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Fonction publique

Salaires des fonctionnaires : le point d’indice augmenté de 1,2 % en deux temps

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Annick-Girardin_Reunion_Organisations Syndicales_PhotoDHSimon © DHSimon

Après une hibernation qui aura duré six ans pour les fonctionnaires, le point d’indice sera revalorisé en deux étapes, une première de 0,6 % au 1er juillet 2016, une seconde de 0,6 % en février 2017. Les syndicats de la fonction publique n'entendent pas relâcher la pression sur le gouvernement.

 

Nommée le 11 février ministre de la fonction publique, Annick Girardin aura obtenu du gouvernement, en à peine plus d’un mois, ce que Marylise Lebranchu, sa prédécesseure, pourtant très attachée au dialogue social et à la revalorisation des fonctionnaires, n’avait pu décrocher en près de quatre ans à la tête de ce ministère.

Le dégel du point d’indice a été annoncé, jeudi 17 mars, à l’issue d’un rendez-vous salarial avec les organisations syndicales de fonctionnaires.

Cette référence, qui sert à calculer le traitement de base des fonctionnaires, n’avait pas bougé depuis 2010. Elle sera revalorisée en deux temps : une première augmentation de 0,6 % du traitement indiciaire sera effective au 1er juillet 2016. Une seconde hausse de 0,6 % sera appliquée le 1er février 2017.

Un coût de 2,4 milliards d’euros pour l’Etat

Ce dégel devrait coûter 2,4 milliards d’euros au budget de l’Etat, mais seulement 1,5 milliard si l’on compte l’apport de cette revalorisation aux caisses de retraites, expliquait l’entourage de la ministre après cette annonce.

Pour la seule fonction publique territoriale, la facture s’élèvera à 648 millions d’euros par année civile.

La ministre a présenté cette mesure comme « un geste équitable, juste et raisonnable » destiné à des fonctionnaires qui ont largement participé au plan d’économies du gouvernement.
A lui seul, le gel du point aurait fait économiser 7 milliards d’euros à l’Etat a expliqué la ministre dont le discours, à la gloire des fonctionnaires, les a décrit comme étant « ceux par qui la nation tient », tout en soulignant leur engagement et leur solidarité avec les salariés du secteur privé : « ils participent au financement de l’assurance chômage, dont ils ne bénéficient pas », a précisé Annick Girardin pour faire passer cette revalorisation dans un contexte budgétaire pourtant contraint.

Progression de 1 % à 1,2 % en fin de matinée

Avant d’en arriver au chiffre de 1,2 %, une première phase de négociation s’était traduite par une première proposition de hausse de 0,5 % du point d’indice au 1er novembre 2016 suivie d’une autre de 0,5 % au 1er mars 2017.

Face à la désapprobation syndicale, la ministre s’est isolée durant près d’une heure trente avant de revenir avec un calendrier et un montant revu. Visiblement satisfaits – sous un soleil très printanier – de pouvoir annoncer le dégel à leurs troupes, les représentants des agents se sont dits déterminés, malgré cette avancée, à continuer à demander la poursuite du rattrapage.

Leurs chiffres concernant la baisse de pouvoir d’achat des fonctionnaires ne coïncident pas avec ceux de la ministre qui annonçait une perte de 1,3 % en euros constants entre 2010 et 2013, quand ils l’évaluent entre 6 et 8 % sur les six dernières années.

Le dégel salué mais jugé insuffisant

« Enfin on a obtenu le dégel du point d’indice, à mettre à l’actif de la mobilisation des fonctionnaires. Mais l’on continuera à demander un plan de rattrapage. On va voir comment en discuter », a estimé après ce rendez-vous Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU qui juge cependant trop faible la hausse de 1,2 % du point d’indice.

« En une heure trente, un effort supplémentaire de 0,2 % a été fait. Mais cela reste insuffisant au regard des exigences des fonctionnaires. Solidaires va retourner vers les personnels pour voir comment peser pour faire bouger les lignes » réagissait Denis Turbet-Delof, secrétaire général de Solidaires fonction publique.

