Aménagement

L’innovation dans la commande urbaine en question

Par
Coffrage dans un chantier de construction

Phovoir

La ville de Paris a connu un joli succès avec son opération "réinventer Paris", pour laquelle 23 terrains promis à la cession ont été soumis à un appel à projets. Un colloque y était consacré le 10 mars, durant lequel le maire adjoint de Paris en charge de l'urbanisme a pu répondre aux questions soulevées par ce projet.

Le Conseil général de l’environnement et du développement durable a rebondi sur l’initiative parisienne, en organisant le 10 mars un colloque intitulé « Réinventer Paris, innover dans la commande urbaine ? ». Le point d’interrogation témoigne des ambiguïtés de la démarche : 23 terrains, aussi divers que des délaissés de voirie, des hôtels particuliers, le bâtiment Morland… vont être cédés par la ville, mais pour garder la maîtrise des projets qui y seront réalisés, la ville a lancé un appel à projets auprès des professionnels de la construction. Il ne s’agissait pas seulement de proposer un projet de construction, mais aussi de proposer un projet intégré pour ce bâtiment, qui soit innovant tant sur les usages, les modes de construction, la performance énergétique… Une procédure qui sort du cadre réglementé de la commande publique, qui crée une nouvelle forme de partenariat public privé, à laquelle 372 équipes ont répondu. « Les villes peuvent mener trois types d’actions sur leur patrimoine, détaille Jean-Louis Missika : construire des équipements publics, en utilisant la commande publique ; mener des projets d’aménagements via des zones d’aménagement concerté, dans lesquelles les aménageurs vont choisir des promoteurs, des architectes, dans un cadre réglementaire ; enfin elles peuvent faire de la cession d’actifs : la ville vend en moyenne 200 millions d’euros d’actifs par an, et en achète 250. « Réinventer Paris » appartient à cette dernière catégorie.  Nous voulions trouver une façon plus intelligente et vertueuse de céder nos actifs. »

Polémique

Le conseil national de l’ordre des architectes reproche notamment à la ville d’utiliser une méthode qui permet de s’exonérer du concours d’architecture, et de faire travailler gratuitement des équipes. L’Union nationale des syndicats français d’architectes, le 3 mars dernier, est revenu sur le sujet le 3 mars dernier, elle en appelle « à la responsabilité de chacun des acteurs, ou otages, de ce loto de l’immobilier, pour qu’ils arrêtent immédiatement cette manière insupportable de fabriquer la ville, au risque de se rendre complices d’une catastrophe urbaine, citoyenne et sociale annoncée à l’échelle du territoire. » Jean-Louis Missika répond qu’il s’agit en l’espèce de cessions de terrains, qui ne relèvent pas du code de la commande publique, et qui n’ont pas forcément été réalisées au profit du mieux disant financier. Pour garantir le respect par les gagnants de l’appel à projets de leurs propositions, il va être intégré dans les contrats de vente des clauses conditionnant la vente au respect  de certains engagements, et une personne sera affectée au contrôle de chaque projet, « de façon bienveillante », rassure Jean-Louis Missika.

Quelle reproductibilité ?

La méthode est en tout cas séduisante, plusieurs villes étrangères ont déjà  contacté l’adjoint pour s’en inspirer, comme Montréal. Un autre appel à projet du même type a été  lancé pour réinventer la Seine, jusqu’à Rouen et au Havre, et le président de la métropole du Grand Paris, Patrick Ollier, a annoncé vouloir utiliser la méthode. En France, pour de plus petites villes, cet urbanisme qui crée l’événement est-il reproductible ? Au-delà  du fait que peu de villes peuvent rivaliser avec Paris en terme « d’effet vitrine », Jean-Louis Missika estime que c’est une bonne chose que la méthode ne soit pas facilement reproductible, au risque de devenir banal : il va falloir trouver un équilibre entre un urbanisme de logique événementielle, et un urbanisme plus classique, dans lequel le partenariat et le dialogue avec le secteur privé seront de toute façon croissants, comme le montre la récente réforme du PLU visant  à promouvoir l’urbanisme de projet.

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