Ingénierie territoriale

« L’innovation numérique permettra de maintenir les services publics »

| Mis à jour le 13/07/2016
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L’innovation et les territoires. C’est le thème principal retenu cette année par l’Association des ingénieurs territoriaux de France (AITF) qui organise les 4e Rencontres Nationales de l’Ingénierie Publique (RNIP). Elles auront lieu le 19 et 20 mai 2016 au Palais des Expositions de Saint-Etienne. Patrick Berger, président de l’AITF, explique en quoi ce thème semble naturellement s’imposer.

Pourquoi avoir choisi l’Innovation comme thématique principale des quatrièmes Rencontres Nationales de l’Ingénierie Publique ?

C’est une problématique particulièrement d’actualité dans le contexte budgétaire que connaissent les collectivités territoriales. Nous estimons que c’est justement en période de crise qu’il faut savoir faire preuve d’innovation. La solution pour continuer à assurer un service public de qualité et répondre à la demande sociale des usagers, c’est de s’appuyer sur les solutions technologiques. Et cela relève de la mission des ingénieurs territoriaux.

Pourquoi avoir choisi Saint-Etienne pour accueillir les RNIP 2016 ?

Saint-Etienne est une ville avec un passé économique et industriel important. Elle a subi des crises importantes, mais reste debout. Elle accueille aujourd’hui des entreprises qui font preuve d’innovation. Gaël Perdriau, maire de Saint-Etienne et président de la communauté urbaine Saint-Étienne Métropole, est également le président du  Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Ceréma). Il y a donc une certaine cohérence. J’ajoute que ces rencontres sont organisées en partenariat avec le CNFPT, l’Association des maires de France et l’école des ingénieurs de la ville de Paris.

L’Innovation, c’est donc la réponse des ingénieurs à la baisse des dotations aux collectivités territoriales ?

Ce sera effectivement le fil rouge au cours de nos 8 ateliers et 3 conférences, ainsi que la mise en œuvre de la reforme territoriale. Nous aborderons les apports du numérique dans le bâtiment (modélisation des données du bâtiment – BIM), des routes intelligentes, des espaces, équipements et  mobiliers connectés, de l’évolution des modes de transport et des infrastructures. Nous nous pencherons aussi sur la co-construction du territoire  et sur l’implication des citoyens dans l’aménagement.  Avec cette idée de trouver les solutions pour maintenir un service public accessible à tous, grâce à des équipements toujours plus performants, mais moins couteux. En filigrane, on retrouve cet enjeu  important de la ruralité et de l’accès de tous, sur tout le territoire,  aux services publics. Il s’agit notamment, grâce aux progrès de la technologie numérique, d’assurer un service public pour tous, avec des coûts réduits.

C’est donc l’innovation numérique qui permettra de maintenir le service public ?

Selon  l’expression de Jeremy Rifkin, économiste américain, la troisième révolution industrielle sera une révolution numérique.  Nous tenons donc un discours quelque peu optimiste, comparé à certains qui annoncent que la réduction des moyens financiers des collectivités va entraîner une réduction du service public, recentré sur l’essentiel. Nous considérons que sur de nombreux champs, dans la logique de transition énergétique, de préservation de la biodiversité, et dans un contexte économique restreint, les collectivités doivent se montrer innovantes pour répondre à ces défis… grâce aux nouvelles technologies. C’est une approche positive : nous ne pensons pas que la seule réaction possible, c’est la réduction du service public, au profit du secteur privé.

Les ingénieurs territoriaux sont donc confiants ?

Nous sommes d’abord pragmatiques. Un de nos ateliers est consacré au «  bonheur au travail ». Nous rendrons publique une large étude menée auprès des adhérents de l’AITF. A grands traits, les ingénieurs sont très fiers de travailler dans les territoires, dans une relation de  « proximité ». Le « bonheur » de l’ingénieur territorial est directement lié à ce sentiment de proximité avec les citoyens et les élus. En raison de leurs actions concrètes, ils apprécient de ne pas être « hors-sol ». Proches de la décision, ils peuvent aussi mesurer sur le terrain les résultats.

Aucune ombre au tableau donc ?

Les discours tenus par certains responsables politiques vis-à-vis de la fonction publique les inquiètent. Ils vivent mal le «  fonctionnaire bashing ». Les ingénieurs territoriaux semblent considérer également que les pouvoirs politiques, particulièrement au niveau national,  méconnaissent leur rôle et leur implication.

La réforme du cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux vous satisfait-elle ?

La séparation du cadre entre ingénieurs territorial et ingénieurs territorial en chef nous convient. Cela correspond à une logique de symétrie avec le cadre d’emplois des administrateurs territoriaux et avec l’Etat. Nous regrettons simplement que cela ait mis autant de temps pour être mise en place.

En revanche, deux de nos revendications n’ont pas été prises en compte. D’une part, nous tenons à une  revalorisation indiciaire des ingénieurs en entrée de filière. Le niveau de rémunération est très faible, et peu attractif au regard du privé.

D’autre part, les critères d’accès au nouveau grade d’ingénieurs hors classe est trop restrictif : très peu pourront accéder à ce grade. Nous porterons à nouveau ces revendications auprès du ministère et devant le CSFPT

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