En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X

Club RH

10

Commentaires

Réagir

Fonction publique

« Le statut de la fonction publique est un vrai bon sujet de campagne présidentielle »

Publié le • Par • dans : France, Toute l'actu RH

10

Commentaires

Réagir

vote-election-drapeau-urne-une © Guillaume Le Bloas -Fotolia

Le politologue et DGS de Quimper Jean-Luc Boeuf prône une réforme en profondeur de la fonction publique territoriale. Cela ne l’empêche pas de jeter un regard critique sur certaines propositions des Républicains. Entretien.

 

Le non-remplacement d’un fonctionnaire territorial sur deux vous paraît-il gage d’efficacité publique, ainsi que le soutiennent Les Républicains ?

Cette mesure pourrait désorganiser les services et, surtout, obliger les collectivités à recourir à des prestataires extérieurs. Elle risquerait donc de coûter plus cher aux collectivités qu’elle ne pourrait rapporter. Elle serait d’autant plus inopportune que le principal levier d’économie et de rationalisation est déjà actionné : c’est la baisse des dotations. Dans ces conditions, les maires Les Républicains vont difficilement accepter l’imposition d’une norme « supra » initiée par leur appareil central. Quant aux électeurs fonctionnaires, ils risquent de se tourner encore davantage vers le Front National.

La fin du statut de la fonction publique pour les nouveaux entrants dans les collectivités vous paraît-elle une meilleure piste ?

A coup sûr, oui. Cette approche fondée, comme la loi Galland de 1987, sur une logique d’emploi, et non de corps, crée une dynamique sans braquer les personnels actuels et remettre en cause les pouvoirs des maires en matière de recrutement. Le statut de la fonction publique est un vrai bon sujet de campagne présidentielle.

Etes-vous favorable, comme les Républicains à deux jours de carence dans la fonction publique ?

Je suis même partisan d’aller jusqu’à trois jours, comme ce qui se fait dans le privé. La lutte contre l’absentéisme constitue notre principal gisement d’économie et d’efficacité, particulièrement dans les directions à gros effectifs.

Plaidez-vous, enfin, pour une augmentation du temps de travail ?

C’est le deuxième grand enjeu, avec le statut. Aujourd’hui, beaucoup d’agents locaux travaillent 35 heures par semaine mais bénéficient en plus des RTT. Pour atteindre le temps de travail des agents de l’Etat qui s’élève à 1593 heures, il y a encore beaucoup à faire. A Quimper et Quimper Communauté, nous restons à 1 546. Si nous passions à 1 593 heures, nous économiserions plus de 20 emplois temps plein, ce qui ne serait pas neutre pour deux entités de près de 2 000 agents au total.

 

Haut de page

10

Commentaires

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

10 Commentaires

Ajouter un commentaire
  1. 1. Miette 23/03/2016, 19h51

    En écho à Monsieur Rémy Petiot, la fonction publique sur une logique d'emploi donnera bien une administration aux ordres. Le statut et la sécurité de l'emploi étaient destinés à assurer la continuité du service public et aussi l'indépendance des fonctionnaires vis à vis des pouvoir. La rémunération publique tient le fonctionnaire éloigné de la corruption...

  2. 2. Rémy PETIOT 23/03/2016, 16h44

    Il y a certes à rechercher avant tout l'efficacité dans l'exercice du service public dont le coût et les prestations sont à la mesure de ce que les contribuables peuvent supporter, mais surtout préciser les missions indispensables en temps de vaches maigres.
    Je persiste, en tant que citoyen (et aussi en temps qu'ancien cadre de la territoriale) à dire que le rôle de la fonction publique territoriale est avant tout d'assurer l'équité et la légalité de prestations aux citoyens, avant celui de répondre aveuglément à toutes sollicitations diverses et (a)variées des élus, parfois relayées, intimées, que dis-je, sublimées par leurs fidèles servants (le moindre signe d'infidélité leur vaudrait le placard).
    C'est ce que je crains en tant que citoyen: que la fonction publique ne devienne plus qu'une milice servile de quelques élus dirigée par de vaillants soldats sans statut mais taillables et corvéables à merci.

  3. 3. Miette 23/03/2016, 16h11

    "l’absentéisme constitue notre principal gisement d’économie et d’efficacité" selon Jean-Luc Boeuf et le "présentéisme" Monsieur Boeuf, fait chuter la "productivité". Regardons un peu vers les pays nordiques. Par ailleurs, acculer les agents à ne plus accepter une semaine de congés maladie lorsqu'ils sont souffrants à cause de trois jours de carence, c'est de la maltraitance, c'est du mépris.

