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Fonction publique territoriale

Coupes dans la fonction publique territoriale : les élus LR divisés

Publié le • Par • dans : A la une, France, Toute l'actu RH

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PELISSARD-Jacques-H © Thierry Laroche

La formation de Nicolas Sarkozy milite pour le non-remplacement systématique d’un agent territorial sur deux partant à la retraite. Une mesure que réprouvent l’ancien président de l’Association des maires de France Jacques Pélissard et le patron de la région « Hauts-de-France », Xavier Bertrand, au nom du principe d'autonomie des collectivités.

 

C’est l’une des propositions-phares de la plateforme sur la fonction publique des Républicains dévoilée le 9 mars. Le non-remplacement d’un agent sur deux partant à la retraite était déjà, côté Etat, la pierre angulaire de la révision de la révision générale des politiques publiques (RGPP) mise en place sous la mandature Sarkozy. Il doit, selon le parti présidé par l’ancien chef de l’Etat, être désormais étendu aux collectivités.

Pour ce faire, Les Républicains prônent une révision de la Constitution. Si, parmi les principaux candidats à la primaire pour la présidentielle, la proposition fait consensus, qu’en est-il des maires LR ? Sur le terrain, le propos est plus contrasté.

Réflexe girondin

Jacques Pélissard, ancien président de l’Association des maires de France et toujours premier magistrat ainsi que député LR de Lons-le-Saunier (Jura), ne cache pas son scepticisme. « Un coup de rabot général et impersonnel n’est pas du tout adapté à la réalité des collectivités », tranche-t-il.

« Je m’oppose à ce qu’on nous impose la gestion de notre personnel par la loi, renchérit Stéphane Beaudet, président de l’Association des maires d’Ile-de-France et premier magistrat LR de Courcouronnes (Essonne). Je préfèrerais que l’on réforme le statut des fonctionnaires afin que nous devenions leur véritable patron. »

« On ne fait pas de la politique avec une règle à calcul. Arrêtons de tout imposer d’en haut ! », avait, pour sa part, mis en garde, le 23 février sur France Inter, Xavier Bertrand, président (LR) de la nouvelle région « Hauts-de-France », nom improbable donné à la fusion entre le Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie.

Totalement acquis à la mesure, le député-maire LR de Châlons-en-Champagne (Marne) Benoist Apparu pointe un faux débat : « Lors de la RGPP, l’Etat a épargné certains ministères, comme l’Intérieur, aux dépens d’autres, les collectivités doivent pouvoir faire pareil. »

« Il faut imposer une réduction en faisant attention aux collectivités qui sont engagées dans ce processus depuis plusieurs années : on ne peut pas leur demander les mêmes efforts », abonde un autre partisan de la disposition, Gil Avérous, maire LR de Châteauroux (Indre). Et l’élu sarkozyste de vanter son exemple : dans sa ville, on remplace seulement un départ sur trois. Cette année, sont supprimés 30 équivalent-temps plein, dont 28 départs à la retraite non remplacés (sur 35 au total).

Syndrome du fast-food

À Courcouronnes, 20 % des équivalents temps plein ont été supprimés en l’espace de cinq ans. « Cela donne plus de travail à ceux qui restent. Nous augmentons donc les salaires », se réjouit le maire de la commune, Stéphane Beaudet.

Jacques Pélissard, de son côté, a regroupé en un seul bâtiment les personnels de la ville et de l’intercommunalité. Une source d’économie en personnels d’accueil, agents chargés de l’informatique et autres appariteurs. En 2016, la masse salariale va baisser de 1,5 % pour la ville et de 5 % en ce qui concerne la communauté d’agglomération. Le résultat d’une politique cousu main. « Les collectivités s’administrent librement ! On ne peut pas leur imposer la gestion de leur personnel », insiste l’ancien premier maire de France.

Chez certains cousins centristes, on tient volontiers le même discours. « Je suis meurtri quand on fait un procès aux agents de la fonction publique. Les élus locaux ne sont pas non plus inconscients. Ils savent adapter le nombre de personnels en fonction des services rendus à la population », juge le maire (UDI) d’Annecy (Haute-Savoie), Jean-Luc Rigaut pour qui « la recette de monsieur Sarkozy relève plus du fast-food que de la gastronomie ».

 

Eric Ciotti joue les bons élèves

Le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes n’a pas les états d’âme de ses collègues. Pour Eric Ciotti, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite est une mesure de salut public. Lui, naturellement, va déjà plus loin… « Nous en sommes à un remplacement sur trois agents partant à la retraite », s’est félicité Eric Ciotti lors de la journée de travail des Républicains consacrée le 9 mars 2016 à la fonction publique et à la réforme de l’Etat. En l’espace d’un septennat à la tête de sa collectivité, le tableau des effectifs a fondu de 700 emplois, passant de 5 100 à 4 400. Un effort qu’il ne constate pas partout… « Je vois certains élus, dans notre famille politique – et j’en connais pas très loin de chez moi – qui considèrent que, plus ils ont d’agents publics, plus ils ont de pouvoir », dénonce volontiers Eric Ciotti.

