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Education numérique

Le démarrage poussif du plan « tablettes pour tous »

Publié le • Par • dans : France

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wifi1 Jodie Way  CD63 © Jodie Way-CD63

Le plan “Tablettes numériques”, plusieurs fois réajusté, n’arrive toujours pas à remporter l’adhésion unanime des départements pour débuter le déploiement de «l’équipement individuel mobile » des élèves de 5ème dès la rentrée 2016.La visite de Najat Vallaud Belkacem, ministre de l’Education Nationale, le 10 mars 2016, dans les allées du salon Educatec-Educatice sera l’occasion de faire un point d’étape sur ce plan lancé à la rentrée 2014.

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Décoder les enjeux du numérique à l'école

 

Les tablettes numériques étaient encore dans les cartons dans la plupart des 209 collèges sélectionnés comme « préfigurateurs » à la rentrée 2015, alors que le Ministère de l’Education Nationale lançait au pas de charge l’appel à projets « Collèges numérique et innovation pédagogique» le 24 novembre 2015.

Si le renouveau de la pédagogie ne peut se faire qu’à la condition que chaque élève ait un équipement individuel qu’il rapporte à la maison, il faut se rendre à l’évidence : tous les départements ne sont pas encore prêts à se mobiliser.

La liste des 750 collèges volontaires à la clôture de cet appel le 31 janvier dernier étaient bien loin de pouvoir réussir l’objectif ministériel d’équiper 40% des élèves de classe de 5ème à la rentrée 2016.

Les chefs d’établissements incités par leur rectorat à présenter des projets pédagogiques incluant l’usage de tablettes (ou d’ordinateurs portables hybrides), n’étaient pas assez nombreux à avoir reçu l’appui de leur conseil départemental pour cofinancer les équipements.

Un couac dans le calage des calendriers

“Nous n’avions déjà pas pu soutenir les établissements volontaires qui souhaitaient répondre à l’appel à projet de mars 2015 lancé durant la campagne pour les élections départementales. Et nous ne pouvions pas non plus nous engager en novembre 2015 car notre budget éducation n’est voté qu’en mars 2016”, indique Adeline Buisson, chef de projet usages numériques de la Direction de l’éducation et de la jeunesse au sein du Conseil départemental du Loiret.
Le département a pourtant déjà à son actif l’expérimentation « CarTab’ » initiée à la rentrée 2013 pour l’équipement en tablettes tactiles des classes de 6ème et donc un recul sur l’organisation de ce type de déploiement.

Même écho au conseil départemental des Hauts-de-Seine qui présentait, le 18 février dernier, au collège de Sèvres, les applications pédagogiques réalisées avec les classes de 5ème qui ont reçu leurs tablettes avant les vacances de Noël.

Ce collège, (très loin du profil « REP » prioritaire du plan lancé en mai 2015, ndlr) faisait partie des 72 établissements pilotes du programme national des collèges connectés  dit « COCON » . Il était donc éligible de fait pour la rentrée 2015.

Mais tout comme dans le Loiret, les budgets éducation n’étaient pas votés pour accompagner les autres collèges volontaires. La première opération étant déjà chiffrée à 442 000 euros (dont 71 000 co-financés par l’Etat) pour 308 élèves de classes de 5ème, cela méritait un temps de réflexion avant de poursuivre dans les autres collèges d’un  département, même parmi les plus riches de France.

« L’Etat donne son tempo qui n’est pas le nôtre » regrette Florence Sylvestre,directrice du projet Environnement Numérique des Collèges du CD92.

Cependant, une session de rattrapage est proposée aux départements les plus motivés. « Nous  prolongeons l’appel à projets jusqu’au 31 mars  2016. Et comme nous avons un peu de marge au niveau du budget nous l’ouvrons plus largement aux communes. Le nombre des écoles primaires situées dans le secteur des collèges candidats passera de 15%  à 30% », confie Mathieu Jeandron, directeur du numérique pour l’éducation au Ministère de l’Education Nationale.

