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Lecture publique

Bibliothèques : le numérique en accès libre encore trop rare

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France

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Le congrès 2016 de l’Association des bibliothécaires de France (Clermont-Ferrand, 9-11 juin 2016) a été l’occasion de faire le point sur l’accès à l’information et aux ressources documentaires numériques dans les équipements de lecture publique. Les bibliothécaires ont encore du pain sur la planche pour convaincre leurs élus.

 

 

La charte « Bib’lib » lancée par l’Association des bibliothécaires de France (ABF) a tout juste un an. Présenté en juin 2015, à l’occasion de son congrès de Strasbourg, ce document défend, en huit points, le droit de tout citoyen à accéder librement aux ressources numériques de toutes natures et à l’utilisation d’un internet « ouvert et fiable ». Cette charte sert de référence à un label « Bib’lib », décliné selon trois niveaux d’exigence (1)

5 collectivités au point

Huit mois après le lancement opérationnel de la charte et du label (septembre 2015), l’ABF a fait un premier bilan d’étape lors de son 62ème congrès. 33 collectivités ont fait une demande d’adhésion à la charte ; 15 l’ont effectivement signée ; 4 s’apprêtent à le faire. « Au stade de l’adhésion à la charte, il s’agit des collectivités qui soutiennent le principe du libre accès, sans qu’elles prennent forcément les dispositions pour aller plus loin dans l’effectivité de ce droit », précise Lionel Dujol, responsable du comité « Bib’lib » (2) de l’ABF. Pour ce qui est du label, qui, lui, implique de mettre en œuvre ce principe, 12 des 15 collectivités signataires ont présenté un dossier de candidature, 7 pour le label de niveau 1, 4 pour le niveau 2, et une seule, le niveau 3.

Au bout du compte, seules 5 collectivités ont obtenu le label. Trois sont labellisées pour le niveau 1 (accès ouvert aux savoirs et à l’information) :

Une bibliothèque est labellisée pour le niveau 2 (Accès et partage libre et ouvert aux savoirs et à l’information) :

Enfin, une seule également a obtenu le label de niveau 1 (Accès, partage et co-production de savoirs et d’informations libres et ouverts) :

Des résultats qui, somme toute, peuvent sembler décevants. « C’est un texte fort, qui va loin », admet Lionel Dujol. Notre but est d’interpeller les collectivités sur le sujet. Faire adhérer les bibliothèques à la charte aurait été plus simple pour nous, car la plupart de nos collègues sont convaincus. Mais nous avons choisi de rechercher l’engagement politique des collectivités elles-mêmes. »

Enregistrement des identités

« Nous pensions qu’obtenir le label de niveau 3 était facile, eh bien cela n’est pas le cas, puisque seulement 3 collectivités l’ont obtenu, explique Lionel Dujol. Par exemple, nous avons constaté que certaines bibliothèques conservent l’historique des consultations plus d’un an, ou bien les références des cartes d’identité des utilisateurs. Les collectivités procèdent de la sorte en toute bonne foi, sans savoir qu’elles vont bien au-delà des recommandations de la CNIL pour leur mise en conformité avec la loi. »

Etat d’urgence

Pour l’ABF, cette première année est riche d’enseignements. Tout d’abord, elle a montré que la diffusion du droit au libre accès à l’information numérique ne pouvait se faire qu’à « petits pas». « Le contexte de l’état d’urgence a manifestement renforcé la frilosité de nombre de collectivités et provoqué un repli face à l’ouverture totale d’internet en bibliothèque. Ce n’est pas un hasard si parmi celles qui s’étaient engagées dans la démarche, 4 ont fait marche arrière en fin d’année dernière [après les attentats parisiens de novembre 2015, ndlr], même si nous leur avons expliqué que la charte se situe parfaitement dans le cadre légal »analyse Lionel Dujol.

©Les Champs libres, Rennes CC BY SA 3.0

©Les Champs libres, Rennes CC BY SA 3.0

Support de discussion

Quel que soit le résultat, la charte constitue, pour les professionnels, un support pour ouvrir dans leur collectivité le débat sur le libre accès au numérique. « Même dans les collectivités qui n’ont pas signé la charte, nos collègues nous disent qu’elle a provoqué des discussions avec leurs directeurs des affaires culturelles et leurs élus. Ce qui, pour nous, constitue un impact très positif. Notre objectif étant de mettre à la disposition des bibliothécaires des ressources pour conduire ce dialogue et défendre le principe du libre accès », analyse le responsable du comité « Bib’lib ».

Que les recalés de la première session de labellisation se rassurent : leurs dossiers ne sont pas enterrés. L’ABF va les accompagner pour qu’ils se mettent en conformité avec les exigences requises. Les nouvelles labellisations seront annoncées en juin 2017, au prochain congrès des bibliothécaires. « L’annonce des labellisations en plein congrès des bibliothécaires est très valorisant pour les collectivités concernées », fait valoir Lionel Dujol.

Un enjeu de service public

L’ABF ne se fait pas d’illusions : la marche vers la généralisation du libre accès au numérique en bibliothèque sera longue. « Quand on voit que certaines bibliothèques font payer l’accès aux ordinateurs ou à la wifi, alors que ce sont principalement les personnes défavorisées qui ont le plus besoin de ces services, on se dit se dit qu’il y a encore beaucoup de travail de sensibilisation à faire, observe Lionel Dujol, responsable du comité « Bib’lib » de l’ABF. Les bibliothèques revendiquent d’être une alternative de confiance au secteur marchand. Or, force est de constater, que le secteur marchand, en matière d’accès à internet, fait souvent mieux qu’elles. Comment admettre qu’il soit plus facile de se connecter à internet depuis le restaurant fast-food du coin que depuis la bibliothèque municipale ? Il y a là un vrai enjeu de politique publique, pas seulement de politique culturelle. Nous, associations professionnelles, devons militer pour être les garants de certaines valeurs de service public. Ce n’est pas la frilosité qui permettra aux services publics de se démarquer.»

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    Notes

    Note 01 - niveau 1 : « accès ouvert aux savoirs et à l’information » ; niveau 2 : « accès et partage libre et ouvert aux savoirs et à l’information » ; niveau 3 : « accès, partage et coproduction de savoirs et d’informations libres et ouverts ». - Retourner au texte

    Note 02 - Le comité « Bib’lib de l’ABF est composé de bibliothécaires, d’universitaires et de représentants de la société civile partisans de l’internet libre - Retourner au texte

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