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Fabien Tastet, président de l'AATF

« Nous demandons un encadrement renforcé du recours aux contractuels sur les emplois de direction »

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fabien tastet © Fabien Calcavechia / La Gazette

Dans une plateforme générale de propositions pour valoriser le déroulement de carrière et le statut des administrateurs territoriaux, adressée au ministre de la fonction publique, le président de l’AATF, Fabien Tastet, demande notamment la mise en place d'une règle de plafonnement du nombre de contractuels dans les directions générales.

 

Chiffres-clés

Agenda
Congrès de l’AATF les 17 et 18 mai à Nice

Vous faites aujourd’hui une proposition offensive concernant les contractuels, de quoi s’agit-il ?

Dans le cadre d’une plateforme globale de propositions statutaires adressée à la ministre de la Fonction publique, Annick Girardin, nous demandons un encadrement renforcé du recours aux contractuels sur les emplois de direction. Aujourd’hui, et il faut s’en honorer, il existe de grandes écoles de la fonction publique comme l’Ena, l’Inet ou l’EHESP. Il n’y a pas de problème de carence, sur le marché, de cadres dirigeants publics de haut vol et, donc, il faut sans doute davantage encadrer le recours à des contractuels qui tendanciellement ont pris plus de place dans la direction des collectivités.
Il faut une règle de plafonnement dans les directions générales du nombre de contractuels. Entendons-nous bien : nous sommes pour la diversité des profils et les contractuels ont une place dans les collectivités, elle est autorisée par le statut. Mais, cette place doit être raisonnable. Nous sommes sans doute allés un peu trop loin alors même que beaucoup de cadres dirigeants publics sont sur le marché et que nos écoles, l’Ena et l’Inet, produisent 100 cadres dirigeants par an. Ce serait même une aberration économique que de dire «en plus de ces 100 cadres, il faut aller chercher de nombreux contractuels ». Il faut que ce recours reste dérogatoire.

Quelles sont les autres propositions de cette plateforme ?

Un  volet concerne la situation de l’ensemble des administrateurs territoriaux, notamment ceux qui sont sur des emplois de direction et d’expertise, sans être détachés sur emploi fonctionnel. Nous demandons essentiellement la juste application du principe de parité avec les administrateurs civils, notamment pour les durées d’avancement d’échelon ou les conditions de passage à la hors classe.
De plus, suite aux accords PPCR, nous souhaitons un re-pyramidage indiciaire cohérent : il est anormal que l’indice du 1er échelon d’attaché principal soit désormais supérieur à celui du 1er échelon d’administrateur territorial.
Un autre volet de propositions est en cours d’élaboration dans le cadre d’une concertation engagée dans nos délégations régionales. Nous mettrons à l’ordre du jour d’un conseil d’administration d’automne le fruit de ces discussions.

Quelle est la marque de fabrique du prochain Congrès de l’AATF les 17 et 18 mai à Nice ?

Depuis le Congrès de Bordeaux en 2015, cet événement annuel de l’association a pris une autre dimension. Nous avons notamment doublé les temps de débats et abordons des sujets sensibles, d’actualité, comme le dialogue public-privé. Tous les thèmes liés à l’innovation tels que le développement urbain, les nouveaux outils de l’intérêt général, la ville intelligente… seront également débattus.

Avez-vous l’intention de répondre aux différentes attaques contre le statut des fonctionnaires ?

L’AATF veut être présente, parce que c’est sa ligne de conduite depuis deux ans, dans tous les débats qui concerne la gestion publique locale, notamment à l’occasion de l’élection présidentielle. Mais, nous ne voulons pas non plus être dans une sorte d’emballement. Il faut intervenir à bon escient et comme une course de fond, il faut savoir doser ses efforts. Et répondre à la caricature par l’expertise. L’AATF fera à différentes occasions un certain nombre d’interventions pour dire ce qu’elle pense du statut, de la gestion publique locale, etc. Nous l’avons déjà fait avec les 12 propositions de l’Entente sur la réforme territoriale par exemple. Les administrateurs ont également obtenu des avancées concrètes dans la loi Notre. L’AATF sait faire et continuera d’être présente mais il n’y aura pas d’annonce particulière au Congrès.

Sur la diversification des parcours professionnels, la situation est-elle à l’avantage des administrateurs ?

Nous continuons le travail sur la diversification des parcours, l’ouverture des univers professionnels, la défense de nos positions dans les collectivités. Nous sommes en concurrence intense avec les cadres dirigeants de l’Etat, les contractuels et la partie se joue en plusieurs manches. Après les municipales, nous avons maintenu nos positions : 124 DGS de communes contre 128.
Aux départementales, 45 DGS avant et après. Aux régionales, nous avons reculé. Nous vivrons une étape importante avec la constitution des nouvelles intercommunalités à partir du 1er janvier 2017. Voilà de très beaux postes pour des administrateurs territoriaux !

La mobilisation pour l’emploi porte-t-elle ses fruits ?

Les administrateurs territoriaux progressent partout sauf dans les directions des administrations centrales. Nous avons doublé nos postes dans les cabinets ministériels, progressé dans les chambres régionales des comptes, dans les inspections. Nous avons un nouveau terrain de déploiement avec les postes de secrétaires généraux dans les chambres de métiers et de l’artisanat. Nous commençons à tisser de liens avec le privé. Il faut que l’on soit toujours à l’initiative.

S’agissant des jeunes administrateurs ?

Nous sommes soucieux que tout soit fait pour que l’entrée sur le marché des jeunes administrateurs se fasse dans les meilleures conditions possibles. C’est une responsabilité partagée du CNFPT et des associations professionnelles. Nous ne pouvons pas accepter qu’il y ait 8 élèves de la promotion sortie au 1er janvier qui n’aient pas trouvé de poste. Nous ferons de nouvelles propositions pour favoriser l’accès au marché.

L’initiative « Regards croisés 2P », le programme d’échanges de l’AATF entre cadres du public et cadres du privé, est-elle concluante ?

Nous sommes entrés en phase opérationnelle. Une vingtaine d’administrateurs sont en binôme avec 20 cadres du privé. Nous allons participer à des immersions réciproques et ensuite à des travaux communs. Il faut faire tomber les murs entre le public et le privé. Il y a des différences et il faut les assumer mais nous sommes  tous confrontés aux mêmes enjeux  de transformation managériale et organisationnelle. Ce sont deux mondes qui s’ignorent beaucoup. C’est très intéressant de les faire dialoguer.

Quels seront les futurs combats de l’AATF ?

Il y a le débat sur l’Observatoire de la gestion publique locale. On a besoin de cette structure d’expertise détachée de l’administration centrale et de travailler sur la fiabilité des données. Je m’agace de la position de blocage de la DGCL, qui en fait une affaire d’ego, contre l’avis de tous, AMF, gouvernement, associations professionnelles.
Par ailleurs, nous serons dans le débat public de la présidentielle sur les questions de gestion publique locale. Je ferai le tour de tous les candidats pour porter les propositions de l’association, anciennes et nouvelles aussi. En outre, j’ai confié à Thierry Cornillet, ancien président du parti radical valoisien et administrateur, la mission de nous faire accéder à une notoriété diffuse comme celle des préfets. Aujourd’hui, notre notoriété est trop segmentée. Il faut qu’il nous aide à tisser davantage de liens avec les employeurs, qui sont nos recruteurs. Pour la première fois, par exemple, l’AATF sera représentée au salon des maires.

 

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