De plus les départements (tels les Bouches-du-Rhône, le Val de Marne, les Landes, l’Oise ou la Corrèze), qui dotent déjà sur leurs fonds propres les élèves, bénéficieront d’une subvention de 30 euros par élève pour l’achat de ressources numériques.

Le Commissariat Général à l’Investissement, qui a débloqué 99 millions d’euros pour cette nouvelle salve de co-financement vient en effet d’accepter de reculer la date de remise des dossiers.

Une quarantaine de départements  restent à convaincre

D’autres départements préfèrent marquer une pause pour poursuive les plans déjà engagés. Le conseil départemental du Val d’Oise, qui bénéficie de trois collèges du dispositif « COCON », n’a pas encore l’intention de franchir l’étape de la « tablette pour tous ».

« Nous avons été sollicités, mais nous avons indiqué au rectorat que nous voulions d’abord mener à terme le plan numérique territorial déjà engagé depuis 6 ans. Nous constatons une dynamique autour des usages de l’espace numérique de travail (ENT)nous le mesurons au taux de documents publiés dans les espaces collaboratifs par exemple,explique Frédérick Kerbeche, chef du service stratégie numérique au sein de la direction éducation et collèges. La pratique des enseignants change, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain, ils ont besoin d’être accompagnés.»

En filigrane se pose donc la question de l’équité entre les 109 collèges du département, qui sont maintenant tous connectés et abonnés aux ressources proposées sur l’ENT Anper95. Et d’ajouter : « même si nous équipons chacun des 56 000 collégiens d’une tablette low cost à 100 €, cela nous fera un budget annuel de 5,6 millions d’euros. »

Même position au conseil départemental de la Manche qui poursuit le déploiement de l’ENT « l’Educ de Normandie » autour duquel se fédèrent aussi les collèges du Calvados, ceux de l’Orne et les lycées de l’ex-région Basse-Normandie.

Un choix de mutualisation qui permet donc au rectorat de ne former qu’une seule équipe, d’une trentaine de formateurs, qui accompagnent les enseignants dans l’appropriation des nouvelles pédagogies portées par cet environnement.

« C’est déjà un outil transversal et transdisciplinaire qui s’adapte aux enjeux du nouveau programme des collèges qui entrera en vigueur à la prochaine rentrée. Les enseignants peuvent déjà faire de la pédagogie différenciée, sans tablette ou avec les ordinateurs qui sont déjà présents dans les établissements », démontre Hélène Macé, coordinatrice TICE au conseil départemental de la Manche.

Pourquoi pas l’achat de la tablette par les familles ?

« Nous n’avons pas les résultats de l’évaluation des collèges préfigurateurs qu’il faut déjà généraliser, s’insurge Jean-Pierre Quignaux, conseiller innovation, anticipation et nouvelles technologies à l’Assemblée des Département de France (ADF). Nous avons déjà dit lors du comité des partenaires (piloté par la Direction du numérique pour l’éducation, ndlr) que nous étions très dubitatifs sur la réussite de ce déploiement dans le temps imparti. Nous souhaitons que l’année 2016 soit une année de préparation et pas d’investissement. »

Sous l’égide de l’ADF,  les agents territoriaux chargés du numérique éducatif dans les départements se sont réunis le 8 mars pour définir une position commune. Au programme des discussions, notamment, la demande de raisonner désormais à l’échelle d’un bassin d’éducation comprenant le premier et second degré, et non plus en terme d’établissements scolaires.

Mais aussi, autre pavé dans la mare : l’option, suggérée par plusieurs départements, de pouvoir demander aux familles elles-mêmes de participer à l’achat d’un modèle de tablette déjà défini avec un système de quotient pour les plus démunis. Ou encore de laisser les élèves venir avec leur propre équipement.

« Les fédérations de parents d’élèves ne sont pas encore prêtes à accepter le financement par les familles, observe Jean-Yves Capul, adjoint du directeur du numérique pour l’éducation au ministère. Mais si des projets locaux sont présentés sur ce modèle nous les étudierons. »

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