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Développement local

Fragilisés, les abattoirs publics sont en quête d’une gouvernance élargie

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Régions

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abattoir-ales-une © L214

Deux vidéos de maltraitance animale ont mis sous le feu des projecteurs des abattoirs publics du Gard gérés en régie. Derrière la polémique, surgissent les situations financières très épineuses des petits et moyens abattoirs, pris en charge par des acteurs publics soucieux de pérenniser les filières viande et élevage locales. Des collectivités qui veulent faire évoluer la gouvernance et partager les responsabilités.

 

Coup sur coup, des vidéos choc diffusées par l’association L214 ont entraîné, mi-octobre 2015, la fermeture de l’abattoir municipal d’Alès (rouvert partiellement depuis) et le 23 février 2016, de l’abattoir intercommunal du Pays Viganais. Les enquêtes sont en cours, mais derrière la polémique reviennent les difficultés économiques des abattoirs publics, dont les tailles ne dépassent pas 10 000 tonnes.

Gérés en régie, les abattoirs d’Alès et du Vigan pèsent depuis de nombreuses années sur les finances locales : l’abattoir d’Alès a enregistré un déficit net de 1,2 million d’euros en 2014 ; celui du Vigan, repris en 2001, a nécessité 1 million d’euros d’investissements de la part de cette intercommunalité de 10 000 habitants et l’équilibre d’exploitation a été atteint seulement l’an dernier.
Difficultés économiques et scandales forment un mauvais cocktail pour les collectivités et remettent sur le tapis la question de la gouvernance des abattoirs. « Le Pays Viganais a entamé une réflexion depuis plusieurs mois avec l’aide du cabinet Hérès”, informe le directeur général des services Samuel Chatard.

La mairie d’Alès a annoncé en novembre un audit stratégique sur le positionnement économique et sur l’élargissement de la gouvernance, « mais il n’a pas démarré malgré les engagements de la mairie”, déplore Luc Hincelin, élu élevage à la Chambre d’Agriculture du Gard.

La chambre consulaire prône « une réflexion sur un schéma départemental » et une « solution durable pour élargir le portage des deux abattoirs à l’ensemble des collectivités locales, départementale et régionale ».

Pérenniser les filières et partager les responsabilités

Sur 289 abattoirs évoqués dans le rapport Ravaux de 2011, la proportion des abattoirs publics était de 36 % (105 abattoirs). La Commission interrégionale des abattoirs Sud-Ouest a même recensé 65 % d’abattoirs publics (33 équipements sur 51) fin 2014 sur la zone Aquitaine, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

« L’équilibre financier de ces outils est très difficile à trouver, aussi les abattoirs de proximité sont portés par les collectivités territoriales sans que les usagers soient des partenaires engagés financièrement. Ce sont souvent des outils d’aménagement du territoire. »

Ainsi, c’est bien pour maintenir 90 emplois directs et indirects que Le Grand Auch a acquis mi-2015 la structure de l’opérateur Arcadie Sud-Ouest, en exigeant une société d’exploitation montée par les acteurs de la filière (Alliance Abattoir Auch-Gers comprend une dizaine d’utilisateurs, la Chambre d’Agriculture et des coopératives).

Face aux difficultés, les collectivités cherchent à partager les responsabilités. Pézenas, propriétaire et gestionnaire en régie depuis 1997 du dernier abattoir de l’Hérault, a alerté sur la « difficile soutenabilité financière de cet établissement pour la seule ville ». Fin 2014, la compétence abattage été transférée au syndicat mixte filière viande de l’Hérault (comprenant commune, département et huit intercommunalités) et la gestion confiée à sa régie syndicale (commune, agglomération Hérault Méditerranée et département). « Un modèle », pour l’élu de la Chambre d’agriculture du Gard.

Côté gestion, les regards vont vers la SEM, forme adoptée par 14 abattoirs selon la Fédération des EPL. « C’est la solution qui nous est conseillée par l’étude », confie Samuel Chatard. Le Pays Viganais souhaite discuter avec les intercommunalités voisines, le département et la région.

Impliquer les utilisateurs

« Considérant la surcapacité chronique de ces outils, leur équilibre financier précaire, leur situation sanitaire parfois dégradée, les modes de gouvernance sont à renégocier avec les usagers qui doivent s’engager davantage, et à plus long terme, dans leur gestion », recommande la Commission interrégionale des abattoirs Sud-Ouest. Cela fut le cas en Lozère :  la SEML de l’abattoir du Gévaudan, ouvert en 2012, réunit la communauté de communes du Gévaudan, le conseil départemental de Lozère et une quinzaine d’acteurs privés (bouchers, syndicat de commerçants en bestiaux, coopérative, banques et grandes surfaces).

Mais attirer des partenaires sur des activités peu rentables s’avère difficile. En 2015, la commune charentaise de Ruffec approuvait l’abandon de la régie publique en faveur d’une SEM à opération particulière ou Semop. Sans candidat à l’appel public à la concurrence et pour résorber le déficit, les élus votaient une augmentation des tarifs, entraînant le retrait du plus gros utilisateur et la fermeture de l’abattoir au 1er janvier 2016.

Autre formule public-privé : la société coopérative d’intérêt collectif (Scic). Elle a été mise en place fin 2013 par La Catalane d’Abattage pour le nouvel abattoir de Perpignan ouvert mi-2015 (le précédent était géré en régie municipale puis DSP). « C’était une solution nouvelle. Les collectivités ne tenaient pas à être impliquées dans une SEM, mais il fallait qu’elles soient présentes pour l’intérêt public », affirme Emmanuel Leroy, chef de service du pôle montagne-élevage de la Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales qui se souvient « du rôle stratégique de la préfecture » pour faire avancer le dossier.

Actuellement, cinq Scic gèrent des abattoirs et une sixième doit voir le jour pour le futur abattoir transfrontalier d’Ur, en travaux dans les Pyrénées-Orientales. « Nous devrions créer la Scic d’ici fin mars, assure Joseph Marti, président du syndicat intercommunal de l’abattoir de Cerdagne Capcir, avec cinq collèges : éleveurs, collectivités, bouchers, grossistes et salariés. »

 

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  1. 1. Jean-Jacques 16/03/2016, 11h57

    Question : les difficultés de gestion et de rentabilité (ou de simple équilibre financier) justifient-elles la maltraitance ? Cette maltraitance ne pose-t-elle pas le pb de la formation, notamment de l'accès à une formation continue, et de l'évaluation des personnels ? Car il me semble dans ce genre d'affaire que la solution n'est pas seulement budgétaire et comptable.

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