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Grand Paris

Boulogne et Issy : les coulisses du mariage de l’année

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Régions

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PAris-Boulogne-Billancourt-UNE © Thierry from Le Plessis Robinson / Wikimedia commons

Deux des villes-phares des Hauts-de-Seine veulent fusionner au sein d'une commune nouvelle. Une initiative inédite à cette échelle. Objectifs affichés : intégrer le top 15 des villes françaises et peser face à la métropole du Grand Paris. Une opération qui doit beaucoup aussi à la proximité entre le maire historique d'Issy André Santini (UDI) et son ancien collaborateur, le premier magistrat de Boulogne, Pierre-Christophe Baguet (LR).

 

Chiffres-clés

Agenda : 22 juin

Ne manquez pas la conférence Grand Paris organisée par la Gazette : comment relever les défis institutionnels, financiers et économiques de la nouvelle métropole.

Programme et inscription

Avec l’avènement de la métropole du Grand Paris, les communes de la région parisienne cherchent leur place. Afin de peser dans le nouveau paysage, Boulogne-Billancourt, seconde ville d’Ile-de-France et sa voisine, Issy-les-Moulineaux ont décidé de se marier. Ainsi unies, elles pourraient faire partie du top 15 des villes françaises avec 183 000 habitants et plus de 375 millions d’euros de budget. Mieux gérer les services publics de proximité, réduire les dépenses si les deux villes fusionnent, faire pression sur les autres interlocuteurs … le panel des motivations est large. « Il faudra faire des efforts pour mutualiser les services. Il ne s’agit pas de réduire les effectifs mais de proposer la meilleure formule dans les meilleures conditions financières », souligne André Santini, député-maire UDI d’Issy-les-Moulineaux.

Les deux édiles se connaissent depuis une trentaine d’années. Pierre-Christophe Baguet, le maire Les Républicains de Boulogne-Billancourt a été le chef de cabinet d’André Santini à la mairie dans les années 1980. Ceux-ci espèrent boucler l’opération de création d’une commune nouvelle en juin avec l’appui de leurs conseils municipaux et du préfet d’ici la fin de l’année. Les conseillers municipaux des deux communes devraient conserver leurs fonctions jusqu’en 2020.

« Silicon Valley à la française »

« Il y a un intérêt politique et non politicien. Une ville de 183.000 habitants pèse dans les discussions face à l’État, la métropole et la région. Je viens encore d’apprendre qu’on allait nous voler 2,5 millions d’euros de dotation globale de fonctionnement », argue André Santini à la tête de la commune d’Issy-les-Moulineaux depuis 36 ans. « Nous avons des villes aux physionomies très proches. Beaucoup de gens et d’entreprises vont d’une commune à l’autre. On va pouvoir développer encore plus notre structure économique. » Dans une interview aux Échos, son homologue boulonnais parle « d’une Silicon Valley à la française » avec 40% de l’emploi cumulé dans le secteur du numérique. Les compétence de chacun et le nom de cette nouvelle commune restent encore toutefois à définir.

L’opposition de droite et socialiste réclame une consultation de la population boulonnaise et isséenne, mais le référendum n’est pas obligatoire. Elle pointe particulièrement le déséquilibre entre les dettes des deux villes, 630 euros par habitant à Boulogne-Billancourt contre 12 euros à Issy-les-Moulineaux selon des statistiques de 2014. « On ne s’y oppose pas automatiquement mais à défaut d’un référendum, nous souhaitons au moins un débat public. Aucun des protagonistes n’en avait parlé dans son programme », répète Thomas Puijalon, conseiller municipal d’opposition à Issy-les-Moulineaux qui a appris la nouvelle au détour d’une conversation avec le maire de Boulogne-Billancourt. Lui attend de juger le projet sur le papier : « Si c’est pour que M. Santini soit le dernier maire d’Issy et que M. Baguet soit plus gros dans la métropole… On est à une époque où on sort de l’élu omniscient qui décide de tout pour la population. » Les deux mairies promettent une prochaine campagne de communication à destination des habitants.

Vers d’autres fusions ?

Il n’y a pas de “loup” pour Michel Klopfer, dont le cabinet a remis un audit financier aux villes il y a quelques semaines. « Les taux d’imposition ne sont pas trop éloignés et les ratios d’endettement sont sains avec moins de 3,5 ans de capacité de désendettement dans les deux communes. Mais en matière de dotations et de péréquation, aucun gain certain ne peut être escompté », estime-t-il.

Au 1er janvier 2016, l’Association des maires de France recensait 317 “communes nouvelles” nées de la fusion de 1090 collectivités. Depuis le vote de la loi Mercier en 2010, amendée en mars 2015, l’État a encouragé de tels mariages en mettant sur la table des garanties financières et juridiques comme un pacte financier maintenant pendant trois ans le niveau de dotations budgétaires. Mais cette condition doit expirer fin juin et est uniquement accessible pour les communes de moins de 10.000 habitants. Initialement tourné vers les communes de petite taille en zone rurale, des projets de fusion ont aussi été affichés dans les zones urbaines et péri-urbaines. La plus importante d’entre elles est Cherbourg-en-Cotentin qui regroupe plus de 83.000 habitants après la fusion de la ville avec quatre autres communes de la communauté urbaine, désormais dissoute.

« Ce n’est plus seulement une problématique pour le bocage dans le grand Ouest. C’est devenu une autre façon d’organiser le territoire », assure Vincent Aubelle, professeur associé à l’Université de Paris-Est-Marne-La-Vallée missionné par l’AMF et la Caisse d’Épargne pour un rapport d’étape sur les communes nouvelles dont les conclusions seront rendues publiques au prochain Congrès des maires. Lui voit dans cette fusion une « préfiguration éventuelle d’une extension du périmètre de la ville de Paris » avec Boulogne-Issy devenant le 21ème arrondissement de Paris.

L’an dernier, les huit communes de la communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO), devenue établissement public territorial et présidé par le maire de Boulogne, avaient déjà émis l’envie de fusionner face à la baisse des concours financiers de l’État aux collectivités territoriales. Mais le projet avait été abandonné. « Ce n’était pas évident d’imaginer des villes de la taille de Boulogne-Billancourt et d’Issy-les-Moulineaux avec des communes qui ont une population moitié moins importante allant de 20.000 à 50.000 habitants. Elles n’avaient pas toutes la même sociologie. Il y a eu beaucoup d’interrogations », se remémore Hervé Marseille, le sénateur-maire UDI de Meudon et ancien collaborateur d’André Santini qui avait porté l’initiative. Et de poursuivre qu’à GPSO, « le calendrier de ce mariage Boulogne-Issy est dans tous les esprits. Les autres communes vont réfléchir. Soit on fusionne, soit on reste comme on est. »

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