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  1. 1. cricri57 19/03/2016, 22h30

    Je partage tout à fait ces avis. Je suis âgée de 55 ans, j'exerce un beau métier : Secrétaire de Mairie depuis bientôt 25 ans et depuis 2008 je suis Cadre B.
    Lasse et fatiguée, j'ai obtenu un poste à 28h/semaine, mon traitement net mensuel, primes comprises est de 1 479,30 €. On ne peut franchement pas dire qu'à 7 ans de la retraite et en étant Cadre B je sois "grassement" payée !
    Si j'ose me comparée à un Ministre, qui comme moi sert l'Etat, il me faut plus de 10 mois de travail pour gagner ce que lui gagne en un mois !
    C'est vrai que c'est de l'insolence que de vouloir se comparer à un(e) Ministre ! Mais pourquoi donc un tel écart ? Simple question !
    Et heureusement pour eux qu'ils ont tous les fonctionnaires pour les aider dans leurs tâches !

  2. 2. Romuald PONCE 16/03/2016, 19h04

    Nos amis politiques rivalisent d'idées pour réduire les effectifs de la fonction publique (remplacement d'un fonctionnaire sur deux, un sur trois, et pour les ultras pas de remplacement du tout...) Mais nos politiques sont beaucoup moins prolixes en ce qui concerne la réduction des effectifs de ... la classe politique : le nombre de Conseillers Départementaux a été maintenu malgré la division par deux du nombre des cantons... que dire de la fusion des régions où on s'est bien gardé de trop toucher au nombre de siège des nouvelles assemblées.... on peut aussi évoquer la mise en place des intercommunalités qui, certes, ne s'est pas traduite par l'augmentation du nombre d'élus si l'on prend comme postulat qu'ils sont issus des conseils municipaux mais qui sur le plan des coûts induits par les indemnités perçues ne permettent pas des économies. Nos élus seraient bien inspirés de se réformer eux mêmes avant de vouloir être crédibles auprès des autres.

  3. 3. Daryum59 16/03/2016, 15h00

    En fait, pour prendre un peu de hauteur par rapport à la simple question, y a t'il trop de fonctionnaires notamment territoriaux, du fait de la crise des finances publiques
    la véritable question est :

    1) les services publics sont ils mieux gérés quand ils sont privatisés?
    1) même dans ce cas, est ce que cela coûte réellement moins cher aux usagers clients que s'il s'agissait d'un service public effectué par un personnel fonctionnaire ou plus généralement disposant d'un statut spécifique

    l'exemple de la privatisation du service public de l'électricité en Angleterre indique plutôt NON aux deux questions

    voir le lien suivant : http://multinationales.org/Comment-le-Royaume-Uni-a-privatise

  4. 4. bill76 16/03/2016, 12h27

    "Je préfèrerais que l’on réforme le statut des fonctionnaires afin que nous devenions leur véritable patron". Le maire n'est pas patron ? Il n'a pas le pouvoir de sanction, de direction, de gestion de la carrière, de nomination, d'affectation des tâches ?
    Ces gens qui ne connaissent manifestement pas leur sujet devraient se taire. On en vient à se demander si les élus FN ne sont pas meilleurs qu'eux à la fin ! Au moins on ne les entend pas dire de telles sottises !

  5. 5. Henri Tanson 16/03/2016, 10h13

    L'eau tiède, coule, doucement... Ne vous inquiétez surtout pas, braves gens.