  4. 4. Aniki 22/03/2016, 14h56

    "Aujourd’hui, beaucoup d’agents locaux travaillent 35 heures par semaine mais bénéficient en plus des RTT."

    On a droit à des RTT quand on est aux 35h/hebdo maintenant?? Mince alors, faut que je prévienne mon patron!!!
    Il est cool ce DGS!!

  5. 5. Ludo 22/03/2016, 11h52

    Bonjour.

    Effectivement les propos de Monsieur Leboeuf sont ultra simplistes. 2 ou 3 calculs vites faits par lesquels on multiplie l'effectif par le nombre d'heures que l'on ferrait travailler en plus au personnel , et comme par miracle 20 postes sortent du chapeau. Si cette méthode est parfaite vu d'un tableur exel, elle est rarement si probante sur le terrain. par contre le recul social et la frustration ressentis par le personnel sont bien réels.
    Faire avancer une organisation de travail aujourd'hui ne se résume pas à une décision autoritaire venant du haut et imposant un recul social, comme cela se pratiquait dans les années soixante.
    Aujourd'hui la tendance est aux structures de travail libérée, ou les agents sont partie prenante des organisations de travail, où une large part est laissée à l'autonomie et à l'initiative, ou la hiérarchie est réduite au strict nécessaire. C'est ainsi que l'on peut évoluer, se moderniser, innover. Nous sommes donc à milles lieux des propositions gestionnaires, approximatives et insuffisamment renseignées évoquées dans cet article.

  6. 6. sylma 22/03/2016, 07h52

    je suis fonctionnaire territorial depuis 12 ans et je pense qu'il faut faire du cas par cas.
    je travail 40 heures par semaine pour avoir des RTT, et non pas 35 heures.
    On devrait embaucher les agents, non pas avec un grade comme actuellement , mais avec une vrai qualification et donc une reconnaissance du savoir faire .
    Il faut effectivement réduire le nombre de fonctionnaire ,en faisant bien attention à supprimer des postes inutiles.(MSA,dans les conseils régionaux,pole emploi,et voir les ministères,ect.....)
    Que l'état arrête de gaspiller ses deniers. Qu'il supprime les retraites dorées et les emplois inutiles de la catégorie A des fonctionnaires,sans oublier les dotations mirobolantes de nos chères politiques qui n'écoute pas leur électeurs.

  7. 7. Paca44 21/03/2016, 09h58

    Bonjour,
    C'est "amusant" de constater encore une fois que l'on ne cite que ce qui arrange. Les trois jours de carence dans le privé : les statistiques fournies lors de la mise en place de ce système dans la fonction publique, puis lors de son retrait ont montré qu'elles ne s'appliquaient pas concrètement à une majorité des salariés du privé. Par ailleurs, au moins dans ma collectivité, on s'est aperçu que les agents, pour ne pas perdre de salaire, posaient des jours de congés ou de RTT ; preuve que les jours d'absence ne sont pas tous injustifiés alors que c'était l'argument largement avancé lors de la création de cette mesure.
    C'est assez décevant venant de la part d'un politologue et DGS d'une grande collectivité et donne alors peu de crédit aux propos.
    "Beaucoup d'agents locaux travaillent 35 heures par semaine mais bénéficient en plus des RTT". Encore une affirmation gratuite qui flatte les oreilles des anti-fonctionnaires. Beaucoup, qu'est-ce que cela signifie ? Manque de rigueur intellectuelle ou réelle volonté d'approximation. Et il y a aussi "beaucoup" de fonctionnaires qui font plus de 35 heures. Les outils de régulation existent, pourquoi ne pas les utiliser.
    Ce type de propos ne font guère progresser les idées qui permettraient d'améliorer le statut et d'accroître l'efficacité des services publics

