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Enfance

Protection de l’enfance : le soutien aux mères en difficulté élargi aux pères

Publié le • Par • dans : Régions

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pere-enfant-bebe-UNE © Nick Graham / Tookapic license

La loi relative à la protection de l'enfant va permettre de faire cesser une discrimination à l'égard des pères : les futurs centres parentaux n’excluront pas les pères. Cette modification était attendue par beaucoup de professionnels du secteur afin d'accompagner au mieux les deux parents dans l'apprentissage de la parentalité et de ne pas casser les couples.

 

« La modification de la loi va nous permettre de nous adapter aux évolutions de la société », se félicite Thierry Fontaine, directeur de l’accueil mères-enfants de l’établissement public départemental du Nord pour soutenir, accompagner, éduquer (EPDSAE) (1). L’article 20 de la loi réformant la protection de l’enfant du 14 mars 2016 offre – enfin – la possibilité de créer des centres parentaux qui, à l’opposé des centres maternels ou accueils mères-enfants existants, n’excluent pas les pères :

Peuvent être pris en charge dans un centre parental, au titre de la protection de l’enfance, les enfants de moins de trois ans accompagnés de leurs deux parents quand ceux-ci ont besoin d’un soutien éducatif dans l’exercice de leur fonction parentale. Peuvent également être accueillis, dans les mêmes conditions, les deux futurs parents pour préparer la naissance de l’enfant.

Jusque-là, hormis quelques centres parentaux expérimentaux créés à partir de 2004, l’accueil de des jeunes parents en difficulté n’était pas prévu : l’accueil d’une femme enceinte ou mère d’un jeune enfant relevant de la protection du Département et celle d’une femme et son compagnon, de celle de l’Etat.

Consolider les familles

Thierry Fontaine, dont l’accueil mères-enfants participe depuis 2009 aux travaux de la fédération nationale des centres parentaux, constate que les femmes accueillies dans sa structure sont aujourd’hui bien souvent encore en contact avec le papa et que si ce dernier n’est pas pris en charge simultanément cela peut casser le lien alors que l’objectif est de consolider la famille.

« Nous avons déjà demandé des dérogations pour pouvoir accueillir des couples mais cela restait à la marge car hors la loi. Désormais nous allons pouvoir de façon pérenne transformer des places pour pouvoir accueillir des couples avec leur enfant de moins de 3 ans », explique Thierry Fontaine.

Inscrite dès décembre 2014 dans le projet global d’établissement de l’EPDSAE, la création du centre parental sera présentée au conseil d’administration du 22 juin 2016. Ce qui lancera la demande d’autorisation officielle auprès du département du Nord.

Pas de coût supplémentaire mais un changement de posture

« Ces modifications ne vont pas engager de coûts supplémentaires. Cependant pour les professionnels cela va tout de même entraîner une évolution importante. Il faut apprendre à travailler avec le couple et plus non plus avec uniquement la maman. La posture n’est pas exactement la même », note Thierry Fontaine. Pour accompagner les professionnels l’EPDSAE va mettre en œuvre un guide s’inspirant des travaux de Steinhauer au Québec.

« J’espère que la loi va permettre le développement de ces structures. Aujourd’hui si beaucoup d’établissements accueillent déjà les couples qui ont besoin d’accompagnement dans leur parentalité cela se fait à la marge. Seules 3 structures sont des centres parentaux à part entière, via un statut expérimental », souligne Marie Rechain, responsable d’un de ces centres qui fonctionne sous ce statut expérimental depuis 2004. Baptisé Estrelia, ce centre parental basé à Paris peut accueillir 15 familles.

Par ailleurs présidente d’un centre maternel, Marie Rechain explique : « Nous y hébergeons parfois avec les mamans les jeunes pères mais nous ne pouvions pas jusqu’à présent, comme sur le centre parental, accompagner ces derniers dans la parentalité. Avec la modification de la loi ce sera possible. »

Elle ajoute que si les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) peuvent certes déjà accueillir les familles, ces structures n’offrent pas un accompagnement équivalent sur la formation à la parentalité.

Au niveau du centre parental expérimental Estrelia, la modification de la loi va permettre des simplifications administratives appréciables. « Jusqu’à présent nous déjouons les contraintes grâce à un double financement conseil départemental de Paris et État et via des subterfuges comme un prix de la journée porté uniquement sur la maman et l’enfant », détaille la responsable d’Estrelia. Elle ajoute que par ailleurs si rien n’interdit dans la loi l’accueil par les centres maternels des pères seuls avec un jeune enfant, cela reste dans les faites très rares.

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    Notes

    Note 01 - Créé en 1982, par le conseil général du Nord, l'EPDSAE est composé de 16 établissements et services, implantés sur l’ensemble du département. L'accueil mère-enfant que dirige Thierry Fontaine dispose au total de 162 places. 140 personnes y travaillent à l'accompagnement des futures mamans et des mères d'enfants de moins de 3 ans qui nécessitent une aide à la parentalité. - Retourner au texte

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