exploiter dans les collectivités territoriales. Il fut une époque où l’on y voyait les secrétaires de mairie des petites communes, les enseignants, les ingénieurs. Aujourd’hui, les profils ont évolué et tous les métiers sont concernés : aussi bien les métiers territoriaux de la sécurité, qui ont des aptitudes, que les agents des services techniques. Et bien d’autres. Mais croyez-moi, si l’on parvient à créer un véritable maillage territorial, il y aura des volontaires en nombre. Il y a dans la fonction publique territoriale une forte sensibilité au service public de proximité.

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