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Développement économique

Pôles de compétitivité : le gouvernement en mode évaluation-réorganisation

Publié le • Par • dans : A la une, France

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380 X 253 Macron-UNE © Gouvernement CC BY SA 3.0

Bercy engage deux démarches concomitantes pour faire le bilan des pôles de compétitivité. Objectif : procéder, au mois de juin 2016, à une révision des 71 groupements d’acteurs économiques constitués autour d’une thématique sur un territoire donné.

 

Chiffres-clés

  • 1000 actions de formation et de développement des compétences conduites en direction des entreprises depuis 2005.
  • 1600 projets collaboratifs de recherche financés par l’Etat via le Fonds unique interministériel (FUI), soit 6,8 milliards d’euros, financés à 24% par l’Etat, à 16% par les collectivités, et à 60% par les entreprises.
  • 40% des partenaires des projets cofinancés par le FUI sont des PME.
  • 4000 projets soutenus par des fonds publics (régions, Etat, Europe) en plus de ceux du FUI

(Source : Bercy)

Pour les pôles de compétitivité, l’heure de l’évaluation et de la mutation a sonné. A l’occasion de leur journée nationale, organisée le 4 mars 2016, à Bercy, le ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, a dévoilé les grandes lignes de ses intentions.

Selon le ministre, le concept, lancé en 2005, a fait ses preuves : ces groupements, constitués autour d’une thématique, sur un territoire donné (entreprises de toutes tailles, laboratoires de recherche, centres de formation, universités…) soutiennent « la création d’emplois et d’activités dans les territoires ». Ils ont aussi permis d’ouvrir aux PME les démarches de recherche et développement, autrefois l’apanage des grands groupes.

Discours de la méthode

Le ministre a expliqué sa méthode, déclinée en trois points :

  • l’implication de toutes les parties prenantes (Etat, entreprises, universités, et collectivités, notamment les régions et les métropoles) ;
  • l’affirmation  «claire», par l’Etat, de ses priorités stratégiques nationales ;
  • la promotion de l’ « intérêt général économique » : «il faut, en la matière, tout faire pour ne pas céder aux espèces de lutte de territoires et de frontières qui sont ridicules. »

Pas de perte de label

Deux évaluations quasi-concomitantes vont être menées.  La première, amorcée en février,  va concerner les « performances individuelles » de chacun des 71 pôles, ces derniers étant à mi-parcours de la « phase 3 » (phase couvrant la période 2013-2019 et orientée vers la création et la diffusion de produits et des services innovants). Elle se terminera fin mai. Elle sera conduite par un consortium de sociétés de conseils. Emmanuel Macron a précisé que cette phase ne serait pas suivie d’une vague de labellisation ou de « délabellisation » : « On va réorganiser, c’est différent. »

La seconde évaluation, d’ordre économique, sera conduite par France Stratégie (1) et portera sur la politique des pôles. France Stratégie a d’ores et déjà analysé l’impact de la politique des pôles sur les activités  de recherche et de développement (R & D), et conclu à un « effet levier des aides publiques » (lire encadré). D’ici à la fin du mois de juin, le ministre veut pouvoir « tirer toutes les conséquences de ces analyses, des retours d’expérience et de ce que nous en auront conclu ».

Regroupements

Les trois principes de la réforme sont d’ores et déjà fixés. Le premier, la « consolidation », vise à affirmer la démarche des pôles de compétitivité comme une « politique stratégique nationale ». Le Fonds unique interministériel (2) restera l’outil d’investissement de l’Etat dans les pôles, mais il devra fonctionner avec des procédures « plus proches du terrain » et « davantage déconcentrées ».

Autre principe fixé par le gouvernement, la « lisibilité », qui, selon Emmanuel Macron, fait défaut, « quand on a 71 pôles ». Il préconise un « rapprochement », à partir des thématiques principales de chaque pôle, autour des 9 « solutions industrielles françaises, définies par le Conseil national de l’industrie en mai 2015, dans le cadre de la stratégie pour « l’industrie du futur » (3). Cette réforme vise « une meilleure articulation des pôles de compétitivité entre les niveaux local, national, mais aussi européen ».

