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Fonction publique

Réforme territoriale : quand l’inquiétude fait place à la grogne chez les agents

Publié le • Par • dans : France

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Manifestation parisienne des fonctionnaires territoriaux © G. Garvanèse

Depuis plusieurs mois déjà, les agents territoriaux s'inquiètent quant au sort qui leur sera réservé dans les nouvelles régions fusionnées. Indemnités, déplacements, restructuration des services : les points de crispation sont légion...comme l'a écrit La Gazette à plusieurs reprises. Mais aujourd'hui, le malaise prend de l'ampleur. C'est le cas en Languedoc-Roussillon–Midi-Pyrénées.

 

En Languedoc-Roussillon– Midi-Pyrénées, la première charge est venue est de la CGT-région. En février dernier, le syndicat publiait en effet un communiqué pointant toutes les incohérences et zones d’ombre constatées dans le projet de fusion des deux régions, qualifié ici « d’usine à gaz. La CGT détaillait : « La nouvelle organisation ne fait que superposer les deux directions générales des régions fusionnées. Elle ne permet pas de clarifier et de répartir les compétences entre Toulouse et Montpellier et fait perdurer une sorte de double autorité. »

La seconde semonce est arrivée quant à elle ces derniers jours…de la part d’un syndicat pourtant considéré comme plus mesuré : la CFDT. Preuve pour les connaisseurs du dossier, qu’en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées les choses sont en train de tourner vinaigre ! Un mouvement de grogne qui risque fort de gagner les 7 grandes régions nouvellement créées… tant les agents partagent ici et là les mêmes préoccupations.

13 à 15 millions de surcoût annuel

Parmi les sujets qui inquiètent, on retrouve notamment la question salariale. Certains craignent que des différences de traitements persistent pendant des années dans les régions. Car l’alignement par le haut des traitements des fonctionnaires a un coût. En août dernier, l’Association des régions de France le chiffrait entre 13 et 15 millions d’euros par an, dans le cas d’un grand ensemble rassemblant trois anciennes régions.

Autre point récurrent de crispation chez les agents : la question de la mobilité. « Nous organiserons le changement dans un souci de dialogue constant et d’action progressive. L’engagement pris de n’effectuer aucune mobilité géographique contrainte sera tenu, comme celui de construire un équilibre des directions, à la lumière de ce qui prévaut au niveau des services de l’Etat », lançait Marie-Guite Dufay présidente (PS) de la région Bourgogne – Franche-Comté à ses agents, lors de son discours d’investiture en janvier dernier. Une attention plutôt rare, puisque sur les 7 nouveaux présidents de super régions investis en janvier, seuls deux ont effectivement évoqué le devenir des personnels.

Mobilité forcée ou cachée ?

La mobilité, potentiellement forcée, est pourtant au coeur des préoccupations en Languedoc-Roussillon– Midi-Pyrénées. La CFDT écrit: « La présidente s’est engagée à ne pas prescrire de mobilités géographiques, mais la frontière entre le forcé et le fortement suggéré est ténue…De plus, les nombreux déplacements des agents subissent depuis janvier, peuvent s’apparenter à de la « mobilité forcée ». Ils génèrent du stress, de l’anxiété, de la fatigue et ont des répercussions sur la vie familiale et personnelle ».

Et puis, il y a aussi la question du non-remplacement des agents cadres partant à la retraite. Ainsi, en août dernier, François Bouchard, directeur général des services du conseil régional d’Alsace témoignait dans La Gazette : « Tous les directeurs qui partent, notamment en retraite, ne sont plus remplacés jusqu’à ce que la fusion soit effective. Ainsi, le directeur des systèmes d’information a pris sa retraite, mais j’ai renoncé à lancer un recrutement. Pour l’instant, c’est le DSI de la Lorraine qui pilote nos projets ». Des départs à la retraite non-remplacés qui posent évidemment des problèmes d’encadrement, mais qui sous-tendent également la question plus large de la restructuration des services dans les super régions et la baisse programmée des effectifs.

Car la fusion doit amener des économies, martèlent les présidents de région. A l’image de  Xavier Bertrand, élu (LR) du Nord – Pas-de-Calais – Picardie qui  n’hésitait pas dont le discours était très clair lors de sa prise de fonction : « Devant le désengagement de l’Etat et la saignée des dotations, les agents savent que la fusion n’est pas signe de renforcement des effectifs, mais bien de diminution du nombre de personnels. Cependant, cela se fera dans le dialogue et l’intelligence des situations. Réussir la fusion est un grand enjeu politique qui relève à la fois de l’aménagement du territoire, du management des ressources humaines et de la réussite des politiques publiques ».

Et dans cette période de flou, les agents territoriaux ne sont pas les seuls à s’angoisser, puisque les agents des services déconcentrés de l’Etat partagent leurs doutes. En juin dernier, une prime d’accompagnement aux restructurations régionales était alors envisagée pour ces fonctionnaires pouvant atteindre 30 000 euros en cas de déménagement à plus de 300 kilomètres, doublé d’un dispositif d’accompagnement des conjoints d’un montant de 6300 euros. Des montants jugés tout à fait insuffisants par les syndicats.

 

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  1. 1. s'il le dit ! 14/05/2016, 15h57

    Si un élu le dit "Cependant, cela se fera dans le dialogue et l’intelligence des situations" pourquoi avoir peur ????

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