En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X

Club RH

3

Commentaires

Réagir

Formation

« Le CNFPT peut devenir un lieu d’expérimentation » – François Deluga

Publié le • Par • dans : A la une, A la une emploi, A la Une RH, Actu Emploi, France, Toute l'actu RH

3

Commentaires

Réagir

francois-deluga © Patricia Marais

Le président du CNFPT a essuyé ces derniers mois de nombreuses critiques concernant la gestion de l’établissement. Il démarre néanmoins l’année les yeux rivés sur le nouveau « projet » 2016-2021.

 

Chiffres-clés

133 €

C’est le coût moyen d’une journée de formation au CNFPT en 2015, contre 148 € en 2008.

Se concentrant sur les perspectives d’amélioration et sur les projets d’avenir, François Deluga n’en a pas moins la dent dure contre les critiques qui ont placé le CNFPT sur la sellette ces derniers mois.

Que répondez-vous aux charges répétées contre le CNFPT venant de la Cour des comptes, des politiques ou encore des rangs de la territoriale ?

Le CNFPT a considérablement évolué : de nombreux censeurs ne le savent pas, car ils ne travaillent pas assez pour le savoir. Ils restent sur des poncifs et des propos de comptoir. Le CNFPT a augmenté son activité de 40 % et a introduit énormément de rigueur dans la gestion de ses finances. Mais certains pensent que le privé devrait former les territoriaux. Cela revient à avoir un débat de fond pour savoir si la loi de décentralisation de 1984 a été bien menée ou pas. A nos yeux, c’est le cas, et la FPT a été capable de s’adapter en permanence, avec un niveau de compétence extrêmement élevé. Que des lobbys veuillent prendre la main sur un marché, au travers de leurs représentants politiques ou autres, est un fait. Je ne vais pas répondre du matin au soir à ceux qui restent dans l’idéologie. Ces gens-là sont, par leur discours, en train d’affaiblir la République.

Le CNFPT ne doit-il pourtant pas encore se réformer ?

Comme toute structure publique ou privée, le CNFPT doit se réformer continuellement, au bon sens du terme, pour s’adapter au monde qui change et être plus efficace. Dans une période financièrement difficile, il doit se montrer plus économe et mieux utiliser l’argent public. C’est intrinsèque à ce que doit être la gestion publique et c’est ce que l’on s’évertue à faire depuis 2008… et même avant !

La gestion financière de l’établissement a, en effet, été beaucoup critiquée…

Nous avons progressé sur la rigueur et la conformité de la gestion de l’établissement. J’aurais aimé que dans la communication « politique » de la Cour des comptes, cela soit rappelé. Je comprends tout à fait que l’on puisse considérer qu’il y a des points à améliorer, et c’est bien qu’il y ait un regard extérieur. Quand la Cour a raison, nous suivons ses préconisations. Quand elle se trompe, nous ne les suivons pas. Ainsi, quand elle affirme que le CNFPT ne forme pas les contractuels, je suis sidéré qu’elle use de tels coups de menton en se trompant de manière flagrante !

 

Quel bilan tirez-vous de la mise en œuvre du plan national de développement 2010-2015 ?

Notre réussite est la marche vers l’égalité d’accès à la formation de tous les territoriaux, avec les mêmes droits et les mêmes chances. Cela se traduit aussi, selon les collectivités, par le fait de répondre de mieux en mieux et de plus en plus aux besoins des agents. Aujourd’hui, c’est à partir des besoins des collectivités que nous élaborons notre offre de formation. L’un des enjeux des prochaines années est de renforcer le développement des plans de formation au sein des collectivités. Nous avons d’ailleurs un rôle très important à jouer avec les centres de gestion, notamment pour les petites communes.

Quels sont les points qu’il reste à améliorer ?

