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Emploi

« Le professionnalisme des missions locales doit être enfin reconnu »

Publié le • Par • dans : France

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Jean-Patrick-Gille-UNE © LeCardinal, CC-BY.

Alors que la première semaine des missions locales bat son plein jusqu'au 18 mars, ces structures associatives qui œuvrent pour l’insertion des jeunes sont au cœur de l’actualité avec la perspective de généralisation de la Garantie jeunes et la mise en œuvre du plan de formation de 500 000 demandeurs d’emploi. Jean-Patrick Gille, président de l’Union nationale des missions locales (UNML), et député (PS) d’Indre-et-Loire revient sur le rôle crucial des missions locales et l’enjeu de leur pilotage.

 

Pourquoi avoir décidé d’organiser cette première semaine des missions locales. Souffrent-elles d’un manque de visibilité ?

Nous voulions mieux faire connaître l’action et le fonctionnement des missions locales, non pas tant à destination des jeunes, ça nous le faisons régulièrement, mais à destination des élus et décideurs locaux. Ces derniers ont parfois perdu de vue que cette association territoriale, portée par les élus locaux, est un service public de proximité avec pour objectif l’insertion professionnelle des jeunes. Beaucoup d’élus locaux sont restés sur une image datée des missions locales, une sorte d’organisme socio-culturel qui s’occupe des jeunes, alors que le réseau s’est fortement professionnalisé et développé. Beaucoup voient la mission locale comme un « Pôle emploi des jeunes » et le réduisent à un simple service administratif. Or ce n’est pas du tout cela ! Elles ne se contentent pas de gérer des dispositifs nationaux comme les emplois d’avenir ou la garantie jeunes, dont on a beaucoup entendu parler [dans le cadre de la nouvelle mouture du projet de loi Travail, Ndlr]. Elles développent toute une série d’initiatives adaptées aux territoires, portées par le territoire et ses partenaires, dont les élus peuvent d’ailleurs être les instigateurs ! Je les invite à s’y investir.

Nous voulions aussi montrer comment les missions locales travaillent avec ces jeunes. L’insertion, on ne la fait bien qu’en les rendant acteurs de leur propre démarche, initiateurs de certaines mesures ou activités. Durant cette semaine, beaucoup de missions locales ont choisi de montrer des travaux faits par les jeunes. C’est une première étape, encore modeste. Cette semaine se clôturera les 7 et 8 avril à Marseille par une manifestation d’ordre national à destination cette fois des élus fortement engagés dans les missions locales.

Les jeunes regrettent qu’on les mette dans des cases. De quelle manière les missions locales répondent-elles à ces critiques ?

Nous voulons que les jeunes aient un regard sur les dispositifs qui les concernent. Or les adultes qui s’occupent d’eux ont souvent pour objectif de les mettre dans la bonne case. C’est une conséquence de la juxtaposition des dispositifs. Nous avons travaillé cela avec l’Etat et la Direction générale de la fonction publique (DGFP). La loi Travail va inscrire un droit universel à l’accompagnement pour l’insertion professionnelle. L’accompagnement doit être global, plutôt que de raisonner par dispositif. La garantie jeunes répond à ces attentes là. Ce qui est au cœur du fonctionnement des missions locales : une approche global du jeune, avec des structures ancrées sur un territoire.

Quels sont les défis à relever pour les missions locales, dans le contexte de montée en puissance des régions dans le champ de l’emploi et de la formation ?

La loi NOTRe pose le principe d’une possible délégation à la région de la coordination des services d’accompagnement, à l’exception de Pôle emploi. Cela comprend éventuellement les missions locales. Je pense qu’il va y avoir une discussion région par région. Certaines font preuve de l’enthousiasme des débutants, mais elles vont découvrir que c’est tout de même encadré par la loi.

Le Premier ministre a envisagé des évolutions législatives qui tendraient à donner la responsabilité des dispositifs d’accompagnement directement aux régions. Nous ne sommes pas demandeurs. Que les régions s’investissent plus, c’est une bonne idée. Mais l’évolution législative ne s’impose pas. Et puis nous retomberions dans le débat qui nous a beaucoup agité au moment de la loi NOTRe : quid de Pôle emploi ?

Le pilotage par les régions, c’est déjà possible par la loi si l’Etat l’accepte. Le réseau des missions locales y est réticent. Car il souhaite conserver une sorte de cahier des charges national. Il y a la crainte, au vu d’expériences passées, que la région s’accapare le réseau, ou en fasse évoluer différemment l’activité. Ensuite, qu’il y ait un pilotage au plus près du terrain, cela existe déjà. Nous nous sommes structurés pour. Nous avons une association régionale des missions locales dont le président siège de droit au Comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles (Crefop), et, dans chaque région, une équipe anime le dispositif, financée généralement par l’Etat et les régions.

Quel sera le rôle des missions locales dans le cadre du plan de formation des 500 000 chômeurs ?

Si les régions en sont d’accord, elles coordonneront l’achat de formations, ce qui était déjà inscrit dans la loi. La question du pilotage de l’accompagnement n’est pas encore totalement calée. De toute façon, les régions ne peuvent pas prendre la main sur Pôle emploi. Le pilotage va certainement rester au niveau du Crefop. Les missions locales ont un rôle important à jouer car elles représentent un tiers de la prescription des formations des demandeurs d’emploi. On doit de plus accélérer la généralisation et la montée en puissance de la garantie jeunes, et nous portons toujours les emplois d’avenir. Ce plan va donc amener une offre de formation plus importante à laquelle il va falloir répondre. Fondamentalement cela ne va pas changer grand chose. Nous sommes bien sûr partants ! Mais il va quand même falloir nous en donner les moyens. L’activité ne cesse de monter en puissance mais les crédits d’Etat ont baissé.

Des moyens sont pourtant prévus pour la garantie jeunes ?

Bien sûr, avec ce dispositif les moyens sont en augmentation. Il est prévu un budget de 1600 euros par accompagnement, sauf que dans le cadre de la garantie jeunes, une phase collective de six semaines est nécessaire pour démarrer. Ce qui pose un problème de locaux. Certes, la mission locale jouit le plus souvent de locaux mis à disposition par la commune, mais pas suffisamment grands pour organiser les sessions collectives. Les missions locales se trouvent donc dans l’obligation de louer des locaux. Une grande partie des budgets est même consacrée à cela, ce qui a mis certaines missions locales en difficulté. C’est d’ailleurs un message que j’envoie aux élus locaux : le développement de la garantie jeunes demandera des moyens, entre autres pour relocaliser les mission locales.

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Thèmes abordés Développement économiqueDéveloppement localEmploi

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  1. 1. Nanamisa 22/03/2016, 18h01

    Je pense qu'il faut nuancer selon les villes ... titulaire d'un M2 en Droit public local, j'ai fait face à un refus catégorique et irréfutable d'obtenir une aide quelconque quand j'me suis retrouvée au chômage à la fin de mes études. Le mot d'ordre : On aide que les jeunes sans diplôme qui ont décroché du cursus scolaire, vous avez un diplôme, vous avez pas à vous plaindre !"

    Quel professionnalisme ... Donc moi qui ai toujours bien fait les choses, en allant à l'école, et en ayant divers job étudiants pour financer mes 5 ans d'études ... Je n'ai droit à rien parce que je n'ai pas décroché du cursus scolaire ?

    Aujourd'hui les jeunes diplômés et étudiants sont dans la rue ...

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