  8. 8. cerise sur la galette 19/03/2016, 18h18

    les jeunes sans aucun statut vont entrer dans la fonction publique avec un contrat de droit privé ; mais vous avez vu ça où ? à France Télécom et on a vu ce que cela a donné avec les suicides ; c'est le concours qui seul, doit permettre l'entrée dans la FP ; trois jours de carence pourquoi pas cinq ou six tant que vous y êtes ; quand on est Directeur, c'est sûr, on sent moins passé la note en cas de maladie ; plus sérieusement, voici comment on peut lutter contre l'absentéisme dans la FPT, et voici comment nous clouerons le bec à ceux qui veulent la fin du statut de la FP : - rendre le travail intéressant et faire en sorte qu'il le soit par des réunions, des bilatérales, que sais-je ?
    - l'entraide et la transmission des bonnes pratiques ; l'animation d'un service en faisant en sorte que chaque agent ait envie de travailler et rende un travail efficace et correct en fixant des objectifs atteignables ; le fonctionnaire qui se sentira bien dans son travail ne comptera pas ces heures et se sentira utile et considéré et on le lui dira ; actuellement, mon chef de service ne me félicite jamais et ne me dit jamais que mon travail est super et que j'ai servi efficacement l'intérêt général et le service public départemental ; mais dites-le en ces termes : "Monsieur, Madame, je vous félicite ; vous avez permis de récupérer telle somme au titre de... ; vous avez innové permettant une économie de X euros dans ce dossier ; cette association a eu son solde rapidement et est très satisfaite de votre célérité ; vous avez instruit X dossiers dans un temps record ; vous méritez la prime au mérite d'un montant de..." ; ce qui compte c'est de rendre un travail efficace et non pas de faire nos 1607 heures préconisés par la Cour des Comptes.

  9. 9. Henri Tanson 19/03/2016, 08h40

    A propos de campagne, il me semble que si j'étais candidat je trouverais beaucoup de choses à dire, à expliquer. Et surtout, à proposer pour éviter ce qui semble inévitable.
    S'inquiéter du niveau des rémunérations, de la possibilité d'embaucher directement par contrat des travailleurs hors-statuts, semblent des éléments importants mais ils sont comme l'arbre qui cache la forêt : un paravent.
    Et si on reste au ras du sol, on ne comprend pas grand chose.
    Quel est le but poursuivi ?
    Y a-t-il un but ou bien, ce ne seraient que des réformettes au fil de l'eau ?
    Qui décide ?
    On appliquerait des directives, des conseils émis par des gens qualifiés, ou bien notre gouvernement serait à l'origine des réformes ? La ministre de tutelle est toute nouvelle et elle prend le dossier en route; ce n'est donc pas elle qui élabore les réformes.
    Le premier ministre a d'autres chats à fouetter.
    Le président Hollande ?...
    Étrange coïncidence, les textes, tout près, proviennent de Bruxelles : la base est issue des traités de Maastricht et surtout Lisbonne.
    Le reste, ce sont les directives et les RPP, recommandations par pays, émises chaque année par les Commissaires.
    Nous appliquons donc ces textes.
    Le but ? Supprimer ce secteur hors marché qu'est la Fonction publique et qui n'entre pas dans la logique des lois du marché.
    Si on comprend cela, on comprend chacune des réformes et on peut ainsi deviner vers où nous allons, et à quoi nous devons nous attendre.
    -------------------------------------------
    Puisque nous sommes en démocratie, nous pouvons et devons (!) donner notre avis;
    Le mien est clair : c'est non.
    -------------------------------------------
    Et nous pouvons nous rappeler que nous avons la possibilité d'agir sur notre avenir.
    Si les règles qui nous sont imposées de l'extérieur ne nous conviennent pas, nous pouvons les refuser, en bloc, et sortir des traités européens puisque nous en avons le droit.
    Et le devoir...
    Je dis ça...
    Aucun futur candidat à la présidentielle n'explique que si nous restons dans le cadre des traités, nous validons l'arrêt de mort du service public.
    Aucun futur candidat n'explique que la seule solution pour éviter l'inévitable (!) c'est de sortir des traités; aucun.
    (Certains le laisseraient entendre, au hasard de propos ambigus... Et ils font machine arrière depuis quelque temps, de peur de perdre en route, les frileux...MLP, NDA, JLM)!
    Je ne suis donc pas candidat !
    Je cherche quelqu'un qui portera mes inquiétudes et mes espoirs.
    Rien n'empêche d'en trouver un; et je suis sûr qu'il arriverait à réunir une majorité de Français derrière lui, et pas seulement les Fonctionnaires pour peu que les médias veuillent bien lui donner la parole.
    Mais là est peut-être le problème, infranchissable....
    Tout est à sauver en France; nous étions si fiers de notre modèle français....

  10. 10. Henri Tanson 19/03/2016, 08h07

    Le politologue et DGS de Quimper Jean-Luc Boeuf devrait prendre un peu de distance pour mieux comprendre ce qui se trame. Et pour pouvoir nous l'expliquer et nous rendre un peu plus lucide et intelligents !
    Au lieu de cela, il commente l'actualité...
    Aucune réflexion quant au devenir de la Fonction publique qui est en pleine régression à tous les niveaux...
    Dommage.

  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.