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Culture

[Avignon 2016] Elus et artistes : l’urgence de rétablir le dialogue

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France

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Sur fonds de difficultés budgétaires et de flou dans l'engagement de certaines collectivités, élus et artistes peinent à maintenir le fil du dialogue. Mais ils s’accordent sur l’urgence de rétablir un climat de confiance et de revoir les modalités de leur dialogue.

 

Absence de réflexion, flottement, désintérêt, démission, défaitisme… Face aux élus, les artistes ont des mots très durs. Une sévérité qui traduit un profond désarroi provoqué par les baisses ou les suppressions de subventions, les incertitudes quant au soutien des collectivités, les tentatives d’ingérence de certains élus pour infléchir le travail des artistes vers le plus grand dénominateur commun des goûts du public, ou, a contrario, chez d’autres, l’absence d’implication dans un secteur qu’ils maîtrisent mal. « Nous sommes passés dans une relation sur le mode « je t’aime moi non plus », analyse Rémy Bovis, président du Syndicat national des arts vivants (Synavi). En théorie, la relation est présente et géniale. Mais nous sommes vite confrontés à une situation d’incompréhension sur ce que nous pouvons faire ensemble. »

 

« Trahison »

Pour certains, comme Eric Cénat, directeur du Théâtre de l’Impromptu (Orléans), qui a vertement interpellé les élus lors d’un débat organisé le 13 juillet par la Fédération nationale  des collectivités territoriales pour la culture (FNCC) et le Synavi, en marge du festival d’Avignon 2016, le désarroi prend des accents de révolte, à travers un sentiment de « trahison » ressenti après la décision de la région Centre-Val-de-Loire de fermer l’agence « Culture O’ Centre au début 2016 et de tailler dans les aides à la création.

Force est de constater qu’élus et artistes, même s’ils se parlent encore, ne semblent plus s’entendre mutuellement. Pourtant, de part et d’autre, on affiche, comme l’a montré ce débat, intitulé « comment poursuivre et approfondir le dialogue ? », la volonté de sortir de ce dialogue de sourds pour (re) commencer à co-construire « une histoire ensemble », selon la formule du président de la FNCC, Florian Salazar-Martin.

« Nouveaux espaces de dialogue »

Pour ce dernier, l’heure est à la recherche d’un diagnostic « qualitatif » et « partagé » dans « une période de grande complexité ». Et de décrire avec gravité une situation déjà marquée par les effets des baisses de dotation. « Et cela va empirer, pronostique l’élu de Martigues, car nous ne sommes pas au bout des prélèvements. » Certes, le président de la République les a réduits, mais le mal est déjà fait. » A cela s’ajoutent les bouleversements induits par la réforme territoriale, d’une ampleur « encore jamais vue en France ». Une situation que l’élu demande aux artistes de prendre en compte et qui conduit inéluctablement à trouver de « nouveaux espaces de dialogue » pour changer les façons de construire les politiques culturelles.

Pas de stigmatisation

Pas question donc de laisser les artistes « stigmatiser les élus », plaide Florian Salazar-Martin. « Il n’y a pas, d’un côté, les bonnes compagnies artistiques, et, de l’autre, des élus qui feraient n’importe quoi. Il n’est pas possible de construire le dialogue sur cette base-là. » « Si on aborde le sujet par le biais financier, on verrouille tout débat, confirme Danielle Buys, vice-présidente de la FNCC et première adjointe au maire de Tournefeuille (Haute-Garonne), en charge de la culture. Commençons par parler politique culturelle. Forcément, on finit par parler argent. Mais il faut le faire dans la transparence. Nous n’avons pas suffisamment dialogué avec les compagnies. Ce dialogue est d’autant plus nécessaire, que nous avons moins d’argent. »

Que faire ensemble

« La question financière n’est pas la première, mais elle est importante, nuance le président de la FNCC. Mais il est vrai que la première question est : que voulons-nous faire ensemble ? Les élus, eux, doivent faire preuve de curiosité et aller discuter avec les compagnies. C’est la meilleure des formations. Celle du terrain. De leur côté, les compagnies doivent s’efforcer de nouer des relations avec les collectivités. Il existe une méconnaissance, c’est vrai. Mais elle est réciproque. » Comment faire, du côté des artistes, pour « sortir d’une position de demande adressée aux collectivités ? », s’interroge Rémy Bovis. « Nous voulons parler de « démarche » et non de « projet » artistique. Le sens de notre action, c’est la création artistique et la rencontre avec le public. Aujourd’hui, les compagnies ne veulent plus voir les collectivités en les considérant comme un guichet. »

Programme électoral

Mais les collectivités sont-elles prêtes pour proposer de nouveaux modes de dialogue et de co-construction ? Trouver les moyens  de regagner la confiance des artistes ? « Lors des dernières élections, quels programmes parlaient de culture ?, s’interroge Rémy Bovis. « Dans notre région, nous allons avoir des assises de la culture, témoigne Eric Cénat. Comment y aller avec confiance, alors que nous avons eu ce sentiment d’être trahis par les élus ? ».

Rémy Bovis souligne l’urgence de cette reprise du dialogue. « Mais la difficulté tient au temps que demande l’élaboration d’un diagnostic partagé. Or certains élus prennent des décisions qui ont des effets terribles au bout de six mois et sur lesquelles on ne pourra pas revenir. »

Pour Danielle Buys, les élus doivent expliquer, avant les élections, ce qu’ils comptent faire en matière de culture. « Malheureusement, depuis plusieurs années ne figurent plus de projets politiques dans les programmes électoraux. » 2017, avec l’élection présidentielle et les législatives qui suivront, devra marquer ce changement de pratique. « Si ce n’est pas le cas, prévient Danielle Buys, alors Eric Cénat risquerait d’avoir raison. »

« Une violence terrible »

«A la FNCC, nous recueillons les témoignages de nouveaux élus à la culture très préoccupés par ces questions, et qui doivent prendre des décisions sans disposer de tous les éléments pour le faire », explique son président Florian Salazar-Martin. Les élus à la culture sont parfois très seuls sur leurs projets. On leur dit qu’il y a telle et telle économie à faire, qu’ils doivent rayer des choses sur une liste d’actions. C’est une violence terrible. Ils doivent faire preuve de beaucoup de perspicacité pour nouer les bonnes alliances. Le rôle de la FNCC n’est pas de les stigmatiser, mais de les aider. »

 

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Thèmes abordés Politiques culturelles

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