Prévention des risques

Les sénateurs face aux risques naturels

Par
Inondation_02_03_02_centre_ville

Wikimedia Commons CC by Lamiot

La commission de l'aménagement du territoire et du développement durable du Sénat organisait mercredi 29 juin une table ronde sur l'alerte et la prévention des risques. Si la volonté était de faire avancer les choses, elle a surtout permis de faire un point sur les outils déjà mis en oeuvre.

Une fois encore, cette année 2016 devait être celle où de grandes décisions seraient prises. C’est l’engagement qu’a pris Louis Nègre, sénateur Les Républicains des Alpes-Maritimes, lors de l’introduction de la table ronde sur l’alerte et la prévention des risques organisée par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat, donc il est vice-président. « Chaque année c’est pareil. Il y a des drames, des morts. On fait des rapports qu’on met ensuite au tiroir, on fait des réunions. Et un an plus tard, on se retrouve à nouveau avec des morts. Il faut être plus efficace. Nous devons prendre des décisions. » Une table ronde qui a eu du succès après les épisodes d’inondations importants et dramatiques survenus récemment.

La culture du risque pas encore infusée

Force est de constater que le débat n’a pas apporté de nouvelles solutions à un problème qui persiste depuis trop longtemps. Le constat le plus souvent revenu est que la culture du risque de la population n’est pas assez développée. Un constat partagé par tout le monde. Mais ça fait maintenant plus de 20 ans que ce concept a été conçu (avec le plan Loire grandeur Nature de Michel Barnier en 1994). Et on en est toujours à lancer des initiatives qui visent à renforcer le niveau d’information et promouvoir les comportements adaptés des populations.

Hervé Vanlaer, adjoint au directeur général de la prévention des risques au ministère de l’environnement, de l’énergie et de la mer, a notamment listé plusieurs initiatives qui vont dans ce sens :

  • Actions de sensibilisation dans 700 collèges, pour 400 000 élèves touchés ;
  • Enveloppe de 20 000 euros pour les territoires qui engagent des initiatives pour faire de la pédagogie ;
  • Spots radios et affiches dans les territoires à risque.

Philippe Le Moing-Surzur, sous-directeur de la planification et de la gestion des crises au ministère de l’Intérieur, a quant à lui détaillé une mesure révolutionnaire : la modernisation du réseau national d’alerte. Autrement dit les sirènes. « Elles permettent de sidérer la population lors de la survenue d’une catastrophe. Nous souhaitons en faire un instrument d’alerte, mais aussi d’information. 2800 sirènes sont en cours d’installation, et 5000 le seront à terme. »

La prévention par les nouvelles technologies

Autre mesure mise actuellement en place par le ministère de l’Intérieur, une application mobile SAIP. Pour l’instant réservée au risque terroriste, elle sera étendue aux risques naturels au 1er septembre 2016. Elle permettra à la population de se tenir informée. Des mesures de sécurité leur seront communiquées.

Mais les initiatives qui semblent les plus intéressantes sont celles qui mettent le citoyen au cœur du dispositif . L’association des volontaires internationaux en soutien opérationnel virtuel (VISOV), représentée lors de la table ronde par son co-fondateur Ludovic Blay, joue sur ce registre. Sceptique quant à la réussite de l’application SAIP, du fait de la démarche que doit engager le citoyen (téléchargement de l’application, activation de la géolocalisation), l’association VISOV pense qu’il faut passer par les outils que les gens utilisent déjà. « Nous sommes investis sur les réseaux sociaux. 55% des Français ont un smartphone, et nous pouvons les toucher directement. Cela permet d’impliquer le citoyen car un échange va se créer. Il n’y aura plus une relation verticale entre l’élu et ses administrés, elle sera horizontale. »

Dans le même sens, les plans communaux de sauvegarde se développent. Ceux-ci planifient notamment les actions de différents acteurs communaux (élus, agents municipaux, bénévoles, entreprises partenaires) en cas d’événements majeurs naturels. Un outil qui marche très bien, selon Stéphane Pénet, directeur des assurances de biens et de responsabilité de la fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) : « C’est un outil essentiel. Nous avons remarqué que les coûts sont trois fois moins élevés pour les communes qui en possèdent un. Il faudrait que chaque commune en soit équipé. »

Au final, aucune nouvelle mesure n’a été prise, proposée ou envisagée. Cette table ronde a avant tout servi à faire un point sur quelques unes des actions engagées pour lutter contre les catastrophes naturelles, et surtout contre les inondations. Mais ce n’est que partie remise. Louis Nègre a donné rendez-vous à tout le monde dans un an. « Pour faire le point. »

Commentaires

2  |  réagir

01/07/2016 11h41 - ZIMMERMANN Christian

je suis abasourdi de lire ceci…………

[« Chaque année c’est pareil. Il y a des drames, des morts. On fait des rapports qu’on met ensuite au tiroir, on fait des réunions. Et un an plus tard, on se retrouve à nouveau avec des morts. Il faut être plus efficace. Nous devons prendre des décisions. »]

et lire ensuite le contenu de l’article…………..

et l’artificialisation des sols, et Notre Dame des Landes, et le vote « non » du Sénat au bio dans les cantines, et l’agriculture intensive et la chimie dans les sols qui empêche un écoulement normal , et les 40 % de gaz à effet de serre de l’agriculture, et l’agro-industrie, et la baisse des dotations à l’ONF qui par son travail stockait du carbone et de l’azote dans les sols…………

des exemples comme ceux-ci, il y en a encore plein, mais non, nous on va installer des sirènes……………….. oui : [Il faut être plus efficace. Nous devons prendre des décisions.]

bien triste……………..

Signaler un abus
30/06/2016 08h45 - Patrice LAYA

Stéphane Pénet, directeur des assurances de biens et de responsabilité de la fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) : «lorsqu’il y a un PCS dans la commune, on diminue par 2 les dommages en cas d’événement majeur naturel »

Signaler un abus

Ajouter un commentaire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - Antony Parc 2, 10 place du Général de Gaulle, La Croix de Berny – BP 20156, 92 186 Antony Cedex ou en cliquant ici.

L'actu Technique

Offre découverte 30 jours gratuits !

dernières offres d’emploi

services

Thèmes abordés

Retrouvez tous nos produits sur La plateforme de mise en relation entre professionnels de la commande publique et fournisseurs

menu menu

Club Techni.Cités : l'information pour les techniciens de la FP