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Les animateurs, grands oubliés de la réforme des rythmes scolaires ?

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Actu Emploi, France, Toute l'actu RH

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école crayon rythmes scolaires © Flickr CC by sa Danielle Kellogg

Les animateurs seront-ils les dindons de la farce de la réforme des rythmes scolaires ? La façon dont le ministère de la Ville, de la Jeunesse et des Sports tente actuellement de passer en force pour pérenniser les taux d’encadrement des temps d’activités périscolaires (TAP) inquiète en tout cas le SEP UNSA, syndicat représentant les animateurs.

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Rythmes scolaires : comment mettre en place la réforme, à quels coûts ?

 

Il y a bientôt trois ans, sous la pression des maires, le gouvernement acceptait, à titre expérimental, un assouplissement des taux d’encadrement des temps d’activités périscolaire. Depuis, le décret 2013-707 du 2 août 2013 autorise leur baisse pour les accueils périscolaires organisés dans le cadre d’un Projet éducatif de territoire (PEDT) à raison d’un animateur pour 14 enfants de moins de 6 ans (au lieu de un pour dix), et d’un animateur pour 18 enfants de plus de 6 ans (au lieu de un pour 14).

Ce même décret prévoit des modalités d’évaluation très claires : six mois avant son expiration, les signataires d’un PEDT au niveau local – élus, associations, établissements scolaires, services déconcentrés de l’Etat, Caisse d’allocations familiale (CAF) – devaient évaluer l’impact du décret, et faire remonter leurs conclusions aux rectorats et aux directions départementales interministérielles (DDI), pour une synthèse aux deux ministères concernés.

Enquête contre enquête

« Sauf que ce travail n’a pas été fait ! déplore Patrice Weisheimer, secrétaire général du SEP UNSA. Le gouvernement s’est contenté d’une enquête auprès des collectivités et des DDI. »

Le 16 mars 2016, lors du Conseil national de l’éducation populaire et de la jeunesse (CNEPJ), le gouvernement présentait « pour information », un projet de décret pérennisant les dispositions du 2 août 2013.

Sans surprise, l’enquête du ministère montre que les collectivités sont 88,5% à vouloir continuer à appliquer le desserrement des taux.

Le SEP UNSA a donc sondé les animateurs en urgence pour tenter de peser sur les discussions. Sur 2970 répondants, 87,7% considèrent que la modification des taux d’encadrement a dégradé la qualité éducative de l’accueil périscolaire, et 81,5% la sécurité des mineurs, alors que les collectivités sont respectivement 62% et 67,7% à affirmer le contraire.

90,3% des animateurs déplorent un impact négatif sur leurs conditions de travail. L’enquête auprès des DDI (voir encadré) rapporte bien un fléchissement de la qualité éducative, mais compensée par une massification des accueils périscolaires, l’objectif numéro un du gouvernement.

Enjeu de formation des animateurs

« Nous souhaitons revenir aux taux d’encadrement précédents » martèle Patrice Weisheimer, qui exige avec d’autres syndicats, une évaluation qui s’inscrive dans l’esprit de la réforme des rythmes, « en co-évaluation ».

Pour Pierre-Alain Roiron, maire de Langeais et président de la commission éducation de l’Association des maires de France (AMF), « il ne faut pas non plus exagérer l’impact du desserrement des taux. L’évaluation [NDLR : du ministère] donne un aperçu intéressant de la réalité. A partir du moment où l’expérimentation n’a pas mis en danger les enfants, je ne vois pas pourquoi on reviendrait sur les taux d’encadrement. Pour nous, le problème se situe davantage sur la formation des animateurs, et la professionnalisation du métier. Les emplois proposés sont précaires ce qui entraîne un fort turnover. »

De son côté l’Association nationale des directeurs d’éducation des villes (Andev), qui n’a jamais approuvé la baisse des taux, se veut réaliste : « Pour les grosses collectivités, le coût est énorme. Le gouvernement vient de pérenniser le fonds de soutien aux collectivités, ce n’est pas pour augmenter les taux d’encadrement. Le combat, maintenant, c’est la formation des animateurs », affirme Paul Monnoyer, président de l’Andev, qui annonce des recommandations dans ce sens d’ici quelques semaines.

Collectivités et services déconcentrés de l’Etat n’ont pas la même vision

Appelées à se prononcer sur les impacts du décret du 2 août 2013, les Directions départementales interministérielles (DDI) soulignent de nombreux inconvénients liés à la baisse des taux d’encadrement des temps d’activités périscolaires, contrairement aux collectivités majoritairement satisfaites : « une réduction de l’ambition éducative » pour les accueils préexistants, « une diminution, voire un abandon des activités en petits groupes » ; « un accroissement de la fatigue des enfants et des encadrants » ; « une dégradation des conditions de travail des animateurs ».

Certains services mentionnent l’inexpérience et le manque de cohésion des équipes. Le principal bénéfice de la réforme, selon les DDI, étant d’avoir permis de nouveaux accueils (+24% depuis l’année 2013/2014).

 

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