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Culture

Manisfestations estivales : après l’attentat de Nice, les maires doivent trancher au cas par cas

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Actu prévention sécurité, France

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© Ville de Carcassonne

Après l'attentat meurtrier de Nice, beaucoup de collectivités sont aujourd'hui confrontées à la question de savoir si elles doivent ou non annuler les événements culturels estivaux prévus sur leur territoire... Si la plupart d'entre elles s'orientent vers le maintien, comme un « acte de résistance », la sécurisation des lieux est au centre de toutes leurs attentions. Pour d'autres, c'est l'annulation pure et simple. Comme à Paris ou encore à Lille.

 

Quelques heures à peine après l’attaque meurtrière de Nice, Gilles Platret, maire LR de Chalon-sur-Saône, était dans le bureau du sous-préfet pour parler « sécurité ». Chaque été, sa ville accueille en effet l’un des plus grands festivals de la saison:  « Chalon dans la rue » (du 20 au 24 juillet) avec en moyenne 150 000 personnes déambulant dans la cité au gré des spectacles dédiés aux arts de la rue !

Malgré la tristesse et l’émotion ressenties après le drame de Nice, nous avons pris l’option de continuer à vivre. Nous ne voulions pas que ce festival – grand événement culturel pour notre ville et qui fête ses 30 ans cette année – soit annulé, car cela aurait été une victoire pour tous ceux qui veulent changer notre mode de vie (le maire, Gilles Platret)

Aussi, le maire a enchaîné les réunions, « tous les matins », en préfecture pour élaborer main dans la main avec les services de l’Etat, le commandant de Police, et la police municipale le dispositif de sécurisation de cette manifestation populaire.

Maintenir mais en aménageant…

Les grandes lignes de ce plan consistait donc à :

  • Accroître les forces de sécurité présentes sur le festival : la ville recevra donc le renfort des forces militaires de Sentinelle, et de gendarmes ;
  • Les spectacles se termineront au plus tard à 1 heure du matin, les zone de convivialité fermeront quant à elles à 2 heures du matin afin de « relâcher plus tôt nos éléments de sécurité pour mieux les concentrer aux heures de forte affluence, c’est-à-dire de 16h30 à 23 heures » ;
  •  « Piétonniser » un nombre plus important de rues, en montant des barrages de véhicules pour éviter toute « intrusion comme à Nice » ;
  • Créer des zones sécurisées (barrages de véhicules + points de contrôles) autour des grandes places qui accueilleront les plus gros spectacles durant le festival.

Enfin, une seule manifestation sur les 1015 prévues initialement a été annulée. « Il s’agissait d’une déambulation dans la ville… le parcours très long et le nombre de festivaliers qu’elle allait entraîner à sa suite rendait la sécurisation de cette déambulation impossible » regrette Gilles Platret.

Accepter que le risque zéro n’existe pas

Même état d’esprit à Aurillac qui accueillera du 17 au 20 août prochain son festival annuel dédié au théâtre de rue. Le maire socialiste de la ville Pierre Mathonier voit lui-aussi dans le maintien de cette manifestation « un acte de résistance ».

« La création artistique c’est un acte de liberté, c’est la liberté de croire ou de ne pas croire, c’est tout simplement celle de vivre » explique-t-il à La Gazette.

L’élu, qui travaille avec les services de l’Etat à l’élaboration détaillée de son plan de sécurisation, compte aussi sur la vigilance des citoyens et des commerçants.

« Nous allons accueillir environ 30 000 personnes par jour, 120 000 sur la durée du festival, il faut bien comprendre que la sécurité c’est désormais l’affaire de tous » déroule Pierre Mathonier, « il faut que les citoyens et les commerçants nous aident en étant vigilants et observateurs face à des comportements qui paraissent anormaux ou incompréhensibles ».

Moi si je voulais faire exploser une bombe au festival d’Aurillac au mois d’août, je ne viendrai pas avec le 15 au soir, je louerai un box pour l’entreposer à l’abri des regards. Les loueurs de véhicules, de garages, les commerçants, ils doivent tous être en alerte. (Pierre Mathonier, maire d’Aurillac)

« Le risque zéro n’existe pas, il faut aussi accepter cette incertitude, sans pour autant être laxiste » précise Pierre Mathonier qui rappelle qu’en ces temps troublés la responsabilité de l’élu est mise à rude épreuve, « résister en faisant vivre le festival, au risque de passer pour un naïf si un malheur arrive » conclut-il.

Lille annule sa grande braderie, Paris certaines manifestations

Dès le lendemain de l’attentat, en partance pour les Francofolies de la Rochelle, la ministre de la Culture, Audrey Azoulay, avait en effet exhorté à « ne céder en rien ».

Mais certaines villes ont  néanmoins décidé d’annuler plusieurs événements, et ce pour « des raisons de sécurité ». C’était le cas à Paris avec le festival de cinéma en plein air de la Villette ou celui au Clair de Lune. Il n’y aura pas non plus de « Champs-Elysées piétons » cet été, ni de tournoi de basket « Quai 54 ». En revanche, la capitale a maintenu Paris-Plage, en renforçant le dispositif sécuritaire.

Quant à Lille, Martine Aubry vient elle-aussi d’annoncer que la fameuse grande braderie n’aurait pas lieu cette année. Elle invoque des « raisons de sécurité »

 

Les craintes des festivaliers

Et pour les manifestations qui sont confirmées, reste une inconnue : la réaction du public.

Le maire de  Chalon-sur-Saône a ainsi constaté « une certaine appréhension du public notamment familial à venir sur le festival ». « On a de plus en plus de parents qui ne tiennent pas à ce que leurs enfants participent, comme chaque année, au festival avec le centre aéré » regrette Gilles Platret, qui assure dans le même temps « comprendre ces réactions ».

Quant à Pierre Mathonier, le maire d’Aurillac, il encourage les festivaliers « à résister » : « Venir sur les festivals cette année, c’est faire un acte politique » lance-t-il.  

Références

Agenda

24 novembre 2016 – Paris

aEtats généraux de la sécurité locale : Risque terroriste, prévention de la radicalisation, gouvernance... quels rôles et bonnes pratiques pour les collectivités ?

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