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Finances

Moins de dépenses publiques sans baisse des dotations : schizophrénie ou coup de génie de la droite ?

Publié le • Par • dans : France

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Il y a tout juste une semaine, le président de la République annonçait devant les maires réunis en congrès une réduction de moitié de la baisse des dotations pour le bloc communal en 2017. Une annonce qui a suscité - à une exception près - un étonnant silence de la part des candidats à la primaire de droite. Eux qui ont pourtant tous promis de faire mieux que François Hollande en matière de réduction des dépenses publiques.

 

Ils sont pourtant, les uns comme les autres, des twittos accomplis. Prompts à dégainer en 140 petits signes la phrase qui fera mouche, celle qui sera reprise en boucle par les médias.

Pourtant, jeudi 2 juin, alors que François Hollande se débattait en tribune face à des maires très remontés contre la baisse de leurs dotations, aucun membre du quatuor de tête de la primaire à droite (Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire et le candidat non déclaré, Nicolas Sarkozy) n’a souhaité commenté « le cadeau » présidentiel fait aux maires…

Ainsi pendant que François Fillon tweete depuis le Liban, que Nicolas Sarkozy diffuse des extraits de son interview à Valeurs Actuelles ou que Bruno Le Maire se met en scène dans une ferme de l’Eure… Seul Alain Juppé ose prendre le clavier pour rappeler ses positions sur les dotations aux collectivités.

Comment en effet critiquer cette soupape accordée aux maires, alors que tous avaient dénoncé les semaines précédentes la bêtise voire la brutalité de la méthode Hollande envers les collectivités ? Bruno Le Maire déclarait ainsi dans nos colonnes :

C’est un mauvais mécanisme. Les collectivités ont parfaitement compris qu’il fallait faire des efforts de réduction de la dépense. La manière dont on le fait, qui consiste à mettre sous tutelle les collectivités locales par rapport à l’Etat est une mauvaise manière.

Alain Juppé, également dans La Gazette :

Il faut donc faire des économies, tout le monde est d’accord. Ce que je conteste, c’est la brutalité de ces baisses. Citez-moi un autre exemple d’économie budgétaire de 11 milliards en trois ans.

 

Pour Nicolas Sarkozy, interrogé dans les Echos :

Le pouvoir en place a une méthode particulièrement brutale avec les collectivités territoriales qui constatent, jour après jour, combien de nouvelles dépenses leur sont imposées, sans qu’elles aient davantage de liberté pour gérer leurs effectifs, et qu’en plus leurs dotations sont réduites drastiquement.

 

Les maires, un relais puissant d’opinion à manier avec précaution ?

Un signe sans doute du malaise que suscite à droite l’épineuse question des dotations aux collectivités alors même que tous les candidats ont d’ores et déjà promis de faire mieux que François Hollande s’ils étaient élus, à savoir baisser d’environ 100 milliards d’euros sur cinq ans les dépenses publiques (François Hollande ne s’était engagé que sur 50 milliards d’euros en trois ans). Il reste qu’afficher ostensiblement sa volonté de tailler dans le bas de laine des collectivités et risquer de se mettre à dos les maires – considérés comme de puissants relais d’opinion – demeure un pari politique risqué. D’où cette impression de schizophrénie dans les rangs de la droite, à l’exception de François Fillon, qui au mois de novembre dernier, lançait dans l’Express :

Je comprends donc cette colère mais, en même temps, je dis à mes amis : les collectivités locales doivent réfléchir avec l’Etat à la baisse de leurs dépenses. Elle est inévitable si on veut réduire les déficits publics.

Une prise de position que l’ex-Premier ministre n’a néanmoins pas jugé bon de ré-affirmer publiquement le 2 juin dernier lors du grand raout des édiles à Paris…

La fonction publique, variable d’ajustement ?

Mais alors, comment les autres candidats de la droite envisagent-ils de faire encore plus d’économies sans toucher aux dotations des collectivités, qui sont avec les dépenses de l’Etat et de l’Assurance maladie les leviers principaux de l’action gouvernementale ? La réponse est presque univoque : réformer la fonction publique. Notamment territoriale. Pour Bruno Le Maire, il s’agirait tout simplement de la supprimer :

[Le gouvernement] dit aux collectivités : « je vous supprime vos dotations, mais dans le même temps, je continue à vous obliger à recruter sous statut de la fonction publique et je vous impose l’augmentation du point d’indice ». On est dans l’absurdité la plus totale. Comment voulez-vous demander des économies alors que la personne qui demande ces économies est la même qui décide d’augmenter le poids des dépenses de fonctionnement ? Je crois davantage à un principe de responsabilité avec le vote d’une loi de finances des collectivités locales qui fixe la perspective sur l’année, et en même temps, un principe de liberté, avec la disparition de la fonction publique territoriale, et la souplesse de recrutement.

Alain Juppé, toujours dans nos colonnes, évoquait au mois de novembre, la baisse du nombre d’agents ainsi que la création d’un pacte de « bonne gestion » avec les collectivités.

Où sont les vraies économies ? La baisse des effectifs dans la fonction publique [...] Les collectivités ont déjà payé, et elles ne représentent que 20% des dépenses publiques. Après 2017, il ne faudra plus de baisse aveugle des dotations mais un contrat de stabilité sur l’ensemble de la mandature signé entre l’Etat et les collectivités où chacun s’engage, l’Etat à arrêter les transferts de charges et à mettre fin à la dérive normative, les collectivités à faire des efforts de gestion à un rythme soutenable.

Interrogé ensuite sur la doctrine du non-remplacement des agents partant à la retraite – préconisation de la Cour des comptes – Alain Juppé répondait : « A Bordeaux Métropole, ma politique c’est zéro embauche. Quand on prend une nouvelle compétence, on me demande dans les services de créer un emploi d’ingénieur supplémentaire ou de gestionnaire supplémentaire. La réponse est ‘niet’ ». Un créneau sur lequel se positionne également Nicolas Sarkozy qui propose quant à lui d’élargir le non-remplacement des agents de l’Etat partant à la retraite – mesure appliquée sous son quinquennat – aux deux autres fonctions publiques ainsi qu’une hausse du temps de travail de 35 heures à 37 heures dans ces mêmes secteurs.

Les milliards qui manquent

Et si tous évoquent en sus d’autres mesures portant – selon diverses modalités – sur l’âge légal de départ à la retraite, l’Assurance maladie et l’assurance-chômage, reste que selon L’Opinion, les comptes n’y sont toujours pas ! Selon le quotidien libéral, il manquerait encore, tous candidats confondus, entre 40 et 50 milliards d’euros. Ce qui laisse présager de futurs coups de rabot. Il reste à savoir où…

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