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Immigration

Primo-arrivants : les collectivités locales, maillon faible de l’intégration

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : France

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migrants-immigration-UNE © Noborder Network / Flickr CC BY 2.0

Le colloque L'action territoriale, vecteur essentiel de la politique de l'intégration organisé, mercredi 11 mai 2016, à l'occasion de la première semaine francilienne de l'intégration, a permis de souligner les difficultés d'articulation entre premier accueil et accès au droit commun, en grande partie administré par les collectivités territoriales. Un débat qui aurait été probablement encore plus riche s’il s'était tenu en présence de représentants des collectivités locales.

 

Premier invité du colloque L’action territoriale, vecteur essentiel de la politique de l’intégration, organisé, mercredi 11 mai 2016, à l’occasion de la semaine francilienne de l’intégration, manifestation initiée par la préfecture de la région Ile-de-France (voir encadré), Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (1), a rappelé les dernières orientations en matière d’accueil des primo-arrivants : renforcement de l’apprentissage du français et mise en place au 1er juillet 2016, dans le cadre de la loi du 7 mars 2016 relative aux droits des étrangers en France, du contrat d’intégration républicaine (CIR).

Le CIR remplace le contrat d’accueil et d’intégration, jugé trop standardisé, et valorise la maîtrise du français, notamment à l’écrit.

Si ces évolutions ont pour objectif de faciliter l’intégration, le « grand enjeu » est, aujourd’hui, une « meilleure articulation » entre premier accueil et orientation « au plus tôt dans le parcours du primo-arrivant », dans les dispositifs de droit commun. « On ne peut pas « traiter à part » les primo-arrivants », a insisté Didier Leschi.

Des collectivités « moins souples » que les services déconcentrés de l’Etat

Face à cette exigence d’articulation, les collectivités ne jouent pas le jeu, ou tout du moins pas toutes, estime le directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Il a, notamment, cité le cas de ces CCAS qui ne remplissent toujours pas leur obligation de domiciliation ou celui de ces régions qui proposent une offre de formation insuffisante.

« Les collectivités sont autonomes, l’Etat ne peut pas leur imposer l’intégration de primo-arrivants », a-t-il souligné. En revanche, « quand l’Etat finance directement, l’intégration est plus efficiente », remarque-t-il, plaçant ses espoirs dans l’offre d’animations périscolaires (dans le cadre des nouveaux rythmes scolaires) qui pourrait être adaptée aux besoins des enfants des familles primo-arrivantes.

Didier Leschi en conclut, qu’en matière d’intégration, les collectivités sont « moins souples que les services déconcentrés de l’Etat ».

Autre accusée : l’Éducation nationale

Cette triste réalité est bien connue : l’école reproduit les inégalités de la société française.
Le sociologue Jean-Luc Primon (2) a présenté l’enquêteTrajectoires et Origines (janvier 2016), axée sur les parcours scolaires et professionnels des étrangers en France, qui vient renforcer les connaissances sur le sujet.

On apprend ainsi que c’est lorsque qu’un enfant arrive en France à l’âge du collège que son parcours scolaire est le plus fragile. Le sociologue n’a pas hésité a parler de « discrimination institutionnelle » en ce qui concerne les cas d’enfants immigrés ou descendants d’immigrés relégués dans des classes spécialisées en raison de leur origine et non de leur niveau scolaire ou du manque de places dans les classes d’accueil réservées aux primo-arrivants.

Des informations qui concernent, aussi, les collectivités qui s’engagent pour accompagner les décrocheurs scolaires.
L’ensemble des invités du colloque se sont accordés sur un point : les échecs d’intégration conduisent à une fracturation de la société française et à une fragilisation de la République.

« La France n’a pas d’autre choix que de relever ce défi », a rappelé Benjamin Stora, historien et président du conseil d’orientation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, qui accueillait la manifestation.

Ile-de-France : une première semaine de l’intégration

La manifestation est à l’initiative de Jean-François Carenco, nouveau préfet de la région Ile-de-France et de Paris, qui l’a déjà installée à la préfecture de la région Rhône-Alpes, son précédent poste.

Pour le haut fonctionnaire, il s’agit de donner l’occasion à la société française de « se parler à elle-même ». En introduction du colloque L’action territoriale, vecteur essentiel de la politique de l’intégration, Jean-François Carenco a souhaité replacer la manifestation dans l’actualité, estimant qu’on « en est qu’au début d’un maelström mondial de la migration ». La situation internationale et nationale impose de « donner une philosophie, des règles à l’intégration », qui doit être appréhendée comme « un processus réciproque ».

Programmée du 9 au 14 mai 2016, cette première semaine francilienne de l’intégration compte une vingtaine de manifestations mettant en valeur l’engagement des associations ou de structures collectives. A cette occasion, Jean-François Carenco, en tant que président de l’Association du corps préfectoral et des hauts fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, a signé avec Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, une convention afin que l’association devienne ambassadrice nationale de laréserve citoyenne de l’Éducation nationale.

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