Mobilité

Modes de transports doux : ces villes qui innovent, celles qui reculent…

| Mis à jour le 06/06/2016
Par
Eybens_metropolegrenoble

Ville d'Eybens

Alors que la métropole grenobloise inaugure - et c'est une première en France - un marquage de vitesse, en l'occurrence 30km/heure, présent uniquement au sol dans le cadre de son concept de « métropole apaisée », certaines villes font le choix de délaisser les modes doux au profit de plus de voitures... Etat des lieux de la situation.

Après avoir entériné le 30 km/heure en ville en janvier dernier, Grenoble et les 14 communes de la métropole continuent sur leur lancée et instaurent désormais un marquage de vitesse visible uniquement au sol. Moins stressant pour les automobilistes isérois qui n’ont plus à chercher des yeux les panneaux de signalisation, pour savoir si le tronçon sur lequel ils circulent est autorisé à 30 ou à 50 km/heure.

Une première en France, nous apprend le site Place Gre’net, qui évoque même la dérogation obtenue auprès des ministères de l’Intérieur et des Transports pour lancer cette expérimentation pour les trois prochaines années.

Une initiative qui s’inscrit plus largement dans le concept de « métropole apaisée » visant à favoriser à l’échelle de la ville les modes de mobilité « doux » : marche à pied, vélo, trottinette, rollers, etc. La mairie écologiste de Grenoble, portée par Eric Piolle, se voulant très en pointe sur ces questions.

 

A Nantes, on a des idées pour vous faire aimer la marche…

Mais avant la métropole iséroise, d’autres grandes villes ont été, ces dernières années, gagnées par ce concept de la mobilité douce. A l’image de Strasbourg qui avait déjà fait le choix du 30km/heure en centre-ville dès 2013 ou Lyon qui, avec son « tube » sous Croix-Rousse (1,8 km de long) entièrement dédié aux bus, aux piétons et aux vélos.

Mieux faire cohabiter les différents acteurs de la cité en veillant bien sûr à protéger les plus fragiles, c’est aussi l’une des préoccupations des villes de Tours et Troyes. Ces dernières ont ainsi édité des « codes de la rue », bien illustrés, permettant à chacun de respecter l’espace public.

Une publication bien utile, notamment à l’heure où les piétons sont amenés à partager leur trottoir avec certains « ovnis » roulants comme les gyropodes…

« [Vis-à-vis de la marche, en France] il existe bien aujourd’hui une réelle volonté de la part des collectivités de développer le mode piéton. Et cette volonté ne cesse de s’accroître », assurait à la Gazette Zo Rakotonirina, chargé d’études au Cerema dans le domaine des piétons et des observatoires territoriaux des accidents.

Ce dernier évoquant dans la foulée les « plans piétons » engagés par Plaine Commune ou Strasbourg métropole. A Nantes, la ville a même créé un jalonnement « chronométré »  qui déclenche des envies de marche.

« Le jour où j’ai compris que rallier mon lieu de travail était plus simple et agréable en empruntant un jalonnement proposé par la ville qu’en attendant le tramway, j’ai basculé », détaillait Mathias Pellen, dans nos colonnes.

Vents contraires dans les villes moyennes

Pourtant, en parallèle de ces initiatives de mobilité « douces » se développe, dans les villes moyennes en particulier, un mouvement contraire. Suite notamment aux élections municipales de 2014, comme l’a constaté le Gart dans une étude publiée récemment et intitulée « Mobilité et villes moyennes : état des lieux et perspectives ».

Le Gart recense notamment les villes ayant remis en cause des projets de  mobilité durable au profit de la voiture.

Elles sont une vingtaine en tout, ayant soit supprimé des couloirs de bus et de vélos, soit créé des parking sur d’anciens espaces piétons.

Une étude qui permet donc de pointer le fossé qui se creuse entre les grandes villes et les moyennes, concernant la place prise dans ces territoires par la voiture.

Et ce, même si le Gart tient à souligner que l’automobile demeure le mode de déplacement préféré des Français.

Enterrer la hache de guerre ?

« Il est aujourd’hui plus que temps de passer d’une logique de guerre des modes à celle d’une complémentarité des modes. Chaque mode de transport, y compris la voiture, a sa zone de pertinence », peut-on lire en conclusion du rapport. Une voiture qui doit néanmoins, selon le Gart, se contenter des créneaux dans lesquels elle se révèle pertinente. Reste donc aux territoires à sortir tout à la fois le bâton – avec le stationnement – et la carotte, en encourageant des pratiques telles que le covoiturage ou l’autopartage.

Un processus qui ne sera néanmoins viable, rappelle le Gart, qu’à condition que les solutions imaginées fassent consensus.

Commentaires

1  |  réagir

17/06/2016 02h29 - BikePower

Oui, quel dommage toutes ces villes qui perdent du temps en marche arrières archaïques…

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