    "On ne fait pas de la politique avec une règle à calcul".... affirme Xavier Bertrand.
    Ah ? Depuis quelque temps, il semblerait qu'au contraire, on ne fasse plus en France de politique mais des économies, ici et là.
    Tout est pensé en fonction d'économies possibles...
    C'est le niveau zéro de la politique...?! Aucune vision d'avenir, aucun réflexion sur les priorités, aucune analyse de la situation globale.
    Que se passe-t-il en France ?
    Tout va bien ou rien ne va plus ?
    Pour se limiter au sujet de la Fonction Publique, y a-t-il une réflexion globale ? Devons-nous tout faire pour maintenir les Services Publics et la Fonction publique, ou bien devons-nous sacrifier cette base de notre société sur l'autel de l'économie ?
    C'est un choix de société...
    Mais on n'en parle jamais.
    On pourrait aussi comprendre que toutes les décisions qui viennent d'en-haut et qui déterminent notre avenir, ne viennent pas du gouvernement mais de la toute simple et bête application des traités européens... Il y a toute une série d'articles dans le TFUE qui condamnent à terme notre fonction publique. (Je ne vais pas vous les énumérer ici; on trouve tout sur le net... Suffit de chercher).
    Mais personne, absolument personne, n'en parle !
    (Même pas La Gazette qui fait comme si ça n'esxistait pas. Et pourtant, La Gazette quand même, qui devrait être particulièrement attachée à la défense des FP et FPT...!)
    Mais que peut-on comprendre si on ne cherche pas à élargir la vue ?
    Rien.
    Ou alors simplement : y'a plus de sous, la Fonction publique coûte, il faut donc tailler dans le lard.
    Pas plus, pas moins.
    Le bateau coule et il n'y a plus de pilote, commandant.
    Ça vous laisse froids ?
    Moi pas.
    Qu'y pouvons-nous ?
    Surtout rien, si nous voulons continuer à dormir, à profiter de la tiédeur de l'eau de la casserole qui va nous cuire...
    Je dis ça...

  6. 6. ssrw38 16/03/2016, 10h05

    Supprimer des emplois publics (les fameux fonctionnaires) ne résoudra pas tout. Les missions accomplies tous les jours (j'insiste sur tous les jours car bien des services publics fonctionnent les week-end, soirées et autres jours fériées !) devront bien être assurées par le privé. Or si cela peut sembler coûter un peu moins cher au départ à quel prix ce sera au final ? Qualité équivalente sur la durée? Nombre d'emplois perdus au nom de la rentabilité pour les actionnaires (eh oui les entreprises qui vont prendre les marchés seront des multinationales devant rendre des comptes à des actionnaires pas à des citoyens/électeurs/contribuables) ? Coût social pour la France face à ces nouveaux chômeurs ? Je crois qu'il faut laisser les élus 'responsables' décider quelle gestion mener et les électeurs trancher/sanctionner par leur vote. L'Etat ne peut pas tout imposer sans connaître les réalités du terrain, de chaque territoire.

  7. 7. Chiche 16/03/2016, 09h54

    Les élus ont souvent de bonnes idées qu'ils n'appliquent qu'aux autres.
    Il me semble que la réflexion doit d'abord porter sur un projet politique; pas au sens politicien bien entendu. Quand ils auront défini ce qu'ils souhaitent pour le territoire (service rendus aux personnes et aux entreprises; moyens financiers adaptés), ils pourront alors voir quels sont les moyens en personnel à mettre en place.

    Mais tout cela doit se faire deans la transparence. Et tant que l'on y est, on peut s'interroger sur la mutualisation des services entre "commune centre" et "communauté de commune" et pourquoi pas demander aux élus percevant des indemnités dans ces deux niveaux de ne plus en percevoir qu'une seule?

    C'est ainsi par l'exemple qu'ils seront crédibles; ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui!

  8. 8. Murakami 16/03/2016, 09h20

    " Je m’oppose à ce qu’on nous impose la gestion de notre personnel par la loi" déclare M BEAUDET. Pas de GPEC, des départements au bord de la faillite, les emprunts toxiques...Les élus ont prouvé leur incompétence, l'état doit recentraliser et surtout , le prochain gouvernement doit véritablement simplifier le mille-feuille administratif.La loi NOTRE est une catastrophe, la clause de compétence générale qui devait être supprimée n'est pas appliquée puisqu'aucune date d'entrée en vigueur n'est prévue pour les articles supprimant la clause de compétence générale. Chacun veut garder ses prérogatives, délégue sans pour autant transférer le personnel.
    Une véritable usine à gaz.

  9. 9. ratonus 16/03/2016, 09h01

    Ce n'est pas en diminuant le nombre d'emplois que l'on va relancer l'économie.

  10. 10. François 16/03/2016, 08h59

    Quel triste article. Nulle part on ne regarde quel service il convient de rendre à la population, et à quel cpût mais combien supprimer de postes comme si c'était une fin en soi.
    On supprime des emplois, mais pas de la dépense publique. Où est l'économie ?
    On supprime du service public pour que les usagers citoyens, en plus de leurs impôts paient des services au privé. Il faut que ceux qui font du profit continuent à s'enrichir en core plus. Il faut que le nombre de milliardaires continue à progresser dans une période de "crise". Il faut que les petits soient à la merci de ceux qui les tondent.
    Il faut continuer à endetter artificiellement la France en empruntant auprès de banques privées qui donnent fictivement une valeur à l'argent, loin de l'économie réelle, celle de la "création" de biens et du travail.
    Je suis tout sauf un révolutionnaire et un anarchiste, mais franchement c'est révoltant !

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