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Déserts médicaux

L’Ordre des médecins veut révolutionner l’organisation de la santé

Publié le • Par • dans : France

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Doctor with laptop and man in doctor's office © Phovoir

Pour faire face à la pénurie de médecin dans certains territoires, le Conseil national de l’ordre propose de créer des bassins de proximité où les professionnels iraient d’un cabinet à l’autre en fonction des besoins, sans se fixer sur une ville.

 

« Je n’ai pas peur de me faire huer au congrès des maires du moment qu’il y a un débat. » Le président du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM), Patrick Bouet, sera un des participants de la conférence sur les déserts médicaux organisée le 31 mai dans le cadre du Congrès des maires. Et il est prêt à partir en croisade. « Il faut que les médecins s’expriment dans le débat public qui va s’instaurer. Et que l’Ordre porte ce débat auprès des candidats – à la présidentielle et aux législatives », explique-t-il. Le CNOM ne veut pas « que la santé soit oubliée, comme en 2007 et 2012 ».

Pour peser dans le débat, l’Ordre a publié fin janvier 2016 un Livre blanc « Pour l’avenir de la santé, de la grande consultation aux propositions ». Sur les 10 propositions, trois ont trait à l’organisation territoriale et la lutte contre les déserts médicaux.

Depuis, Patrick Bouet défend ces propositions. Et s’oppose régulièrement aux élus, comme lors d’une table-ronde organisée par la commission de l’aménagement du territoire du Sénat.

« Le climat était tendu au Sénat, mais l’important est de présenter nos propositions, souligne le président du CNOM. Nous avons quelque chose à dire : il n’y aura pas d’organisation du système de santé sans les médecins. Après que nous divergions, c’est le principe même du débat. »

Refus des GHT

Premier cheval de bataille du CNOM dans l’organisation territoriale de la santé : les groupements hospitaliers de territoire (GHT). Créés par la loi de modernisation de notre système de santé, ils seront mis en place le 1er juillet. Tous les établissements publics de santé, sauf dérogation, auront l’obligation d’y adhérer. Les élus n’ont pas eu leur mot à dire sur leur composition, mais les médecins ne sont pas non plus ravis de ces nouveaux regroupements.

« La priorité majeure est de simplifier les choses au maximum dans les territoires, d’éviter les zones de blocages potentielles. Les GHT sont loin d’être simples dans leurs objectifs et dans la relation entre le GHT et le territoire », regrette Patrick Bouet. « Le regroupement est un enjeu majeur mais ce doit d’abord être un projet de santé, pas un projet des élus », insiste-t-il.

Une organisation proposée encore floue

L’Ordre défend donc un système de « bassins de proximité santé », « la plus petite unité capable d’autonomie en matière de soins » comme la définit Patrick Bouet. Il nécessite que les établissements de premier recours et les libéraux se mettent d’accord sur un projet, sans se soucier des limites territoriales administratives, et construisent à partir de là leur bassin.

Qui prend la décision la décision de délimiter la zone géographique de ces bassins de proximité s’ils ne se basent pas sur une intercommunalité ou dans un département ? Le président du CNOM reste vague sur cette question, pourtant centrale.

Une fois le bassin créé, les besoins doivent être répertoriés afin que les professionnels y répondent. « Il faut cesser de vouloir la présence de professionnels 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Il faut organiser la présence de professionnels sans cabinet permanent », explique Patrick Bouet. Si le bassin a besoin d’un ophtalmo deux jours par semaine, un spécialiste peut venir sur place seulement deux jours par semaine, et passer les autres jours dans une autre localité. « Les jeunes médecins sont plutôt preneurs, assure le président de l’Ordre. Ils ont ainsi une base de vie dans un lieu attractif et vont travailler quelques jours par semaine dans le monde rural. »

Pour lui, ce système peut également être mis en place pour les généralistes. Un village rural aurait ainsi un cabinet avec un généraliste qui changerait chaque jour ou presque. « Il faut décloisonner l’activité », résume Patrick Bouet. Mais quid de la relation patient-médecin si on ne sait pas face à quel médecin on risque de se retrouver en allant au cabinet ? Une autre question que pour l’heure l’Ordre laisse en suspens.

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  1. 1. encore et encore 24/05/2016, 11h27

    Et c'est un médecin qui parle ainsi ? Depuis quand n'a t il plus exercé, assuré de consultation, réellement suivi une famille entière (grands parents enfants et petits enfants) avec chacun leur pathologies ????
    On croirait rêver !

  2. 2. ruralheureux 24/05/2016, 11h03

    Merci Monsieur BOUET d'exprimer le fond de votre pensée dans ce lapsus (?) « Les jeunes médecins sont plutôt preneurs. Ils ont ainsi une base de vie dans un lieu attractif et vont travailler quelques jours par semaine dans le monde rural. »
    Votre vision c'est plutôt "lieu attractif = ville" ou "monde rural = lieu répulsif" ?
    On est pas rendus !

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