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Economie

Entreprises menacées : l’accompagnement avant le dépôt de bilan

Publié le • Par • dans : France

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Si les aides directes sont très réglementées, les collectivités territoriales disposent de plusieurs moyens pour épauler les entreprises menacées de fermeture sur leur territoire.

 

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dispositifs financiers ont été mis en place par les collectivités pour prévenir et gérer les difficultés des entreprises, selon l’Observatoire des aides publiques aux entreprises. Ce service d’information, géré par l’Institut supérieur des métiers, a identifié des aides au conseil et à l’expertise, des aides exceptionnelles au maintien de l’effectif salarié, un dispositif d’appui à la relance, etc.

«L’élu local est le plus à même de détecter les difficultés d’une entreprise sur son territoire et de déceler le malaise de son dirigeant », observe Charles Locquet, président de la CGPME de l’Oise et vice-président de la communauté d’agglomération du Beauvaisis (31 communes, 79 800 hab.). « Certes, les aides directes sont très réglementées. Mais la collectivité peut appuyer, conseiller, guider. » Elle peut aussi faire du lien, mobiliser les experts : avocats, banquiers, conseillers juridiques, agents immobiliers, mais sans se substituer à ces conseils.

« Elle ne doit pas s’immiscer dans la gestion de la société, ni même donner de conseils, prévient Lief Rougeron, fondateur du cabinet DWBH managers. Sinon, elle peut être accusée de gestion de fait, et elle risque de devoir payer le passif de l’entreprise à sa place. Le soutien aux entreprises ne s’invente pas, il requiert d’avoir construit une démarche. »

Veille et observation

Cette démarche, l’agence de développement économique d’Alsace (Adira) l’a initiée dès 1974 pour préserver son tissu industriel et ses emplois, en créant le premier dispositif de protection des entreprises en difficulté : « Alsace sauvegarde ». « Une soixantaine d’établissements sont suivis chaque année, en moyenne, cumulant 4 000 emplois menacés », expose Pascal Gaden, qui a animé ce dispositif jusqu’au mois de mai.

L’aide que les collectivités peuvent apporter aux entreprises s’organise en trois phases. La première consiste à anticiper les mutations et les crises qui frappent les filières industrielles ancrées dans le territoire en mettant en place des outils de veille et d’observation économique. « Agir à chaud avec des solutions de court terme ce n’est jamais facile, mieux vaut devancer les problèmes, » souligne Olivier Crépin, responsable « développement économique, transports et mobilités » à l’Association des communautés de France (ADCF).

Cette anticipation paraît d’autant plus vitale dans des territoires où l’activité industrielle est très spécialisée sur une filière fragile. « Lorsqu’un grand donneur d’ordre, comme Airbus ou Peugeot, tousse, de nombreux bassins d’emploi s’enrhument, en cascade, surenchérit Nicolas Portier, délégué général de l’ADCF. Avant que la crise ne soit ouverte, les collectivités peuvent aider les sous-traitants à amortir le choc en les incitant à diversifier leur carnet de commandes lorsqu’elles sont trop tributaires d’un gros client, par exemple. »

Pour anticiper les mutations, la Bretagne accompagne les filières structurantes (agroalimentaire, automobile, construction, réparations navales) par le biais de dispositifs sur mesure (observatoires, aides aux petites entreprises, soutien aux démarches qualité).

Remontée d’informations

Deuxième phase, essentielle dans l’aide apportée aux usines en difficulté : détecter celles qui vont mal avant qu’elles ne soient à la porte du tribunal de commerce pour déposer le bilan. « C’est d’autant plus important que, face à la tourmente, les chefs d’entreprise ont tendance à se cacher la tête dans le sable, à ne parler de leurs problèmes à personne et à trop tarder à prendre des décisions », estime Lief Rougeron.

Cette détection passe par une remontée d’informations le plus en amont possible des élus proches du terrain, des partenaires institutionnels comme la chambre de commerce et d’industrie, le Medef, des clubs d’affaires, des services fiscaux, etc. Se créer et cultiver un réseau apparaît donc essentiel.

Phase de traitement

Valenciennes métropole (lire ci-dessous) participe activement à une cellule de veille qui se réunit tous les mois et demi sous le pilotage du sous-préfet, et où sont également représentés la région, la Drire, la DDTEFP, les organismes consulaires, la Banque de France, le comité local des banques et BPifrance.

