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Aménagement urbain

« L’Etat a une vision binaire des territoires »

Publié le • Par • dans : France

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Detroit-shrinking-cities-UNE © Albert duce / CC by 3.0

Sylvie Fol, professeur en aménagement et urbanisme à l'université Paris 1, travaille avec d’autres universitaires dans le cadre de deux projets de recherche sur la notion de « shrinking cities », ou « villes qui rétrécissent ». Un phénomène émergent en France, mais déjà bien connu aux Etats-Unis ou en Allemagne.

 

Comment peut-on qualifier les «shrinking cities»?

Cette notion est apparue aux Etats-Unis dans les années 70, dans les villes touchées par la désindustrialisation de la «rust belt». Elles montraient à la fois un déclin de leur centre, des problèmes de ségrégation, de suburbanisation. La problématique a réémergé en Allemagne au début des années 2000, avec des villes d’Allemagne de l’Est qui ont connu un fort déclin démographique, comme Dresde, Lepizig… La crise de 2008 a ravivé le phénomène, qu’on observe aujourd’hui au Japon, et même au Brésil, en Chine, avec des métropoles qui concentrent les populations, les richesses. C’est un phénomène global, qui prend différentes formes.

Comment le phénomène de décroissance se caractérise-t-il en France ?

La France connaît le meilleur taux de fécondité en Europe, mais ce contexte favorable ne suffit plus à enrayer le déclin d’un certain nombre de villes petites et moyennes. Ce déclin est caractérisé d’abord par le critère démographique, mais il doit être combiné avec d’autres indicateurs relatifs à l’emploi, aux soldes migratoires. Les grandes villes sont très peu touchées, à l’exception de quelques unes d’entre elles comme Saint-Etienne, Le Havre, Thionville, Charleville-Mézières, Douai-Lens. La plupart sont situées dans des régions en difficulté.

Avec mes collègues, nous essayons de repérer des villes qui, au lieu de rechercher à tout prix le retour de l’attractivité, essaient d’améliorer l’existant, de voir la décroissance comme une opportunité, mais en France nous ne trouvons pas encore ce type de stratégies alternatives.

 Comment les pouvoirs publics prennent-ils en compte cette question ?

D’après nos travaux, ce sont surtout les fédérations d’organismes HLM qui tentent de mobiliser les pouvoirs publics pour une prise en compte des problèmes de vacance que connaissent les bailleurs dans ces territoires. Les associations d’élus expriment parfois un sentiment d’abandon, lié notamment à la restructuration des services de l’Etat. Elles ont le sentiment que les politiques nationales sont faites pour les métropoles, et que la fusion des régions va encore accentuer l’éloignement des centres de décision. L’Etat, en matière de logement, a créé la notion de territoire tendu ou détendu, mais cette vision binaire est aveugle aux spécificités locales. Les services déconcentrés ne jouent plus assez leur rôle. De plus en plus, dans les ministères, on regarde les bonnes pratiques locales, on les diffuse mais il n’y a pas de véritable vision, d’impulsion.

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