Smart City

L’innovation ouverte, un concept au cœur de la ville intelligente

| Mis à jour le 13/07/2016
Par
innovation

Flick CC by Missy Schmidt

Impliquer un maximum de parties prenantes en amont des projets, dans une optique de coconstruction, tel est le principe de l’innovation ouverte. Celle-ci puise des ressources dans d’autres approches axées sur l’ouverture.

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Smart city : les clés de la ville intelligente

Tous les acteurs s’accordent aujourd’hui, du moins dans le discours : une smart city réussie associera le public, le privé et surtout les principaux concernés, les habitants. L’« open innovation » ou innovation ouverte est devenue un leitmotiv, et la sociologue Saskia Sassen utilise le concept d’« urbanisme open source ».

« Nous avons souhaité une coconstruction, avec entrepreneurs, citoyens et sachants, indique Bertrand Serp, vice-président de Toulouse métropole, chargé du numérique. C’est l’originalité de notre projet, par rapport à des villes où de grands groupes ont proposé leurs solutions, avec des recommandations. » Signe de ce changement de modèle, des collectivités comme Montpellier, Nice et le Grand Lyon s’inscrivent désormais dans une phase plus inclusive.

Troisième larron

Consultant spécialisé dans l’innovation publique, Emile Hooge insiste : « Il faut des partenariats avec des entreprises, pour sortir du face-à-face, et réinjecter le citoyen, comme un troisième larron qui les fait avancer ensemble, autour d’un objectif commun. C’est-à-dire savoir rendre un meilleur service, en échappant aux innovations portées uniquement par la technique et le contrôle juridique. » Un changement de paradigme s’opère, estime Norbert Friant, responsable du service numérique de la ville et de la métropole de Rennes (43 communes, 426 500 hab.) : « Ce sont de nouveaux modes de gouvernance ; comment un territoire accepte de ne plus être au cœur du pilotage ? La route n’est pas tracée. »

Séduisante, l’open innovation doit faire ses preuves et échapper au piège de la récupération : gare au saupoudrage pour la communication ! Avantages et écueils percent déjà. Outre les phases de concertation, le dialogue peut passer par des « tiers lieux », comme les « living labs ». « Le TUBà, espace ouvert dédié à la création des services publics de demain, nous permet de rencontrer les utilisateurs, de connaître leurs besoins et de travailler à la diffusion des données », illustre Nathalie Vernus-Prost, administratrice générale des données du Grand Lyon (59 communes, 1,28 million d’hab.). Des propos que nuance Emile Hooge : « Le TUB à commence à mettre des utilisateurs dans le projet, mais cette dynamique est difficile à initier. »

Intégrer des acteurs privés nouveaux, plus petits, devient nécessaire. Les grandes collectivités s’appuient sur l’écosystème de la French Tech, une mise en réseau locale des acteurs du numérique. Le concours constitue une autre piste, comme celui de la ville de Paris, « datacity ». Les cinq start-up lauréates ont travaillé sur des « challenges urbains », mais sans marché à la clé. Riad Ziour, d’Openergy, l’un des lauréats, déplore la difficulté d’obtenir des marchés publics : « Le pôle innovation de Paris est bien développé, mais la commande publique est peu orientée start-up. Les services donnent l’impression que l’innovation, c’est très bien mais que ce n’est pas pour eux, par manque de temps. »

Toute une chaîne

L’innovation ouverte implique des choix techniques ouverts, explique Yann Leriche, directeur de la performance chez Transdev, acteur traditionnel des transports publics, bousculé : « Plus personne ne pense qu’une entreprise aura en interne les meilleures idées, il faut créer des chaînes de valeur ouvertes. Notre ambition, plus compliquée, est de nous ouvrir à d’autres pour agréger des services, créer et monétiser une offre de transport public de bout en bout. Nous optons de plus en plus pour l’open source, car nous développons l’open data, par exemple dans le cadre de La Fabrique des mobilités. » Cet « accélérateur de projets » fait le pari des biens communs, une piste séduisante pour les données, nerf de la guerre de la smart city.

L’expert – « L’urbanisme open source constitue un enjeu majeur »

Saskia Sassen, sociologue à l’université de Columbia (New York)

« La plupart des “villes intelligentes” ne le sont pas assez car les fonctionnalités numériques embarquées dans les bâtiments et les systèmes reposent trop sur un contrôle centralisé. Trop souvent, ces centres de commande sont aux mains d’entreprises qui vendent la technologie aux villes. Nous avons besoin d’”urbaniser” la technologie, ce qui nécessite de comprendre le langage de la ville.

L’urbanisme open source – c’est un enjeu majeur – peut rendre la ville intelligente encore plus intelligente en utilisant la technologie pour rassembler et rendre disponibles pour tous la connaissance et les expériences des autres citoyens dans un quartier ou une ville. Cela aide à générer un réservoir collectif de savoirs, par exemple sur les différences entre quartiers et, en retour, cela peut initier une mobilisation des habitants pour monter des projets collectifs grâce aux technologies. »

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