« Le dégel est un élément indéniablement positif, mais il n’est pas assez satisfaisant par rapport à la nécessité de mesures plus globales », déclarait Baptiste Talbot, secrétaire général de la Fédération des services publics CGT qui n’appelle plus à un mouvement le 22 mars mais compte proposer une journée d’action courant avril.

D’autres mesures à prendre en compte

« Ce geste, on l’entend, on le voit. Est-il suffisant et de nature à régler le contentieux salarial accumulé depuis plusieurs années ? Nous en prenons acte mais nous ne voulons plus nous retrouver en situation de gel durant six ans. Sur le pourcentage, on peut espérer mieux et revenir négocier en 2017 pour améliorer ce chiffre », avançait de son côté Brigitte Jumel, secrétaire générale CFDT fonctions publiques, qui note que la ministre promet d’organiser des rendez-vous salariaux chaque année désormais.
Une mesure qui engage cependant assez peu le gouvernement dans le contexte des prochaines élections présidentielles de 2017.

Plus satisfaite, la FA-FPT déclarait que le rendez-vous salarial n’était pas un rendez vous manqué.  » On va le mesurer en mettant en perspective la hausse du point d’indice avec les revalorisations apportées aux catégories C depuis 2014, la suppression du jour de carence et le protocole sur les parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR). La ministre a en outre précisé que le mécanisme de la garantie individuelle de pouvoir d’achat était maintenu », décrivait avec satisfaction Bruno Collignon, président de la FA-FPT.

Les employeurs territoriaux en renfort…

Malgré le coût que représentera pour les collectivités territoriales, le dégel du point d’indice, les employeurs territoriaux ont pesé, lors du rendez-vous avec la ministre, dans le sens de l’augmentation du point d’indice.

Au nom de Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale et des trois associations d’élus (Association des maires de France, Assemblée des départements de France et Association des régions de France), Jean-Robert Massimi, directeur général du CSFPT a pris la parole, dans la salle ovale de l’Hôtel de Cassini propice aux négociations qui aboutissent, pour évoquer la précarité et les nombreux bas salaires dans la territoriale, appuyant ainsi la demande de revalorisation des syndicats.

… critiquent le manque d’évaluation

Cependant, Dominique Bussereau, président de l’ADF, et président (LR) de Charente-Maritime, n’a affiché aucun enthousiasme, dans un communiqué du 17 mars : « cette décision intervient alors même que les Départements mettent déjà en application l’accord relatif aux Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations des agents de la Fonction Publique de 2016 à 2020, qui a lui aussi de lourdes conséquences financières. A cet accord qui coûtera 4,5 milliards aux contribuables s’ajouteront les 2 milliards consécutifs à l’augmentation du point d’indice. Comme à son habitude le Gouvernement est dans l’entre-deux : une augmentation jugée faible par les fonctionnaires mais aux lourdes conséquences pour les budgets de la Nation et des Départements ».

France Urbaine, l’association des métropoles et des grandes villes, présidée par le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (LR) a elle aussi affiché ses doutes, et « demande au gouvernement une mesure d’impact sur les budgets locaux. En effet, cette mesure vient s’ajouter aux baisses massives de dotations qui se poursuivent et risquent de s’aggraver à l’occasion d’une réforme de la Dotation globale de fonctionnement. Comment le gouvernement entend-il compenser cette charge supplémentaire – décidée à nouveau unilatéralement – qui va peser sur les finances des collectivités locales ? », s’interroge Jean-Luc Moudenc dans un communiqué.

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  1. 1. viking237 19/03/2016, 07h15

    N'oubliez pas que les fonctionnaires garantissent votre sécurité (Police, Pompiers), que d'autres vous accompagnent dans votre vie (Hôpitaux publics, Crèches ...), d'autres sont les garants des institutions (État), d'autres assurent votre transport ... Quand tout sera privatisé, non seulement vous paierez plus cher, il n'y aura pas plus d'emplois et vous pourrez vraiment vous plaindre ... La plupart des agents publics (90%) ont ce sens de l’intérêt du citoyen ... Quant à vous, éternels insatisfaits, dans votre vie professionnelle, vous êtes à 200% ? vous donnez toujours le meilleur pour que votre employeur soit satisfait ?

