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Réinsertion des “décrocheurs” : les Fabriques du numérique devront faire leurs preuves

Publié le • Par • dans : Actu prévention sécurité, France

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bureau-formation-informatique © Debarshi Ray via Flickr CC BY-SA

Des formations de quelques mois aux métiers du numérique doivent permettre à des milliers de jeunes ayant quitté l’école sans diplôme d’insérer une filière porteuse. C’est le pari des formations labellisées Grande Ecole du Numérique, souvent soutenues par les collectivités locales. Selon les professionnels, ces formations destinées en priorité aux publics éloignés de l’emploi devraient pourvoir aux besoins des PME, en pleine « révolution digitale ».

 

« 10 000 personnes seront formées d’ici 2017 aux métiers du numérique, au sein de plus de 200 formations », assure l’Etat dans sa promotion de la « Grande École du numérique », qui a labellisé en février 171 formations de codeurs, intégrateurs, webmasters… déposées par 84 structures. Ces sessions, généralement de quelques mois, s’adressent à des « jeunes et personnes sans qualification ou diplôme à la recherche d’un emploi ou en reconversion professionnelle, habitants de quartiers de la politique de la ville ». La labellisation donne accès à une dotation d’amorçage (plafonnée à 70 000 euros), financée sur une enveloppe de 5 millions d’euros du programme d’investissements d’avenir. « Plusieurs dizaines de formations n’ont pas été retenues, le comité a effectué un travail très sérieux, juge Guy Mamou-Mani, membre du comité de labellisation et président du syndicat patronal Syntec Numérique. C’est de l’argent public bien dépensé. »

Les collectivités s’impliquent

Peu de collectivités portent directement des formations labellisées. C’est le cas de l’agglomération du Grand Narbonne où depuis novembre, 24 développeurs web sont formés durant six mois via la structure IN’ESS (dédiée à l’économie sociale  et solidaire) du Grand Narbonne et un partenariat avec le formateur Simplon. L’intercommunalité a apporté 60 000 euros sur son budget 2015 et vient de renouveler la collaboration avec Simplon en mars 2016.

Les collectivités locales sont bien présentes, assure Frédéric Bardeau, cofondateur de Simplon.co (le plus large réseau avec 36 formations labellisées :

La plupart de nos formations sont soutenues par les communes, les agglomérations ou les régions. Nous sommes par exemple partenaires de l’Ecole régionale de la 2e chance, à Toulouse. Les territoires s’en saisissent pour relocaliser l’emploi. Nous montons les formations à leur demande, avec leurs critères : en Ardèche, la promotion comprend pour moitié des personnes issues de plans de sauvegarde de l’emploi alors qu’à Marseille, ce sont des jeunes de trois quartiers prioritaires.

L’insertion, cette inconnue

Le monde du numérique absorbera-t-il aisément les stagiaires de ces écoles ? « Notre filière regorge d’opportunités de carrière et de postes à pourvoir, assure Guy Mamou-Mani, président de Syntec Numérique. Nous pourrions créer plus de postes, à tous les niveaux, c’est pourquoi nous encourageons beaucoup les régions à développer ces écoles. »

Président de l’association professionnelle d’informaticiens Munci (3 000 adhérents), Régis Granarolo se montre plus critique :

Personne ne va cracher sur des formations au numérique, mais le numérique est vu à tort comme la panacée par les pouvoirs publics. La pénurie, notion que nous contestons vivement, ne concerne qu’un profil stéréotypé d’ingénieurs. Il n’y a pas de pénurie de développeurs, le chômage touche 14 % des techniciens de l’informatique. Même si en théorie, il y a de la place pour tout le monde, je trouve assez paradoxal de pourvoir les besoins par des formations courtes, car le diplôme a beaucoup d’importance dans le secteur.

Le président du Syntec Numérique le reconnaît : « Trois-quarts des postes de grandes entreprises et SSII concernent des ingénieurs et un quart des bac + 2 à 3. » Mais il insiste : « Le numérique s’adresse à tous les profils; étudiants sortis des écoles, jeunes sans diplôme ou personnes en reconversion. On ne fera pas des jeunes de banlieue en trois mois des ingénieurs, mais ces écoles donnent les bases pour certains métiers, améliorent l’employabilité. J’ai encouragé la fille d’un ami, licenciée en arts graphiques, à intégrer une formation courte au numérique. »

Les formations ayant récemment débuté, difficile de tirer des conclusions sur l’insertion. « La question est ouverte, lance Régis Granarolo. Les taux d’insertion sont très variables selon les écoles, parfois enjolivés. Mais la labellisation va dans le sens de la qualité et d’un suivi. »

Pour sa part, le réseau Simplon livre un taux moyen de « 80 % de sorties positives à trois mois », ce qui signifie aussi bien la poursuite d’études, qu’un contrat de travail (CDI-CCD) ou une création d’entreprise. « L’employeur-type, ajoute Frédéric Bardeau, c’est une PME ou une association. Les emplois se trouvent dans la digitalisation des entreprises non numériques. »

Encouragées, les formations courtes au numérique vont continuer à fleurir, d’autant qu’il y a des “trous” sur la carte de France : « Au prochain appel à projets, attendu avant l’été, affirme le président de Simplon, nous soumettrons des dossiers en particulier sur la diagonale du vide, de Biarritz à Strasbourg ». Pour le président de Syntec numérique, « il y a largement de la place pour une deuxième, voire une troisième, vague de labellisation. La montée en puissance de la transformation numérique ne fait que commencer. »

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Thèmes abordés EmploiLutte contre l'exclusionPolitique de la villeSocial

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  1. 1. Cannelle 22/04/2016, 19h04

    Je vais de ce pas conseiller à mon fils de "décrocher" pendant un an. Il n'a jamais redoublé et est inscrit (et reçu) pour une formation en chambre de commerce qui me coûterait 2500 €. Dans un an la formation sera gratuite pour lui avec insertion à la clé. Y'a pas photo.

  2. 2. Jeremie 22/04/2016, 08h34

    Je ne connaissais pas encore la Munci mais ça rassure de voir qu'il y a encore des gens lucides dans ce pays qui ne sont pas dans le moule étouffant du poltiquement correct!
    Et qui disent tout haut ce que le petit peuple d'en bas comme les informaticiens constatent tous les jours sur le terrain : pas de pénurie évidemment, mais des recrutements très calibrés...

    « 80 % de sorties positives à trois mois » : oui mais quel % de postes de développeurs dans tout ça ?
    J'ai un pote qui a suivi une formation du web (webforce3) et il m'a raconté que seule une minorité de ces collègues ont trouvé un job dans le dév, d'autres ont trouvé des petits jobs ailleurs et sont qdmême comptabilisés dans les "sorties positives", ceci explique cela sans doute...

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