Le travail de mise à niveau a été fait. Il faut maintenant améliorer notre qualité sur les plans juridique, financier et réglementaire, désormais respectés. Nous avons gagné des « parts de marché » pour atteindre aujourd’hui 54 % de la consommation des crédits de formation. Auxquels l’on ajoute les 18 points des formations dispensées par les collectivités, par l’intermédiaire de formateurs eux-mêmes formés par le CNFPT. Il y a aussi un basculement des formations lié à la baisse des dotations, cumulé au fait que plus de 95 % de nos formations ont été rendues gratuites en 2015. Ce qui a créé un appel d’air et une croissance de notre activité. Le CNFPT dépassera assez largement les 55 % dans les deux à trois ans qui viennent. La part de formation restante demeure au privé. Le CNFPT a vocation à couvrir le champ le plus large possible, mais il ne couvrira jamais la totalité de la formation.

Quel est le nouveau projet du CNFPT pour les années 2016-2021 ?

Il s’appelle « Le Projet » et comporte deux ambitions majeures : accompagner les évolutions propres à l’action publique locale et développer une offre de service de qualité. Ce projet, relativement consensuel, rédigé sous la forme d’un document d’orientation d’une vingtaine de pages, poursuit la réforme de l’établissement, notamment sur les thèmes du numérique, de la territorialisation et de la qualité du service rendu. En fonction de la situation, des finances et de la demande des collectivités, nous poursuivrons les réformes. Nous travaillerons aussi sur l’expérimentation, par exemple sur la transition professionnelle choisie ou subie. Nous testerons ainsi un certain nombre de dispositifs que nous pourrons proposer à l’Etat et généraliser. Le CNFPT peut devenir un lieu d’expérimentation pour préparer les politiques nouvelles.

 

Etes-vous confiant au sujet du retour au 1 % de cotisation en 2017 ?

Lors du débat au Sénat, l’ex-ministre de la Fonction publique a dit : « Nous baissons la cotisation de 1 % à 0,9 % en 2016 pour résorber la trésorerie de l’établissement et, l’année prochaine, nous rétablirons le 1 %. » Je suppose que c’est ce qui sera fait. J’ai eu un bon contact avec la nouvelle ministre qui m’a paru très à l’écoute et très compétente. Nous ne sommes pas dans une course effrénée aux JFS (« journées formation stagiaires », ndlr). Avec près de un million de stagiaires cette année, nous considérons avoir atteint l’étiage et qu’il ne faut pas aller au-delà.

Haut de page

3

Commentaires

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

Mots-clés

Thèmes abordés Fonction publique territorialeFormation fonction publique

3 Commentaires

Ajouter un commentaire
  1. 1. Isa 10/04/2016, 18h27

    Je suis formatrice pour le CNFPT ainsi que des organismes privés depuis plusieurs années. Les cadres du CNFPT passent énormément de temps en réunions philosophiques diverses, mais ne sont pas du tout disponibles pour assurer ce qui devrait accompagner la qualité de nos formations : des coquilles graves et répétées dans les impressions de documents stagiaires ("on ne peut rien faire, c'est imprimé dans un autre cnfpt"), pas d'aide sur les problèmes de bureautique, voire pas de feutres nécessaires, pas d'eau pour les stagiaires, pas de sanitaires décents, ... Un minimum pour que les stagiaires ne se sentent pas des indigents. Et aucun retour sur nos bilans, qui ne sont certainement pas lus. Pas de réactivité, pas de suivi, pas d'information sur ce qui nous intéresse. Souvent très démotivant ; heureusement que nous avons le retour positif de nos stagiaires !

  2. 2. Hum 08/04/2016, 14h53

    Formidable !! "nous considérons avoir atteint l’étiage et qu’il ne faut pas aller au-delà".
    Monumental CNFPT qui ne veut pas aller plus haut que plus bas ... tout est dit !
    J'espère que la Ministre de tutelle appréciera !

  3. 3. nini59 08/04/2016, 14h03

    La fin de l'interview est ambigüe. Que veut dire "nous avons atteint l'étiage et il ne faut pas aller au delà"? L'étiage étant le point bas d'un cours d'eau, le mot signifie-t-il qu'il ne faut pas baisser davantage le nombre de formations?

  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.