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Inégalités

Grand Paris : « La question de la mixité sociale a été oubliée »

Publié le • Par • dans : Régions

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pauvreté © Flickr CC by Klovovi

A l'heure de la construction du Grand Paris, le Secours Catholique veut attirer l'attention sur l'aggravation des inégalités sociales en Ile-de-France. L'étude « La fracture territoriale », dévoilée ce lundi 11 avril 2016, propose une analyse croisée des données disponibles sur la question. Face à des conclusions alarmantes, l'association demande à ce que le mixité sociale soit enfin au programme.

 

L’Ile-de-France (8 départements, 1281 communes, 12 M d’hab.) est la région la plus riche et la plus inégalitaire de France. Une réalité connue mais que le Secours Catholique a voulu démontrer à travers l’étude « La fracture territoriale », qui croise des données sur la dernière décennie et sur différentes thématiques : revenus, éducation, hébergement d’urgence, logement social… « Nos bénévoles nous alertent sur la situation de grande précarité que connaissent, selon leurs observations, de plus en plus de foyers. Nous voulions prendre l’exacte mesure de cette tendance », précise Hervé de Souich, président de la délégation des Yvelines et co-auteur de l’étude, « d’ailleurs, nous demandons la création d’un observatoire pour poursuivre le travail que nous avons entamé ».

Concentration de la pauvreté

L’étude souligne que, si le revenu annuel disponible médian francilien est le plus élevé de métropole, la proportion de pauvres y est plus importante qu’au niveau national : 15 % des ménages (soit près de 1,8 million de personnes) disposent de moins de 990 € contre 14,3 % au niveau national. Les auteurs démontrent que cet ancrage des inégalités se serait aggravé ces dernières années, concernant en particulier la Seine-saint-Denis, le Val d’Oise et le Val-de-Marne. Par ailleurs, la part d’enfants en situation de pauvreté varie fortement d’un département à l’autre : elle est trois fois plus élevée en Seine-saint-Denis que dans les Yvelines (41,8 % vs. 15,4%). Concernant les logements sociaux, un paramètre hautement révélateur, « plus faible est le revenu par habitant, plus élevée est la densité du parc social » insiste l’étude, précisant qu’« au niveau communal, le parc social des communes les plus pauvres a tendance à s’accroître plus vite que dans les autres communes ».

 

Casser la spirale

« Globalement, la fracture va continuer de s’aggraver si on laisse faire ces tendances, alerte Hervé de Souich. La pauvreté engendre la pauvreté. Par exemple, là où il y a faiblesse des revenus, il y a aussi risque de retard scolaire. » Selon l’analyse du Secours Catholique – qui rejoint celle de nombreux observateurs – la solution passe par une meilleure répartition du logement social. « Or, on remarque un fort rejet de la précarité dans les quartiers favorisés. Il n’y a qu’à penser au triste épisode du XVIe arrondissement [refus d'un projet de construction d'un centre hébergement d'urgence par les riverains du bois de Boulogne, Ndlr]… », rappelle Hervé de Souich. « Du côté des élus, construire du logement social n’est pas une politique qui rapporte. On en voit les effets positifs des années plus tard. Et même si un élu était extrêmement volontariste, le prix élevé du foncier est un vrai obstacle. Les acteurs du Grand Paris ont concentré leurs efforts sur les infrastructures, le développement du transport, mais sans avoir réalisé des préemptions avant la spéculation immobilière », ajoute-t-il. « Clairement, la question de la mixité sociale a été oubliée. »

Ouvrir le débat

Le Secours Catholique veut dialoguer avec les élus et les collectivités de la question des inégalités afin de faire valoir l’idée que « si on calcule le total de toutes les aides versés aux personnes en situation de précarité, investir dans la lutte contre les inégalités ne coûterait peut-être pas plus cher », avance Hervé de Souich. Mais, pour l’heure, le sujet ne semble guère intéresser : « Nous n’avons pas encore eu de retour de la région, de la préfecture ou de la Drihl [Direction régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement], que nous avons démarchés », confie le délégué des Yvelines. Mauvais signe supplémentaire, la décision de la région, prise le 7 avril 2016, de mettre fin au financement des logements sociaux dans les communes qui ont déjà 30 % de logements PLAI et super PLAI. Bien que minime, la subvention régionale est déterminante pour le lancement d’une construction. « La présidente de la région, Valérie Pécresse, n’a pas dit qu’elle inciterait les communes en dessous de ce taux à construire. Et c’est pourtant bien ce que nous attendions », regrette, amèrement, Hervé de Souich.

 

Les principales demandes du Secours Catholique-Caritas France

  • Intégrer au Schéma régional de l’habitat et de l’hébergement (SRHH) un plan de construction de logements réellement accessibles (PLAI et super PLAI).
  • Réaliser ces nouveaux logements sociaux dans les communes les plus favorisées, afin, aussi de limiter la formation de ghettos.
  • Elargir l’expérimentation de l’encadrement des loyers aux territoires les plus défavorisés.
  • Créer un observatoire chargé de mesurer l’évolution de l’équilibre territorial de l’Ile-deFrance, composé de représentants de l’Etat, de la région et du secteur associatif.

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