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Institutions

Et si nous vivions dans un Etat sans fonctionnaires ?

Publié le 26/05/2016 • Par Emilie Denètre • dans : France

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Lors des Rencontres internationales de la gestion publique, organisées le 25 mai à Bercy et dont le thème était cette année les utopies, les participants étaient invités à « faire vivre » une uchronie. Ce concept venu de la science-fiction propose de réécrire l'Histoire à partir de la modification d'un événement du passé. Et si le statut de fonctionnaires avait été supprimé en France dans les années 80 ? Récit.

Observant une trop grande logique d’entre-soi dans les directions administratives, les élus ont décidé de mettre fin au statut de fonctionnaire, jugé trop protectionniste et limitant le renouvellement des idées au sein des différents organes de l’Etat. Cette réforme – difficile, contestée et jugée arbitraire – a transformé la face des services publics dans les années Reagan-Thatcher. Les concours d’entrée dans la fonction publique et les différentes catégories de fonctionnaires sont un lointain passé… et pourtant l’Etat a dû continuer les écoles et les administrations (…) avec des contractuels. Ainsi les équipes de toutes les tranches du secteur public mutent et évoluent entre le public et le privé au cours de leur carrière.

Voici l’un des scénarii – volontairement incomplet – sur lequel devaient plancher les participants de l’atelier pratique « L’Etat en fiction » réunis lors de la 15ème édition des RIGP de Bercy.

Une poignée de personnes (5 femmes et 2 hommes) dans la cinquantaine (sauf un jeune homme) se sont donc regroupées autour de cette thématique afin – et malgré leurs réticences personnelles – de la « faire vivre » concrètement en évitant au maximum la rupture des services de l’Etat.

L’exercice consistait  pour démarrer à donner son sentiment en terme de « promesse » et de « menace » sur ce scénario imposé, en scotchant des petites fiches « bleues » et « rouges » sur un tableau papier.

Après quelques moues dubitatives – « De toute façon cela n’arrivera jamais » -, les citoyens de ce monde réinventé se sont véritablement piqués au jeu, et parfois même avec passion.

Quid de l’intérêt général et du principe d’égalité ?

Ainsi les premières observations sont d’emblée des « menaces ». « Il y aura forcément de la corruption » lance un monsieur, « et si nous devons passer du privé au public sans jamais nous fixer, il y aura aussi une déperdition d’expertise » renchérit une autre. « Que devient l’intérêt général et le principe d’égalité ? » coupe une troisième… Le débat est animé.

Parmi les autres points de crispation, on peut également noter :

  • La concurrence avec le privé qui attirera naturellement les « talents » en proposant des salaires toujours plus élevés ;
  • Les problèmes de suivi et de coordination de l’action dans le public.

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« Vous ne voyez les choses qu’à travers le prisme de la menace » intervient un jeune homme, qui tient en éventail toute une série de feuille « bleues » – c’est-à-dire de promesses – prêtes à être scotchées. « Pour moi au contraire, c’est une chance formidable », poursuit-il en commençant à accrocher ses idées :

  • Emulation et renouvellement des idées ;
  • Possibilité d’accéder à certains postes jusqu’alors inaccessibles pour les « anciennes » catégories inférieures de fonctionnaires ;
  • Flexibilité du budget et souplesse.

Après quelques hésitations, les plus réticents collent eux-aussi des feuilles bleues au tableau. « Je pense que la société pourrait être plus ouverte », glisse une des participantes. « Oui, on s’engueulerait moins à table lors des repas de famille puisque chacun pourrait être amené dans sa carrière à alterner le privé et le public » s’amuse une autre.

Comment faire pour conserver les valeurs du public ?

Aussi même si les menaces l’emportent toujours sur les promesses, le scénario doit néanmoins continuer de vivre, et charge au groupe de trouver ses propres pistes de réflexion pour répondre à cette question : « Comment les contractuels sont-ils formés lors de leur intégration ? »

« Comme il n’y a plus de concours, nous devons former les nouvelles recrues aux valeurs du service public lorsqu’ils prennent leur poste », élaborent deux des participants en mode « brainstorming ».

« Oui mais il nous faudra envisager des suivis personnalisés, car cela ne sert à rien de faire suivre une formation « accueil du public » à une aide-soignante qui a déjà exercé un poste similaire dans un autre hôpital public dans le passé » intervient une femme. Son idée est immédiatement scotchée au tableau… juste à côté de la formation « sur les risques de la corruption ».

Quant à savoir comment gérer la continuité des services publics sans fonctionnaire, les idées fusent :

  • Ecrire le procédures ;
  • Faire un référentiel ;
  • Anticiper les départs pour empêcher les ruptures ;
  • Travailler sur les emplois de demain.

L’uchronie, au départ cauchemardesque pour les membres du petit groupe, prend donc vie en se nourrissant des propositions et des expériences de chacun. A l’heure du bilan, les participants sont enfin invités à « piocher » parmi les idées qui ont émergé lors de la séance.

Et parmi celles que le groupe aimerait voir se mettre en place dès aujourd’hui, il y a :

  • Délivrer une formation aux valeurs du service public dans les écoles ;
  • Apprendre aux plus jeunes les techniques pour travailler ensemble, inculquer « le sens du collectif » ;
  • Mieux travailler sur les métiers de demain ;
  • Anticiper les départs selon les différents types d’emploi et de compétences.

« Heureusement, rien de tout cela ne se produira » souffle un monsieur avant de quitter la salle. Soulagé sans doute de quitter ce monde de science-fiction…

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Commentaires

Et si nous vivions dans un Etat sans fonctionnaires ?

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sarah

27/05/2016 09h58

C’est dommage de devoir se mettre en mode science-fiction pour faire émerger des propositions intéressantes pour la qualité du service public.
A quand le courage de mettre en place ces évolution sur la formation aux valeurs de service public, sur l’enrichissement des passerelles public/privé… non pas pour supprimer le statut mais pour le rendre pérenne et promouvoir des missions d’intérêt général audacieuses ?!?

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