« Les échanges d’informations permettent d’identifier les entreprises qui traversent des difficultés sur la base de signaux faibles », précise Francis Debacker, vice-président à l’économie. Différents symptômes doivent alerter : la société paie ses échéances avec du retard, elle réduit ses stocks, elle suspend ses investissements…

« Ce n’est pas simple d’aller voir un chef d’entreprise pour lui dire votre société ne va pas bien, il va falloir agir » reconnaît Gaël Guégan, directeur de l’économie de la région Bretagne. L’enjeu est de le convaincre de se livrer dans un cénacle fermé, d’où il n’y aura pas de fuite, afin d’éviter que ses fournisseurs et ses clients ne deviennent plus exigeants, ce qui accentuerait les difficultés. On peut alors mettre en place l’ingénierie nécessaire pour qu’elle s’en sorte. »

Commence alors la phase de traitement. « Elle relève de nombreux outils qui varient selon la nature et l’intensité des problèmes : proposer une aide à la recherche de nouveaux marchés de compétences et de financement, mobiliser les aides publiques pour l’emploi, proposer des investisseurs, intervenir comme tiers de confiance auprès du médiateur du crédit », détaille Pascal Gaden.

« Grâce à une solide connaissance des acteurs du développement économique et des dispositifs d’aide et d’accompagnement disponibles, la métropole est la mieux placée pour mobiliser tous les acteurs susceptibles d’aider une entreprise qui traverse une période compliquée », observe Francis Debacker.

En Bretagne, une instance de concertation qui réunit les collectivités locales, les services de l’Etat et BPifrance examine chaque mois la situation d’une dizaine d’entreprises. « Lorsque la société rencontre des difficultés conjoncturelles, nous essayons de construire un tuilage entre la période A et la période B, pour qu’elle ne reste pas au milieu du gué, ajoute Gaël Guégan. Nous envisageons de restructurer sa dette, par exemple. »

« Ne pas hésiter à nous adresser un dirigeant en proie à des difficultés »

Olivier Puig, avocat et administrateur de l’association Savoie sauvegarde

Trop souvent, les dirigeants laissent la situation de leur entreprise se dégrader à un point tel qu’il devient difficile d’envisager une autre issue que sa liquidation. Nombreux sont ceux qui ignorent qu’il existe différentes solutions à mettre en œuvre pour sauver leur société avant qu’elle ne soit en cessation de paiement. Savoie sauvegarde est un dispositif issu de la volonté de l’ensemble des acteurs socioéconomiques de Savoie de sauver les entreprises en difficulté.
Chaque semaine, un entrepreneur ayant fait l’objet d’une procédure collective, assisté d’un professionnel du chiffre, du secteur bancaire ou du droit, accueille de manière confidentielle, bénévole et gratuite des chefs d’entreprises fragilisés. Chaque année, 300 d’entre eux sont épaulés. Notre rôle est de les écouter afin de bien les orienter avant qu’il ne soit trop tard.
Les élus ne doivent pas hésiter à prendre contact avec un dirigeant en proie à des difficultés, pour lui ouvrir les yeux, et à nous l’adresser. L’association bénéficie du soutien financier de Chambéry métropole et de la communauté d’agglomération du lac du Bourget. L’agence économique de Savoie nous prête gracieusement une salle de réunion pour l’accueil des chefs d’entreprise.

 

Un plan de développement salvateur

Valenciennes métropole (Nord) 35 communes • 190 500 hab.

En 2008, le fonds de pension américain Platinum Equity décide de vendre Acument, une PME spécialisée dans la production de vis pour l’automobile, dont l’une des quatre usines est installée au Vieux-Condé, commune de Valenciennes métropole. « Avec nos différents partenaires, services de l’Etat, chambres consulaires, banques et le groupe PSA, principal donneur d’ordre de l’entreprise, nous avons cherché un repreneur, expose Régis Dormoy, directeur général chargé des développements économiques et de l’emploi de l’agglomération. Le groupe italien Agrati, le seul à proposer un véritable plan de développement a été retenu en 2010. »

Il s’est engagé à investir 23 millions d’euros pour moderniser l’outil de production et 10 millions d’euros pour créer une plateforme logistique. « Nous avons porté le projet auprès de nos partenaires publics, la région et l’Etat pour le financer à hauteur de 15 %. Un million d’euros a été versé par la métropole, poursuit Régis Dormoy. Sans cette aide, le projet n’aurait pas abouti. Le bilan est positif : 350 emplois ont été sauvés, nous avons un site de production moderne et le siège du groupe se trouve en France, sur notre territoire, qui est une référence auprès des constructeurs automobiles. »

Contact : Régis Dormoy : 03.27.09.61.40.

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