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Médiation

Comment les médiateurs préviennent les conflits dans les écoles

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu experts prévention sécurité

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Negotiations © AKS-Fotolia

Face au harcèlement et à la violence à l'école, la médiation sociale séduit un nombre croissant d'établissements scolaires. En collaboration avec les équipes éducatives, les équipes de médiateurs contribuent – par l'écoute et le dialogue – à responsabiliser les élèves et à améliorer leurs relations et leur bien-être à l'école. Coup de projecteur à Rennes.

 

Chiffres-clés

  • 55 %

des interventions du médiateur social dans les quatre établissements scolaires rennais s'effectuent sur sollicitation des enseignants et consistent en des actions de médiation, sensibilisation, prévention et accompagnements individualisés. 30 % d'entre elles sont spontanées. Le médiateur est aussi sollicité par les élèves, les parents et les partenaires de l'action. 

  • 38 000 euros

C'est le montant du budget de ce dispositif en 2015. 

« Après avoir eu connaissance, par l’équipe éducative, d’un conflit entre élèves, j’interviens soit « à chaud », dans l’immédiateté de la dispute, aux abords et dans les cours des établissements scolaires, soit dans un temps différé. J’assure aussi un suivi du conflit », explique Arnaud Mellier, médiateur social en milieu scolaire (MSMS), à Rennes (Ille-et-Vilaine, 211 400 habitants).

Présent depuis mai 2013 dans un collège et trois écoles primaires du quartier Maurepas, ce professionnel de la médiation sociale, employé par l’association Optima, anticipe et dénoue, par l’écoute et le dialogue, les différends opposant les élèves et susceptibles de dégénérer en violences verbales ou physiques.

Mis en place dans le cadre d’une expérimentation nationale menée par France médiation de 2012 à 2014 dans 160 établissements, ce dispositif vise principalement à prévenir les violences et le harcèlement à l’école, ainsi que l’absentéisme et le décrochage scolaire. Grâce à une démarche de responsabilisation des élèves, l’un des objectifs est de contribuer à un climat scolaire plus serein.

« Il y a eu une prise de conscience que, pour lutter contre les violences à l’école, il fallait agir au plus tôt et mobiliser les acteurs au plus près du terrain », explique Lorena Leray, directrice d’Optima. Pour cela, il a donc été fait appel à ce nouveau métier de médiateur social, qui, sur le terrain, a progressivement gagné la confiance d’intervenants de l’Education nationale et a ainsi constitué une réelle ressource pour certains. « Le médiateur en milieu scolaire ne prend pas la place des personnels des établissements. Il agit en complémentarité avec les équipes éducatives », explique-t-elle.

Modules de formation

Après deux années scolaires, nombreuses sont les actions de sensibilisation et de prévention à avoir été menées sur le mieux vivre-ensemble, le harcèlement, les préjugés, les relations filles-garçons et le racisme, par exemple. Elles ont vu le jour grâce aux échanges quotidiens et au travail étroit entre les équipes éducatives et le médiateur.

Dans ces établissements scolaires de Rennes, l’arrivée du MSMS a été la bienvenue. « Il a été accueilli à bras ouverts », indique Corinne Huon, enseignante et directrice adjointe de l’école Jules-Isaac. « Il apporte beaucoup aux enseignants, dont certains ne maîtrisent pas nécessairement les techniques de médiation. Il les guide dans la gestion des querelles. Sa présence rassure », explique-t-elle.

Les enseignants ont ainsi suivi une formation sur le repérage et la gestion des conflits. « Nous nous sommes approprié des savoir-faire et avons pris conscience de l’importance des attitudes pouvant entraîner une dispute », précise Corinne Huon. « Ce dispositif porte ses fruits sur la durée. L’ambiance générale au sein de l’école a changé de façon très positive. Elle s’est apaisée », ajoute-t-elle.

Pour prévenir les petites discordes, le dispositif s’appuie également sur la médiation par les pairs. « Il s’agit d’une médiation faite par les jeunes, pour les jeunes », précise Arnaud Mellier. Pour intervenir auprès de leurs camarades dans la cour, une soixantaine d’élèves de CM1, CM2, sixième et cinquième ont suivi des modules de formation de 45 minutes chacun, portant, par exemple, sur la posture de bienveillance en médiation et la maîtrise des émotions.

Résultats positifs

L’engouement des élèves pour la fonction est rapidement apparu. « Les enfants sont de plus en plus séduits. La très grande majorité de ceux qui souhaitent être médiateurs présente des dispositions naturelles pour le devenir. Il ne faut donc pas les en priver », indique Arnaud Mellier.

Appréciée de la municipalité, cette présence de proximité, qui semble avoir fait ses preuves, s’inscrit à présent dans la durée.

Le médiateur est « connu et reconnu dans sa fonction par tous », indiquent les partenaires de l’action. Sa disponibilité, sa réactivité, sa neutralité, sa déontologie dans ses interventions, ainsi que son utilité en termes de positionnement, de méthodes de travail et de résultats positifs face aux tensions et incivilités pendant les récréations, leur donnent satisfaction.

« La présence du médiateur est un investissement sur le long terme. Son action se déroule dans le cadre d’un projet territorial et d’une dynamique de quartier », indique Emmanuelle Rousset, adjointe au maire, déléguée du quartier Maurepas.

« Le médiateur contribue à une mobilisation des équipes éducatives »

Laurent Giraud, directeur de France médiation

« L’évaluation de l’expérimentation nationale, menée avec 40 médiateurs sociaux en milieu scolaire, a montré la diminution des violences et du harcèlement. L’amélioration visible du bien-être des élèves a entraîné une baisse de l’absentéisme chez les garçons de sixième. Le médiateur a permis de valoriser les compétences sociales des élèves et de renforcer la relation entre les établissements et les familles.

Sa présence contribue aussi à une mobilisation des équipes éducatives en termes de prévention et de gestion des violences.Ces résultats positifs ont convaincu le ministère de la Ville de développer et de financer ce dispositif dans le cadre de conventions adultes relais. Ainsi, depuis la fin de l’année, 50 médiateurs supplémentaires se déploient dans des quartiers en politique de la ville. »

Références

  • Avantages :

Le médiateur est un appui utile pour prévenir le harcèlement et les conflits entre élèves. &bull Son action s'inscrit dans une dynamique partenariale de quartier, qui participe à la résolution de certaines situations. 

  • Inconvénients : 

Les changements de personnel au sein des établissements nécessitent de convaincre régulièrement de l'utilité du dispositif. 

  • Partenaires :

Ville de Rennes, département d'Ille-et-Vilaine, préfecture, Education nationale, Commissariat général à l'égalité des territoires, association Optima.

  • Contact : 

Arnaud Mellier, médiateur social à l'association Optima, 02.99.14.90.90. 

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