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[Opinion] Social

Et si la petite enfance était l’avenir du social ?

Publié le • Par • dans : France, Opinions

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enfance-construction-une © katyspichal - Fotolia.com

Le « social » est en crise. Mais, dira-t-on, qu’est-ce qui n’est pas en crise ? Elle semble l’apanage de la modernité à partir du moment où l’idée de progrès s’est disloquée.

Jérôme Bonnemaison © J.B.

Jérôme Bonnemaison, Ancien directeur de la petite enfance à Toulouse, auteur de "La petite enfance dans la cour des grands, des métiers, une politique à redécouvrir" à paraître en août 2016

 

Le « social » est en crise. Mais, dira-t-on, qu’est-ce qui n’est pas en crise ? Elle semble l’apanage de la modernité à partir du moment où l’idée de progrès s’est disloquée. Après les années pionnières de la décentralisation, l’aventure de l’insertion avec le RMI, celle de la politique de la ville, le FSL…

Le secteur, immense, constate que bien que le « social » représente des sommes supérieures au budget de l’Etat, si l’on agrège protection et action sociales, il ne parvient pas à contrecarrer les inégalités, se sent « débordé », se voit tonneau des Danaïdes. Le doute nous frappe. Nous voyons certes fleurir de nouveaux débats, autour du « care » ou de l’« empowerment », mais le scepticisme l’emporte, avec le risque de l’entropie.

Je crois à un avenir du social. Il a le nom de « petite enfance ». Il est temps de « politiser » la petite enfance au sens où elle mérite d’être érigée en « politique publique » et non plus considérée comme un service à la population neutre, exercé par des spécialistes en puériculture, qui effectueraient leur métier de manière indifférenciée.

Renouer avec la notion d’investissement social

Développer la petite enfance coûterait moins cher que son insuffisance. Mais cela supposerait de réfléchir en termes de coût global et non de budgets cloisonnés, et de renouer avec la notion d’investissement social, à une époque où l’on est obsédé par la dette.

On parle de « vivre ensemble », mais où se noue-t-il ? Dans les crèches, où l’enfant rassemble. C’est un allié considérable contre l’anomie. C’est un poncif de rappeler que les inégalités se structurent dès le plus jeune âge, et ça l’est aussi de souligner que les traumatismes infantiles ont des « ondes gravitationnelles » incomparables. Pourtant, nous n’en tirons pas les conclusions !

Les études montrent que les enfants passés par les structures de petite enfance de qualité connaissent un destin plus heureux. Pour des enfants vivant dans un climat de grande difficulté, c’est déjà la certitude qu’un monde apaisé est possible, et cette lumière est promesse de résilience.

Qui nierait l’impact de ces lieux, qui ne méritent pas la qualification réductionniste de « structure de garde », sur l’égalité femmes-hommes, mais aussi sur l’égalité filles-garçons si l’on s’en empare ?

Ces espaces coéducatifs, désormais choyés par les architectes, sont des poumons de sens au sein d’un quartier, des lieux rares de mixité sociale. Ce sont de potentielles plateformes pour un accompagnement à la parentalité qui est malheureusement, car peu mesurable, le parent pauvre de nos politiques, alors que l’on sait l’immense difficulté à se saisir de son rôle de parent en notre temps, pas seulement pour les plus précaires.

Dans les crèches, on transmet le talisman de la lecture, on travaille avec les musées. On peut s’appuyer sur des équipes qualifiées et polyvalentes, et sur des partenariats avec les chercheurs.

Mais encore… La petite enfance peut être un domaine d’expérimentation d’un service public du XXIè siècle équitable et transparent, à travers les processus d’admission. Elle peut impulser une dynamique de modernisation démocratique du monde public, si on l’aborde non pas avec un regard parfois condescendant (les « nounous »), ou productiviste (le mécanisme de financement évolue en ce sens).

Les conseils de crèche peuvent être des lieux où l’on dépasse la consultation de posture et où l’on vient élaborer sincèrement, autour de ce qui est le plus précieux.

Et si, pour apaiser notre société, on commençait par le début ?

 

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  1. 1. Galadrielle 13/04/2016, 18h30

    Je travaille dans le domaine de la petite enfance. J'ai vu du "bon" et du moins "bon", j'ai vu des équipes impliquées jusqu'à l'épuisement, j'ai vu des équipes peu soucieuses du bien être des enfants et de leurs parents, j'ai vu des organismes "vendre des projets au top" sur le papier mais pas dans la réalité quotidienne : des échanges en anglais via tablettes et ordinateurs, formidable ! mais en même temps ne pas remplacer le personnel absent ou ne prendre en compte que le minimum légal d'encadrement pour exemple. Après tout il faut être rentable, les enfants n'étant réduit qu'à un simple nombre. Alors je suis d'accord : il faut repenser "la petite enfance" car tout commence à se jouer à ce niveau là. Pour moi cela ne devrait pas être un "service" seulement rentable. Les enfants que nous accueillons sont notre avenir, nous nous devons de les accueillir au mieux dans leurs diversités , croire en eux et leur ouvrir les chemins du possible. Or il me semble qu'actuellement on envisage ce secteur sous un aspect avant tout rentable, avec peu ou pas de considération pour les personnels travaillant dans ce domaine (le plus "drôle" se sont le nombre de publicités de plus en plus nombreuses vantant les mérites des métiers de la petite enfance, qui oublient toutefois de préciser le peu de reconnaissance de ceux-ci et notamment en terme de salaire.
    Je pense qu'il devient urgent de réfléchir à L 'ÉDUCATION que l'on souhaite offrir aux enfants.

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