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[Opinion] Finances locales

Dotations : la grande illusion

Publié le • Par • dans : Billets finances, France, Opinions

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Le titre de l’illustre film de Jean Renoir qualifierait l’annonce que le président de la République pourrait être tenté de faire aux élus locaux lors du prochain congrès des maires, en renonçant, par exemple, à baisser tout ou partie des 3,7 milliards d’euros de dotations aux collectivités dans le budget 2017.

Jean-Luc Boeuf © J.-L.B.

Jean-Luc Boeuf, DGS de Quimper et de Quimper communauté

 

Le titre de l’illustre film de Jean Renoir qualifierait l’annonce que le président de la République pourrait être tenté de faire aux élus locaux lors du prochain congrès des maires, en renonçant, par exemple, à baisser tout ou partie des 3,7 milliards d’euros de dotations aux collectivités dans le budget 2017.

Pourtant, il y a six mois à peine, en septembre 2015, à l’occasion de la journée de mobilisation des élus contre la baisse des dotations, les pouvoirs publics s’étaient montrés inflexibles sur le sujet, arguant que les collectivités devaient s’adapter, allant même jusqu’à parler de « justice territoriale » devant l’effort des finances publiques.

En renonçant ainsi, pour cause d’élections à venir, aux économies décidées dans un plan triennal, l’Etat enverrait un très mauvais signal dans les territoires, au monde économique et en direction de l’Europe.

Dans les territoires tout d’abord, où, depuis quelques années, les élus ont entamé un véritable travail de fond pour contenir la dépense publique. Les résultats commencent à voir le jour avec des dépenses de personnel contenues pour la première fois depuis la décentralisation de 1982.

Nombre de maires expliquent depuis des années que la régulation de la dépense publique est nécessaire pour redresser les finances de la France. Ils ont accepté cette baisse des moyens mis à disposition par l’Etat et refusé la hausse fiscale pour équilibrer leurs budgets.
Ils ont donc demandé à leurs équipes de baisser leurs dépenses. Seul ce cercle vertueux permet de dégager les ressources futures nécessaires pour investir.

La puissance publique ne crée pas de la richesse économique

Le monde économique, quant à lui, ne pourrait que s’étonner de la facilité avec laquelle les pouvoirs publics renoncent à une ardoise d’économies potentielles de plusieurs milliards d’euros.

Il est temps de rappeler que la puissance publique ne crée pas de la richesse économique ! Elle la redistribue. On objectera que le gouvernement demanderait, en échange de cette mesure, que les collectivités s’engagent à consacrer ces fonds à l’investissement, et notamment dans les travaux publics.

On friserait la démagogie la plus pure, car ce n’est pas en accroissant le déficit de l’Etat, premier financeur des collectivités, rappelons-le, que l’on permettra d’investir dans les territoires. Au contraire, la raréfaction de l’argent public oblige désormais les partenaires à s’interroger davantage avant d’investir et de renoncer ainsi, parfois, à des projets surdimensionnés.

Enfin, quelle image donnerions-nous, une fois de plus, à nos partenaires européens, en termes de gestion budgétaire ? Rappelons que la France est à ce jour le seul Etat membre de l’OCDE à n’avoir présenté aucun résultat budgétaire excédentaire depuis 1979.

Mais, c’est vrai, nous entrons en campagne électorale ! Et après tout, l’actuel président de la République se dit que le budget 2017 sera certes préparé par son gouvernement, mais exécuté par l’équipe suivante.

En additionnant les cadeaux financiers à un an du scrutin présidentiel, la situation financière de la France continuerait de se dégrader. Bien sûr, l’équipe politique en place utiliserait un vocabulaire teinté de langue de bois, en nous expliquant que « le déficit diminue » et que la « trajectoire des finances publiques est la bonne ».

Alors que nous dépassons allègrement les 2 000 milliards d’euros de dette, et pour rester dans l’esprit des années 1930, invoquons la chansonnette « Tout va très bien, madame la marquise… » Mais après la drôle de guerre…

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  1. 1. Henri Tanson 20/04/2016, 09h46

    Pourquoi les économistes, sensés, considèrent que l'austérité ne peut entraîner que plus d'austérité ?
    On a tendance à considérer que le budget d'un État est à l'image d'un budget familial : pour éviter les dettes, il faut réduire les dépenses... La différence, c'est que les revenus de l'Etat dépendent de l'économie du pays et que si l'Etat réduit ses dépenses, il contribue au ralentissement de l'économie du pays; ses revenus qui ne sont que des ponctions sur l'activité de la France, sont automatiquement réduits... Ce qui n'est pas le cas pour un ménage ! Mauvaise comparaison, donc.
    Le choix de l'austérité est un mauvais choix; il aggrave la situation au lieu de l'améliorer...
    La dette que l'on place au-dessus de notre tête comme l'épée de Damoclès, est une escroquerie... Une grande partie de cette dette est illégale, illégitime, et l'urgence de la rembourser n'est pas prouvée... Sauf que la Commission européenne a décidé, pour nous, qu'il était temps de la rembourser, coûte que coûte... Elle nous impose la règle absurde des 3% qui vient d'on ne sait où... De bêtes (mais riches) fonctionnaires européens décident pour nous...
    Et nous obéissons... Et nous plongeons...
    Ces économies que l'on nous impose, ne sont pas temporaires; les années à venir seront encore plus difficiles; et pas le moindre bout de tunnel en vue...
    Où allons-nous ?
    Nous gérons, le nez dans le guidon, une situation qui nous dépasse.
    Le politique a totalement disparu du paysage au profit de raisons économiques...
    Et moi qui pensais que nous avions notre mot à dire... Mais non, c'est la règle à calcul qui a pris le pouvoir !
    Pas d'accord...

  2. 2. Bon sens 20/04/2016, 09h37

    Un article de bon sens sur la gestion des finances publiques...

    Mais il est étonnant que certaines communes n'aient pas encore adhéré à cette logique. Certaines communes, dont tous les indicateurs sont dans le rouge depuis plus de dix ans continuent à augmenter les taux des taxes ce qui amène la taxe foncière sur le foncier bâti à plus de 50% et celle sur le foncier non-bâti à plus de 180%???

    On peut aussi se demander si cette solution (augmentation des taux des taxes locales) n'était pas voulu par l'Etat lors de la mise en place de son plan de réduction des dotations?
    En effet, si telle n'avait pas été la volonté, il aurait suffit que l'Etat modifie la règle concernant le plafonnement des taux des taxes. Il n'en a rien fait!

    Ainsi, le tryptique "Liberté, Egalité, Fraternité" que l'on trouve au fronton de notre démocratie est particulièrement écorné.
    Là encore on peut se demander si on entre pas dans une nouvelle ère.

    Quel dommage pour les jeunes générations et celles à venir!
    Quel dommage que les paroles pourtant inscrites dans le marbre de la COP21 aient aussi peu de sens dans l'action de tous les jours!
    Quel dommage que les élus mis en place par le Peuple n'aient qu'une triste image à présenter!
    Quel dommage pour notre démocratie!
    Quel dommage pour notre Pays!

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