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Commande publique

L’acheteur public, de bon gestionnaire à manager 2.0 ?

Publié le • Par • dans : Dossiers d'actualité, France

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La future réforme de la réglementation des marchés publics, si elle consolide certaines pratiques d’achats, encourage le nouvel acheteur à faire preuve d’agilité et d’innovation. Faut-il y voir la preuve de la transformation du métier d’acheteur ?

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Marchés publics : quelles simplifications ? pour qui ?

 

A partir du 1er avril 2016, les acheteurs publics vont devoir appliquer de nouvelles dispositions relatives à la réforme de la réglementation des marchés publics. Outre l’objectif de simplification des procédures, celle-ci introduit la pratique du « sourcing » et élargit la boite à outils des collectivités (nouvelles procédures formalisées, allotissement généralisé, modification des avenants, etc.). Autant de réformes qui pourront permettre à l’acheteur d’améliorer ses pratiques d’achats, ou l’amener à en repenser d’autres.

Faut-il y voir une évolution de la vision du métier d’acheteur public ? De bon gestionnaire au sein des collectivités, l’acheteur public est-il amené à devenir un manager des achats ?

Elargir la palette des fournisseurs

« Il y a aujourd’hui une incitation forte à élargir la palette des fournisseurs, notamment les petites et moyennes entreprises. La généralisation de la pratique de l’allotissement le confirme », affirme Hugues Poissonnier, professeur à Grenoble Ecole de Management. Derrière l’idée de simplification des procédures, le législateur entend favoriser les pratiques concurrentielles, et notamment celles qui vont dans le sens des PME.
La pratique du sourcing, empruntée à la terminologie du secteur privé, suppose quant à elle de rechercher et d’analyser les fournisseurs afin de choisir l’offre la plus avantageuse.

L’acheteur bénéficie d’une plus grande liberté de choix et de procédures moins contraignantes, mais en contrepartie le législateur appelle celui-ci à faire preuve d’une plus grande responsabilité dans l’acte d’achat.
« Alors qu’hier, l’acheteur réfléchissait en termes de coûts d’achats, celui-ci parle aujourd’hui « PCO » et coûts globaux. Derrière ces termes, il y a l’idée que l’achat public peut aussi être créateur de valeur », précise Hugues Poissonnier. La fonction achats n’est donc désormais plus seulement réduite à celle de la gestion d’un budget. L’idée d’une fonction stratégique des achats prend le dessus.

Développer les pratiques collaboratives

Au-delà de prioriser les achats, l’idée de penser collaboratif fait peu à peu son chemin. La capacité d’innovation de l’acheteur est de plus en plus sollicitée non seulement pour définir, mais aussi pour acheminer le besoin.

« Il faut désormais parvenir à définir ensemble les critères du marché, par exemple en rédigeant un cahier des charges fonctionnel plutôt qu’un cahier des charges techniques » renchérit le spécialiste. L’idée de mieux coopérer entre les services eux-mêmes n’est d’ailleurs pas exclue : « dans le privé, lorsque l’on pense collaboratif, c’est avec le fournisseur. Or, dans le public, cette notion vaut aussi pour la coordination de l’ensemble des services de la collectivité » analyse Hugues Poissonier.

Preuve de cette transformation, les nouveaux textes introduisent le terme « d’acheteur » au détriment de celui, plus juridique, de « pouvoir adjudicateur ». Une modification qui n’est pas passée inaperçue aux yeux des principaux concernés.« Depuis quelques années, on se rend compte que l’achat n’est pas seulement un acte juridique, que c’est aussi un acte économique » soutient François Villette, directeur général adjoint à la mairie de Saint-Ouen.

Le nouveau profil suggéré par le législateur combinerait donc à la fois expertise juridique et fibre commerciale. Négocier avec les fournisseurs, déterminer une politique d’achats efficace, contrôler le respect des textes et de la législation… autant de rôles multiples que le nouvel acheteur pourrait désormais devoir combiner.

Prendre le temps de s’approprier les textes

Faut-il y voir la fin d’un métier ? « Certes, il y a quelques avancées dans ce texte, mais je pense très honnêtement que le reste n’est que de la cosmétique », juge François Villette. « On a une directive communautaire qui assouplit les règles d’achat. Or, celle-ci est aujourd’hui qualifiée d’ultralibérale. Si la dynamique va dans le bon sens (clauses, partenariats d’innovation, etc.), il faut bien le dire : en France, nous avons une obsession du code et des normes », déplore le directeur des services.

D’autres se montrent plus nuancés quant aux transformations que pourraient engendrer par la future réforme. « Est-ce que le décret marchés publics va changer la donne ? En fait, je pense que c’est le temps qui va nous le dire. Au-delà des textes, c’est la manière dont les acheteurs vont se l’approprier qui va faire évoluer les choses », tranche Hugues Poissonnier.

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Thèmes abordés Achats publicsMarchés publicsRéglementation des marchés publics

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