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Sport

Ces petites villes qui se paient le Tour de France

Publié le • Par • dans : France

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Passage du Tour de France à Saint-Fargeau dans l'Yonne en 2009. Passage du Tour de France à Saint-Fargeau dans l'Yonne en 2009. © Flickr CC by sa JPC24M

Evénement sportif majeur en termes de notoriété et d’audience, le Tour de France cycliste (2-24 juillet 2016) ne snobe pas pour autant les petites communes. Illustration encore cette année avec plusieurs d’entre elles qui, au milieu de grandes agglomérations, s’invitent sur la carte. Le plus souvent portées par un vrai projet de territoire.

 

« Toutes les communes doivent pouvoir rêver de recevoir le Tour de France. » Sous-entendu, même les plus petites. Responsable des relations extérieures à la direction du cyclisme d’Amaury Sport Organisation (ASO), propriétaire de la Grande Boucle, Cyrille Tricart y veille particulièrement. Cette année, plus de la moitié (17) des 30 villes françaises de départ ou d’arrivée comptent moins de 10 000 habitants. Contre 9 l’an passé. Dans le lot, des cas à part bien sûr comme le Mont-Saint-Michel et ses 44 résidents, site majestueux du grand départ ce 2 juillet, Vallon-Pont d’Arc où se situe la réplique de la grotte de Chauvet, sans oublier quelques stations renommées de sports d’hiver, des Alpes, des Pyrénées ou du Massif Central.

Pour bien autres, dépourvues d’accroche touristique majeure mais ambitieuses sur ce plan, il a d’abord fallu s’extirper de la masse des 250 collectivités qui postulent à chaque édition. Ensuite, s’acquitter des droits d’entrée fixés à 65 000€ HT pour un départ et 110 000€ HT pour une arrivée. Cyrille Tricart ajoute qu’« il convient d’ajouter au moins la même somme en dépenses annexes »: communication, aménagements divers (salle de presse, parkings…), protection civile, barriérage sur 4 km, branchements nécessaires à la fourniture d’eau et/ou d’électricité, remise en état… « Il aurait été impensable de s’aligner sans le soutien du Conseil départemental du Cantal et celui de la Communauté de Communes du bassin d’Aurillac (CABA) », résume Michel Roussy, maire d’Arpajon-sur-Cère (Cantal, 6 215 hab.), départ de la 6e étape.

Un territoire, plus qu’une commune

Même constat à Culoz (Ain – 2 986 hab. – arrivée de la 15e étape), située au pied du col du Grand Colombier (1 498m) dont le nom a été soufflé aux organisateurs par le département de l’Ain et par la communauté de communes de Bugey Sud. Les deux collectivités ont réglé à parts égales les droits d’entrée. L’intercommunalité a ajouté des dépenses de communication/promotion à hauteur de 100 000€. Quant à la ville, elle va assurer les frais logistiques pour un montant similaire. Pour quels espoirs de retombées ? « Nous avons validé en juin 2015, notre schéma de développement territorial, justement articulé autour du vélo », précise Estelle Charrut en charge du tourisme au sein de Bugey Sud. « Le Tour constitue donc une opportunité unique de lancer notre stratégie. A terme, l’objectif est d’attirer les amateurs de cyclisme tentés par une ascension du Grand Colombier puis de développer notre offre hôtelière. » Elle compte sur les directs télévisés, au cours desquels les noms des villes de départ ou d’arrivée seraient cités 30 fois, en moyenne quotidienne. Face à une audience d’environ 4 millions de téléspectateurs français, sans compter les autres, dans les 190 pays qui retransmettent l’épreuve.

L’opportunité du développement touristique et la perspective d’organiser une « grande fête » ont aussi motivé les représentants de l’Isle-Jourdain (Gers, 8 000 hab. – départ de la 7e étape), « terre de vélo », selon Jean-Luc Petit-Roux, le directeur général des services (DGS). « Le département a pris en charge la moitié du ticket d’entrée. La communauté de communes (Gascogne-Toulousaine) et la ville, l’autre moitié à parts égales. Nous finançons en plus les frais annexes. Au total, après avoir aussi mobilisé les entreprises locales et obtenu une subvention de la région, la commune investit 40 000€ TTC. Inespéré par rapport à la notoriété de l’évènement. »

« Le Tour ? Une bénédiction pour un élu »

Maître de conférences à l’Université Paris-sud, Christopher Hautbois travaille justement sur les stratégies des collectivités territoriales dans le sport. « Oui, la réception du Tour de France peut constituer un effort financier non-négligeable pour une petite ville », admet-il. « Mais le jeu des coalitions avec les collectivités permet de diminuer la note. Laquelle reste toujours acceptable au regard de la notoriété de l’épreuve et de ses retombées directes. Le Tour de France reste une bénédiction pour un élu et une superbe opération pour un territoire. » Chiffres à l’appui : en 2014, selon l’Agence de développement touristique du département de l’Ain, le passage de la course et de ses 4 500 suiveurs à Oyonnax, avait rapporté cinq fois la somme investie dans les commerces, hôtels et restaurants locaux. Même proportion pour Saint-Amand-Montrond (Cher) en 2013. Cette même année, les retombées directes observées au niveau de l’agglomération de Metz (Moselle) ont été deux fois plus importantes que la mise de départ.

Des chiffres qui donnent le sourire à Sébastien Valla, DGS de Culoz. « Avec un beau projet de territoire, une petite commune peut se lancer dans cette grande aventure du Tour de France. » Avant de conclure : « Nous ne sommes pas moins intelligents que dans les grandes agglomérations ». Le rêve est permis. Pas le complexe d’infériorité.

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  1. 1. guerin marc 11/07/2016, 01h15

    Je trouve assez bien que l'assemblée des départements de France (ADF) aide à financer des aménagements nécessaires à de grands événements comme le Tour de France, d'autant que ces aménagements ne seront pas détruits après le passage du tour. Cependant réaliser des aménagements qui pourraient être intéressants si les précautions étaient prise pour 1 manifestation, sans même regarder les conséquences qui vont pourrir la vie des habitants de la commune pendant des années est inacceptable. Pourquoi ne pas faire les choses correctement?

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