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Aménagement du territoire

L’introuvable égalité des territoires

Publié le • Par • dans : France

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Grand Paris La Défense © Flickr CC by sa elPadawan

Invités à un débat géographique le 12 avril 2016 au café de Flore, l'économiste Laurent Davezies et le géographe Philippe Estèbe s'accordent à dire que l'égalité territoriale est une notion en voie de disparition.

 

Depuis le 11 février dernier et la nomination d’Emmanuelle Cosse au gouvernement, le ministère du Logement se couple de l’Habitat durable. Exit l’égalité des territoires. Une issue logique selon Philippe Estèbe, directeur de l’Institut des hautes études en aménagement et développement des territoires en Europe (IHEDATE) : « Les intitulés ministériels interviennent pour désigner un objet en train de mourir. Le dispositif historique de redistribution est complètement menacé. »

Ce 12 avril 2016 au café de Flore, Laurent Davezies, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, lui répond que l’égalité territoriale est « un terme fétiche » : « Il y a une revendication permanente pour y arriver, mais on ne peut y parvenir ! » Plutôt que de parler de ce concept, cet économiste lui préfère celui d’égalité sociale. Et Laurent Davezies de comparer les différences de PIB par habitant entre régions : « Le rapport de forces s’est dissous alors qu’elles réclament plus de solidarité. Les inégalités entre elles ont augmenté de 20 % entre 1994 et 2013 ! »

« Les régions riches n’ont plus besoin des pauvres ! »

Pour atteindre l’égalité des territoires, les deux universitaires plaident pour une meilleure prise en compte de la densité. Pour Philippe Estèbe, « il n’est pas possible de faire des impasses territoriales : il n’y a pas de désert et il y a du monde partout ! » Le géographe comparant la France et l’Allemagne : « comme nous sommes plus dispersés, nous possédons deux fois plus de bâtiments scolaires alors que nous avons le même nombre d’élèves ».

Laurent Davezies rappelle, lui, que l’égalité territoriale est « un pur fantasme » en ce sens qu’« il ne s’agit pas d’égalité en termes de PIB par habitant mais d’égalité de dépenses par kilomètre carré ». Et l’économiste de citer l’Ile-de-France, qui détient 31 % du PIB, 33 % de la masse salariale, mais seulement 22 % de la consommation des ménages. « Les inégalités de contribution à la richesse nationale ne cessent de s’accroître et les régions riches n’ont plus besoin des pauvres », assure-t-il.

La locomotive francilienne ralentit

En définitive, ces deux experts des territoires assurent d’une même voix que le fait urbain a eu raison de cette inégalité territoriale. Philippe Estèbe la théorise sous le terme de banalisation : « Depuis quinze ans, les villes se mettent à croître, à s’étaler et à concentrer les richesses. Or, cette banalisation est considérée par les ruraux comme insupportable et comme une atteinte aux services publics, car posant un problème de renouvellement de l’égalité et de la redistribution. »

Laurent Davezies s’étonne, pour sa part, d’une « une situation étonnante de surréaction au moment même où l’égalité des territoires n’a jamais été menacée » : « les wagons vont plus vite que la locomotive francilienne qui a une progression beaucoup plus ralentie par rapport aux territoires périphériques. » En plus de Paris, quatorze villes concentrent en effet 82 % des 70 000 emplois créés dans le secteur du numérique entre 2007 et 2014.

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  1. 1. Urbogéographe 18/04/2016, 16h47

    « Depuis quinze ans, les villes se mettent à croître, à s’étaler et à concentrer les richesses. Or, cette banalisation est considérée par les ruraux comme insupportable"

    Pourquoi tant de simplification et de naïveté... de la part pourtant, d'experts ?
    Non les villes ne viennent pas juste de commencer à croître. Je trouve au contraire qu'il y a une certaine forme d'égalité aujourd'hui entre les villes et les campagnes qui n'existait pas avant ni aujourd'hui dans la plupart des autres pays.
    Et ce n'est pas tant les villes qui croissent, mais au contraire les territoires ruraux des grandes aires urbaine. Autrement dit, la campagne retrouve des habitant alors qu'elle en perdait jusqu'aux années 80-90. Il y a certes une certaine autre forme d'inégalité qui croît. Mais ne simplifions pas trop ca fausse la réflexion. il faut être plus précis.

  2. 2. JO 18/04/2016, 10h31

    Laurent Davezies s’étonne, pour sa part, d’une « une situation étonnante de surréaction au moment même où l’égalité des territoires n’a jamais été menacée »
    "surréaction" qui se traduit par un vote FN.........là où les services de l'Etat ferment, les gens ont plus tendance à voter FN. M. Davezies fantasme-t-il ? Ayant travaillé et vécu en ville et en milieu rural, c'est carrément le grand écart au niveau des services rendus à la population et des ressources disponibles.

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