Aménagement du territoire

La redynamisation des centre-villes, priorité des villes moyennes

| Mis à jour le 17/11/2016
Par
Sébastien BEAUJARD - GNU GPL

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"Faire vivre le coeur des villes", c'était le titre positif retenu par l'association Villes de France pour son colloque organisé le 15 mars, consacré aux centre-villes de villes moyennes qui se dépeuplent, de leurs habitants comme de leurs commerçants. Cumuler un ensemble d'interventions, sur l'habitat, le commerce, la voirie et le patrimoine, semble la seule clé pour retrouver la voie du dynamisme.

 

C’était bien souvent l’un des projets principaux des candidats aux dernières élections municipales de 2014 : ramener de la vie dans le « coeur de ville », une expression qui remplace de plus en plus souvent celle de « centre-ville ». Les plus touchées par ce phénomène cumulent généralement déclin démographique, économique et social.

« la France n’est pas la plus touchée par ce phénomène de dévitalisation des villes moyennes, l’Allemagne, le Japon, le sont davantage, analysait Sylvie Fol, professeur d’urbanisme à l’université Paris 1. Cependant 20% des aires urbaines ont perdu de la population entre 1975 et 2007, et ce processus s’accélère. Les villes les plus touchées sont de taille moyenne, les trois quart comptent moins de 50 000 habitants. Ce sont d »anciennes villes industrielles, ou de garnison, déconnectées des grands axes de circulation ».
Ces villes atteignent des taux de vacance de 12 à 13% de leurs commerces

Un besoin de projet

Depuis des années les collectivités travaillent cependant sur le dynamisme de leur centre-ville, mais par interventions ponctuelles, sans vision d’ensemble.

Pour David Lestoux, consultant, directeur associé du cabinet Cibles et stratégies, il manque bien souvent un projet d’ensemble, une stratégie, déployée au premier chef dans les documents d’urbanisme – plan local d’urbanisme et schéma de cohérence territoriale.
Ceux-ci peuvent notamment permettre d’éviter le développement de nouvelles zones commerciales qui nuiront au travail mené sur le centre-ville.

« Le problème dépasse la problématique du commerce : il faut partir des usages des habitants actuels et futurs, puis imaginer ce que sera le coeur de ville de demain, qui aura peut-être changé d’emplacement, de taille », explique-t-il.

Ce processus est largement ignoré par les politiques nationales, il avance silencieusement. C’est pourquoi l’Association Villes de France, présidée par la maire de Beauvais Caroline Cayeux, porte un manifeste qui propose la mise en place d’un programme national de revitalisation des centres-villes, sur le modèle du programme national de renouvellement urbain.

L’objectif est de rassembler, dans des projets globaux, les multiples procédures et dispositifs qui se superposent dans les centres-villes, touchant au commerce, à l’habitat, à la protection du patrimoine, aux transports…

La Caisse des dépôts et consignations travaille sur ce dossier, et s’apprête à faire des annonces pour accompagner les collectivités locales dans leur démarche., notamment en ce qui concerne le montage des dossiers foncier et immobilier. « Nous demandons que le troisième volet du programme d’investissements d’avenir intègre la redynamisation des centres-villes », a annoncé Michel François Delannoy, expert en montages complexes à la Caisse.

Des villes à l’action

Nombre de villes moyennes se sont cependant déjà attelées au problème, en mariant différents types d’intervention. Cahors a ainsi lancé un projet de recomposition de son coeur d’agglo, une démarche portée notamment au travers du Scot de Cahors et du sud du Lot. Celui-ci a créé des pôles de services sur les territoires, autour desquels le développement est concentré.

« Pour le coeur de ville, nous avons privilégié une approche transversale. Nous avons mis en place un comité de pilotage qui regroupe les différents chefs de service de la ville », a expliqué Jean-Marc Vayssouze-aure, maire de Cahors. Traitement de la voirie, action sur les façades, lancement d’une OPAH- renouvellement urbain, création d’un office du commerce et de l’artisanat, multiplication par deux des places de stationnement payantes, mais gratuites le samedi, tous les leviers sont actionnés.

Nevers, qui compte 20 % de logements vacants, et de commerces fermés, et est passé de 56 000 habitants à 30 000 en l’espace de 20 ans, travaille aussi sur ce lourd dossier.
« Nous avons d’abord voulu stopper l’hémorragie, en diminuant la fiscalité locale, a expliqué Denis Thuriot, maire de Nevers. Nous avons lancé une OPAH-RU pour cinq ans, nous travaillons sur l’accessibilité du centre-ville, avec des parkings gratuits, la mise en place de zones bleues. Nous avons mis en place un manager du commerce et de l’artisanat. Nous réfléchissons à mettre en place un droit de préemption sur les baux commerciaux, et une taxe sur les logements vacants. »

Pour Sylvie Fol, la notion de resserrement urbain, mise en oeuvre dans des villes allemandes comme Dresde, est aussi une piste intéressante de réflexion, mais difficile pour des élus locaux d’accepter la décroissance de leur territoire…

 

Commentaires

2  |  réagir

18/03/2016 04h06 - Lorenzo 95

Une seul solution: réguler EFFICACEMENT le stationnement pour que seuls les véhicules ayant EFFECTIVEMENT quelque chose à faire en ville, puissent y accéder, se garer GRATUITEMENT (Durées préconisées suite à différents tests: Zone bleue « Hyper centre » à environ 30 mm et « Centre » à environ 90 mn ) et repartent IMMEDIATEMENT après.

Démonstration en a était faite sur plusieurs communes en France qui ont quasiment toute étendue le système après une première installation.

De plus c’est le meilleur rapport coût / efficacité / satisfaction de TOUS (usagers / Police Municipale et ……….. même COMMERCANTS ! ). Dans les villes équipés, les élus n’entendent ENFIN plus parler de ce problème récurrent qui va des fois jusqu’à provoquer des embouteillages à certaines heures.

A votre disposition pour en débattre

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17/03/2016 01h31 - ratonus

L’exemple d’Auxerre est frappant. La ville et la communauté d’agglomération ont fait en sorte de créer une grande zone commerciale hors du centre ville. De plus les zones de stationnement payant en centre ville sont étendues. Et après, on se pose la question de la fermeture des commerces en centre ville … cherchez l’erreur. Idem pour la ville de Sens.

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