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Niveaux de vie : comment se situe ma commune ?

Publié le • Par • dans : A la une, Dossiers d'actualité, France

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Jean-Louis Zimmermann_Flikr_cc_ © Jean-Louis Zimmermann_Flikr_cc

Le nouveau comparateur des territoires du bureau d'études Compas analyse les dernières données disponibles de l'Insee sur les revenus des habitants par commune. Plus proches de la réalité, ces informations dessinent la carte de France des inégalités, avec la possibilité, pour chacun, de situer sa commune au sein de son département et par rapport aux référents nationaux.

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Cet article fait partie du dossier

Pauvreté : en finir avec la politique de l'autruche

 

Le nouveau comparateur des territoires du Compas, bureau d’études spécialisé dans l’analyse des données sociales, offre, pour chaque commune de France métropolitaine, les informations suivantes : le revenu médian (revenu tel que la moitié des habitants considérée gagne moins et l’autre moitié gagne plus, donc distinct du revenu moyen) pour l’équivalent d’une personne adulte seule, la valeur maximale perçue par le décile des 10 % les plus pauvres et la valeur minimale pour les 10 % des plus riches.

Ces trois résultats sont comparés avec ceux calculés pour l’ensemble du département et avec les références nationales.

Par exemple, pour Auray (13 000 hab.), dans le Morbihan (Bretagne), on obtient (cliquez pour agrandir l’image) :

Capture-Auray

 

Ainsi, on remarque qu’Auray est une commune assez représentative de son département, avec des revenus pour les plus pauvres comme pour les plus riches un peu en-dessous des références nationales.

Une nouvelle méthode

« Ces informations s’appuient sur les dernières données disponibles de l’Insee, elles-mêmes basées sur des chiffres de l’année 2012, qui a récemment changé de méthode. Les revenus des habitants sont calculés en enlevant les impôts directs payés et en ajoutant les prestations sociales. On parvient ainsi à des résultats plus proches de la réalité. On peut saluer l’effort de l’Insee en la matière, cette enquête était attendue depuis de nombreuses années », précise Louis Maurin, directeur d’études au Compas.

« Avant, on aboutissait à des résultats trop éloignés de cette réalité. Par exemple, le revenu moyen des personnes les plus pauvres d’une ville pauvre pouvait être de 40 euros, car on n’avait pas encore les moyens d’intégrer les prestations sociales », poursuit-il. A noter que les résultats obtenus, qui seraient le « revenu disponible« , sont encore différents du «  reste à charge« , valeur sur laquelle les associations caritatives souhaiteraient que le pauvreté soit observée.

Pour affiner encore ces données, « il faudrait arriver à tenir compte du coût du logement, un paramétrage complexe », ajoute Louis Maurin. Egalement, ces données ne peuvent pas intégrer la solidarité familiale – les dons informels entre proches -, comme les revenus tirés du travail au noir ou encore de l’économie souterraine.
Ultime précaution d’interprétation : datant de 2012, ces résultats ne constituent pas, de fait, le bilan de la lutte contre la pauvreté du quinquennat Hollande. Ils ne viennent pas bouleverser le classement des villes les plus pauvres, révélé en janvier 2014 par La Gazette, toujours grâce à un outil Compas.

Des inégalités locales plus visibles

En plus du comparatif de revenus, l’outil du Compas fournit l’indice d’inégalité Gini de chaque commune, rapporté à celui du département et à la référence nationale. Pour Auray, l’indice Gini est de 0,28, celui du Morbihan, 0,26, et celui de la France, 0,3.

Rappelons que l’indice Gini compare la distribution des revenus dans le territoire à une distribution égale. Plus il est proche de zéro, plus on est proche de l’égalité. Plus il est proche de 1, plus les revenus sont inégaux.

« On observe que Montpellier (Gini de 0,32) et Perpignan (Gini de 0,32) sont des communes inégalitaires. Mais, même en ayant le même taux, elles ne le sont pas de la même façon. Pour mettre en lumière ces différences et comprendre les causes de ces inégalités, il faudrait être à la fois historien, géographe et sociologue ! » souligne Louis Maurin. « Le contenu inégalitaire d’une commune est complexe à cerner », insiste-t-il.

montpellier-pauvrete

Résultats pour Montpellier. Cliquer sur l’image pour l’agrandir

Résultats pour Perpignan. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Résultats pour Perpignan. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

L’inégalité des uns n’est pas celle des autres…

L’inégalité est une matière qui se prête aux nuances. Ainsi, « une commune peut être égalitaire par le bas si tous ses habitants sont pauvres ou par le haut s’ils sont riches », remarque Louis Maurin.
La taille de la commune pèse lourd : les communes plus peuplées présentent davantage de variations entre riches et pauvres, selon une « mécanique géographique », souligne le spécialiste.

Les villes les plus inégalitaires en France sont, pour l’essentiel, les villes aisées situées en banlieue ouest de Paris, comme Neuilly-Sur-Seine (indice Gini de 0.48, le niveau de vie des plus riches y est huit fois supérieur à celui des plus pauvres), et Paris (0.43).

Résultats pour Neuilly-sur-Seine. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Résultats pour Neuilly-sur-Seine. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Ces communes, dont la population est en moyenne très riche, ne sont pas pour autant désertées par les pauvres, même si ces derniers y sont moins pauvres qu’ailleurs…

Autre cas de figure : certaines villes sont inégalitaires parce que les pauvres sont particulièrement pauvres, comme Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

Les villes les plus égalitaires sont, elles, à la fois des villes de classes moyennes et des villes pauvres, comme Grande-Synthe (Nord, indice de Gini de 0.22, où les plus aisés le sont quatre fois moins que les plus aisés de Neuilly).

Résultats pour Grande-Synthe. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

Résultats pour Grande-Synthe. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Une connaissance qui progresse

Cette connaissance des niveaux de vie d’un territoire à l’autre « existe et progresse », se félicite Louis Maurin. « L’Insee vient ainsi de publier une étude nationale et des études régionales sur la pauvreté des habitants des quartiers de la politique de la ville et sur leurs caractéristiques. »

Des élus ont adopté une démarche volontariste en la matière, comme à travers l’analyse des besoins sociaux (ABS), avec l’objectif de mieux cibler leur intervention en direction des publics et des territoires les plus nécessiteux.

« En croisant ces différentes sources, on peut dessiner précisément la carte de France de la pauvreté, loin de l’image des plus pauvres en périphérie des villes. Les villes abritent bien davantage de personnes en situation de grande précarité », conclut-il.

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