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Travail social

Le gouvernement se porte au secours des éducateurs de rue

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu experts prévention sécurité, France

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Rossignol Creteil © H.Jouanneau

Alors que la survie de la prévention spécialisée est menacée dans plusieurs départements, Patrick Kanner et Laurence Rossignol, respectivement ministre de la ville et ministre en charge de la protection de l’enfance, ont annoncé des moyens et une concertation aux éducateurs de rue, lors de leurs journées nationales à Créteil, les 28 et 29 avril.

 

Des nuages bas et lourds pesaient au-dessus de la Maison des arts et de la culture de Créteil en fin de semaine dernière. A l’occasion des journées d’études nationales de la prévention spécialisée, organisées les 28 et 29 avril, près de 800 professionnels « en colère » ont dressé un état des lieux particulièrement sombre de leur métier.

En ligne de mire : les coupes budgétaires menaçantes dont les associations de « prèv » font les frais, en raison de la saignée des finances départementales. Des coupes franches qui, dans une dizaine de départements, dépasseraient 20%, alors même que l’Etat ne cesse de promouvoir le rôle actif de ces mêmes associations dans la prévention de la radicalisation.

« Alors que nous avons plus que jamais besoin du renforcement des professionnels qualifiés pour accompagner notre jeunesse, en particulier dans les quartiers de la politique de la ville, nombre de vos structures connaissent des baisses importantes de financement par les conseils départementaux » a souligné le 28 avril le ministre de la ville, Patrick Kanner, à l’ouverture des débats, déplorant au passage que la prévention spécialisée, « parent pauvre de la protection de l’enfance », soit considérée « comme une variable d’ajustement » et ne couvre que la moitié des quartiers de la politique de la ville.

Dans ce contexte, et alors que les budgets départementaux sont désormais tous votés, le ministre a annoncé son intention de mettre la main à la poche pour « mettre des moyens complémentaires ». Sans toutefois en préciser le montant.

Initiative gouvernementale - Il a annoncé dans le même temps un cadre de discussion associant les principaux contributeurs de la prévention spécialisée. « Nous allons élaborer dans les prochaines semaines avec les ministères concernés, le CNLAPS, l’Assemblée des départements de France, une convention nationale de partenariat, a-t-il indiqué. Une réunion sera organisée dans le courant du mois de mai à cet effet ; je souhaite que cette convention soit signée d’ici cet été. Elle aura vocation à être déclinée localement en particulier dans les territoires prioritaires à compter de la rentrée. Cette convention visera à mettre en lumière l’utilité sociale de la prévention spécialisée, à reconnaître davantage les pratiques éducatives que vous développez, à prendre en compte les différents champs d’intervention qui sont désormais les vôtres. »

Le lendemain de la venue de Patrick Kanner, c’est une autre ministre, Laurence Rossignol, en charge des familles, de l’enfance et des droits des femmes, qui était conviée pour dégager des pistes d’avenir et louer les atouts des équipes de prévention spécialisée qui sont « une ressource indispensable pour repérer les signes du mal être et répondre aux besoins des jeunes sur le territoires ».

Interrogée par la Gazette sur la situation que traverse le secteur, elle a renvoyé la responsabilité des coupes budgétaires aux départements et à leurs choix, appelant les citoyens à exprimer leurs désaccords (lire ci-dessous).

Mise en place d’un référentiel - Dans son discours, la ministre a indiqué que le groupe de travail sur la prévention spécialisée institué en février devrait permettre « la mise en place d’un référentiel commun adapté aux réalités des territoires et à vos pratiques professionnelles ».

Elle a également rappelé que la prévention spécialisée était « un pilier » de la réforme de la protection de l’enfance, promulguée le 14 mars dernier, sans dissimuler son « inquiétude sur la mise en œuvre de ces mesures par les départements ».

Et de citer entre autres : la sécurisation des conditions d’accueil des jeunes suivis chez un tiers, qu’il s’agisse de décisions administratives ou judiciaires, l’accompagnement des plus de 17 ans pour élaborer un projet d’accès à l’autonomie, la signature d’un protocole entre l’Etat, le département et la région pour améliorer la coordination partenariale et faciliter l’accès des jeunes aux dispositifs de droit commun ou encore la mise à disposition aux jeunes de 18 ans d’un pécule constitué par le versement de l’allocation de rentrée scolaire sur un compte bloqué.

Autres sujets évoqués au cours de ces journées : la prévention de la radicalisation, sur laquelle le gouvernement veut mobiliser la prévention spécialisée. A cet effet, Patrick Kanner a confirmé que chaque contrat de ville sera complété en 2016 par un plan d’actions sur la prévention de la radicalisation, qui en constituera une annexe. « Un cadre de référence visant à appuyer les acteurs de terrain dans l’élaboration et la mise en œuvre de ces plans locaux a été établi par mes services et sera prochainement diffusé », a-t-il précisé. « Le principal enjeu est en effet d’entrer en contact avec des jeunes en situation de radicalisation, de susciter leur adhésion et de nouer avec eux une relation de confiance pour les accompagner dans la durée ». Un credo dont Laurence Rossignol s’est également fait écho en estimant que « face à cette problématique nouvelle, nous avons plus que jamais besoin de nous appuyer sur l’expérience des acteurs qui connaissent le terrain pour trouver des solutions face à ce nouveau défi. »

Promotion de l’action socio-éducative - En conclusion de ces deux journées, Isabelle Santiago, vice-présidente du conseil départemental du Val-de-Marne, a dégagé quelques pistes pour valoriser l’action des éducateurs, les invitant notamment « à donner à voir ce qu’ils font » et à s’inscrire dans un partenariat visible.

Pour sa part, la présidente du CNLAPS, Anne-Marie Fauvet, très applaudie, a insisté sur la notion de territoire. « Ces journées nous ont permis de dire aux élus que la prévention spécialisée, ce n’est pas seulement d’accompagner les jeunes mais aussi d’installer une dynamique locale dans le territoire ».

Plus circonspecte sur le thème de la radicalisation, « mot qui déshumanise », elle a souligné que les éducateurs de rue contribuaient largement « par son action socio-éducative à la prévention de la radicalisation comme à la prévention de la délinquance». « Mais il faut faire attention à ne pas stigmatiser nos publics, car si on stigmatise trop, on fait le jeu du Front national », a-t-elle conclu. « Ce qu’il nous faut d’abord montrer, ce sont nos actions socio-éducatives et la promotion que nous faisons de la tolérance et du libre-arbitre ».

« Il faut interpeller les élus sur leurs choix politiques » selon Laurence Rossignol

Interrogée par la Gazette à l’issue de son discours sur la situation précaire de la prévention spécialisée, la ministre des familles, de l’enfance et des droits des femmes, Laurence Rossignol, a appelé les citoyens et les professionnels à « interpeller les élus sur leurs choix politiques ». Car, souligne-t-elle, « ce n’est pas le gouvernement qui décide de la prévention spécialisée mais les départements. Ce sont des choix politiques faits par des départements. Certains d’entre eux font le choix de la prévention spécialisée, d’autres font le choix de l’accompagnement des jeunes majeurs et d’autres, encore, font le choix de couper à bas bruit dans le budget de la protection de l’enfance et de la prévention spécialisée ».

« L’Etat peut certes soutenir et apporter son aide mais ce sont aux habitants et aux acteurs locaux de porter ces problèmes à la connaissance des départements » a-t-elle insisté.

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