  2. 2. manava 18/03/2016, 20h49

    l'outil de simulation du gard donne bien le traitement net actuel mais ne le donne pas à 4,68 avec la revalorisation du point d'indice ; en tout cas, cela va compenser à peine l'augmentation de la cotisation à la CNRACL du 1er janvier dernier, et le 1er janvier 2017, le 1er janvier 2018, le 1er janvier 2019 et le 1er janvier 2020 d'autres hausses interviennent annihilant le 1,2 % octroyé et la hausse du traitement avec la GIPA ou la promotion interne ; résultat : ces revalorisations sont loin de compenser la perte du pouvoir d'achat intervenu depuis 2010 ; mais c'est mieux que rien ; en Grèce, c'est bien pire ; chez eux, ce sont des diminutions de salaires.

  3. 3. Sandra032 18/03/2016, 17h15

    Je suis fonctionnaire, et je perds ma motivation au fur et à mesure des années. Pour compenser la baisse des effectifs, nous avons augmenté notre temps de travail. Les postes vacants sont remplacés 6 mois après, voir bien davantage et il faut donc pallier à ces absences, les missions sont de plus en plus lourdes. Résultat: les heures s'accumulent encore et encore avec toujours autant d'exigences. Je suis sur un poste de B, payé en C, et cette augmentation ne me redonne pas le sourire. On sait très bien ce que cela va coûter aux collectivités, et dans ce contexte cela peut sembler indécent. Tous les discours des politiques que j'ai pu lire cette semaine me donne l'impression de voler l'argent du contribuable (que je suis d'ailleurs), que je pourrais m'estimer heureuse d'avoir un boulot. Certes, je devrais me réjouir d'être là ou je suis, de travailler 10h par jour pour à peine plus d'un smic mais non, j'ai le sentiment d'être rien, et de me mobiliser au quotidien pour rien. Ah Les fonctionnaires, les privilégiés de la société; La politique du "diviser pour mieux régner". Je n'entamerai pas ici de débats sur le système, mais je n'en pense pas moins.

  4. 4. co 18/03/2016, 12h23

    La revalorisation ne devrait pas se faire en pourcentage mais en forfait car ce sont les hauts salaires qui vont encore profiter de cela !

  5. 5. François 18/03/2016, 08h56

    Toujours plus ! A peine connue l'annonce de cette mesure démente qui augmente la valeur du point d'indice, on apprend que certains syndicats réclament plus.
    Avec quel argent ?
    Les budgets étant revus à la baisse, cela veut dire en clair qu'il va falloir accélérer la diminution des personnels. Quel égoïsme des syndicats qui tombent dans le panneau et préfèrent gratifier les agents en place que d'être solidaires et prévoir le maintien de l'emploi public.
    Quant à la position des employeurs, cela me fait rire, ils disent que c'est pour les bas salaires. S'ils veulent faire quelque chose, il y a le régime indemnitaire.
    Non, il ne faut pas oublier que les indemnités des élus sont indéxées sur le point d'indice. Et leurs indemnités sont bloquées depuis 2010.....
    Il y a aussi des élections juste après la deuxième revalorisation....
    Au fait 0,6 % + 0,6 %, cela n'a jamais fait 1,2 %. 100 revalorisé de 1,2 % cela fait 101,2. 100 revalorisé de 0,6 % cela fait 100,6. 100,6 revalorisé de 0,6 % cela fait 101,2036. Multipliez la différence par les milliards de masse salariale, et vous verrez que ce n'est pas la même chose. Pour le budget des structures que je suis, cela fait 194 000 euros sur année pleine....
    Déçu

  6. 6. Bounty 18/03/2016, 06h24

    Et donc concretement cela fait combien la valeur du point ?
    Tous les articles parus dans la presse font un copié collé de l'article original publié je ne sais pas trop ou et AUCUN ne donne la valeur du point recalculé avec les deux augmentatiosn successives.
    Je suis incapable de savoir à quoi cela va correspondre sur mon bulletin de paye.
    Que les journaliste se mettent un peu au travail et nous renseignent utilement.
    D'ou ma question plus 1,2 % du point cela fait combien en euros ?

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