Déchets

Les sites de compostage de proximité font leurs portes ouvertes

Par • Club : Club Techni.Cités

Flickr CC by normanack

C’est la « petite » solution qui monte : le compostage des restes alimentaires, en pied d’immeuble ou sur un espace vert public, compte de plus en plus d’adeptes… et de collectivités partenaires. La gestion in situ des biodéchets est, de toute façon, un volet obligatoire des politiques de prévention. Du 1er au 10 avril, le compostage de proximité est au cœur d’une semaine nationale, donnant libre accès aux sites.

Du 1er au 10 avril 2016, la semaine nationale du compostage de proximité propose, dans 220 communes, plus de 400 événements, essentiellement des « portes ouvertes » – sur des sites en plein air. « Ce type de visite change le regard des gens, notamment des élus : en 2009, l’adjoint au maire de Paris chargé de la gestion des déchets, François Dagnaud, s’est rendu sur un site de compostage en pied d’immeuble, initié par des habitants. L’année suivante, la capitale lançait son programme d’appui à cette gestion de proximité », rappelle le « maître-composteur », Jean-Jacques Fasquel, fondateur de Compostory et membre du réseau Compost citoyen.

Une pratique marginale, croulant sous la demande

Le compostage de proximité concerne en France quelque 150 000 habitants sur 1 200 sites, traitant 50 000 tonnes de déchets de cuisine, évalue, « au doigt mouillé », Denis Mazeaud, de l’Ademe. La pratique est certes «marginale, comparée aux 6 millions de tonnes de biodéchets (de jardin majoritairement) traités à domicile, essentiellement en milieu rural », concède l’ingénieur.

« Mais elle progresse très vite en zone urbaine et en milieu scolaire », poursuit Jean-Jaques Fasquel qui, en 2008, installa le premier site parisien de compostage collectif dans sa résidence du XIIème arrondissement. L’aire de compostage de quartier, implantée par ailleurs à la maison des associations XIIème, recueille les biodéchets de 130 foyers résidant dans un rayon de 500 mètres. « Il y en a 60 sur liste d’attente et les sollicitations sont quotidiennes, indique le consultant-formateur en développement durable, qui eut une vie professionnelle antérieure dans le monde du spectacle. Même situation sur les sites similaires des XIIIème et XVème arrondissements. La demande s’exprime aussi massivement dans les projets candidats au financement municipal via le budget participatif  ».

Aux bioseaux, citoyens !

Pour Denis Mazeaud, le compostage est « le seul mode de traitement qui permette une gestion autonome par l’habitant et puisse, de surcroît, être pratiqué à toutes les échelles : appartement (lombricompostage), immeuble, résidence, quartier, établissement de restauration. Cette prise en charge directe des déchets par leurs producteurs en fait aussi la seule solution éligible au qualificatif de ‘citoyen’ », considère l’expert en prévention et gestion de proximité des biodéchets.

« Les gens sont ultra-motivés, c’est une souffrance pour eux que de jeter dans la poubelle de résiduels, les restes alimentaires – considérés comme une ressource, observe Jean-Jaques Fasquel. Je suis persuadé que, si demain Paris instaure une collecte en porte-à-porte des biodéchets, les participants au compostage de proximité continueront à venir vider leur bioseaux et récupérer du compost. »

Pour Denis Mazeaud, cette solution « responsabilise l’usager, qui s’interroge sur les volumes de déchets qu’il produit, le gâchis, le devenir des diverses matières, les techniques de traitement et leurs impacts environnementaux … » Auparavant « consommateur du service assuré par la collectivité, il reprend la main sur une partie de la gestion des déchets », complète Jean-Jacques Fasquel. D’où « l’effet levier » du compostage sur le tri des emballages et papiers : + 10% sur une collectivité rurale de Vendée, cite Denis Mazeaud.

 

 

 

 

Commentaires

1  |  réagir

01/04/2016 09h13 - Viniasco

Le compostage c’est très bien, mais c’est encore de la gestion des déchets. Dans certaines collectivités, ça devient un service à part entière avec un budget conséquent.
On oublie (omet) que les vrai gestes de prévention sont la lutte contre le gaspillage alimentaire, passer la tondeuse moins souvent ou planter des haies à croissance lente. Mais évidemment c’est beaucoup plus difficile de travailler sur ce thème que de promouvoir le compostage de proximité, qui n’a rien de simple non plus.

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