Les 71 pôles de compétitivité au 1er janvier 2016 (Source : Ministère de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique)

Les 71 pôles de compétitivité au 1er janvier 2016 (Source : Ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique)

Proximité et réactivité

Enfin, le troisième principe, la « proximité », vise à mieux articuler développement régional et priorités nationales, en prenant en compte les nouvelles compétences des régions. « II ne s’agit pas de garder les choses comme elles sont », a prévenu le ministre, tout en précisant qu’il n’était pas non plus question de « tout transférer aux régions. »  Par ailleurs, le gouvernement compte faire évoluer le processus de sélection du FUI, pour le faire «gagner en réactivité », et pour associer davantage les acteurs de l’Etat dans les territoires. L’idée est aussi de favoriser un  échange «constant» entre l’Etat et les régions.

Effet levier sur les activités  R & D

Chargée par Bercy de procéder à l’évaluation économique de la politique des pôles de compétitivité, France Stratégie a d’ores et déjà rendu des conclusions sur les activités de recherche et développement (R & D) en France.
« L’effet levier des aides publiques » mis au jour par les experts de France Stratégie se traduit par un accroissement de l’autofinancement en  matière de R & D : « Lorsqu’une entreprise reçoit en moyenne 103 000 euros d’aides publiques en 2012, elle accroît ses propres dépenses de recherche de 474 000 euros la même année. » Au total, notent les experts de France Stratégie, les entreprises appartement à un pôle ont consacré en moyenne 691 000 euros de plus à leurs activités de R & D en 2012 que leurs homologues restées en dehors des pôles.

Cet effet levier se traduit aussi par une hausse des embauches dans les services R & D, avec, en moyenne, pour l’année 2012, 6,5 personnes recrutées.

 

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    Notes

    Note 01 - Instance d’expertise économique placée auprès du Premier ministre - Retourner au texte

    Note 02 - Fonds servant au financement des projets de R & D dans les pôles  de compétitivité - Retourner au texte

    Note 03 - Nouvelles ressources, villes durables, mobilité écologique, transports de demain, alimentation intelligente, économie des données, objets intelligents, confiance numérique, médecine du futur - Retourner au texte

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  1. 1. Sunshine6992 11/03/2016, 21h03

    Existe-t'il une analyse prospective de ces modifications?
    L' actualité peut laisser le lecteur sceptique sur la portée économique réelle à long terme.

  2. 2. François Chevillard 08/03/2016, 15h24

    François Chevillard,
    Président de FCDevelopment

    Evaluation des pôles de compétitivité: se concentrer sur l’essentiel
    Le gouvernement entame une nouvelle évaluation des pôles de compétitivité, la troisième depuis leur lancement voilà dix ans.

    S’il est important que la communauté économique et le public puissent savoir quels sont les objectifs et les résultats de ces organisations d’un type encore récent en France, il est tout aussi nécessaire de se concentrer sur l’essentiel : avoir une vue claire et précise de ce que l’on en attend, fixer des indicateurs pertinents et s’y tenir.

    Aussi, l’alignement annoncé des pôles avec la politique des filières industrielles, leur adaptation à la réforme des Régions, et la disponibilité décroissante des fonds publics sont-elles des raisons compréhensibles pour un réexamen de leur mode de fonctionnement, mais, en termes économiques, bien insuffisantes.

    Encore est-il nécessaire de répondre aux questions de fond : à qui servent les pôles ? Quels sont leurs résultats, évalués comment ? Combien coûtent-ils et combien peuvent-ils rapporter ?

    Une autre question est également majeure : quel est le niveau d’autonomie dont ils disposent pour mener à bien leur mission, au-delà des évaluations périodiques mais aussi des contrôles quelquefois quotidiens et « très serrés » de la part de leurs (nombreuses) tutelles ? Quels sont les véritables leviers d’action, de liberté et de responsabilité dont leurs équipes opérationnelles disposent ? Sur ce point les précédentes évaluations n’ont pas statué. Leur statut et surtout leur mode de fonctionnement restent ambigus, l’organisation des gouvernances – pour ne pas dire, dans certains cas, la théâtralité de ces dernières – n’aide pas toujours à leur efficacité.

    Dans sa récente note sur les pôles de compétitivité, l’agence France Stratégie aborde pour la première fois cette question clairement : l’objet « social » des pôles est de « renforcer l’innovation » et, pour cela, de « favoriser les collaborations ». Point.

    A cette aune, les pôles de compétitivité ont bien assumé leur mission : le nombre de projets collaboratifs de R&D est au total important. On notera qu’en économie du futur, l’innovation, donc la R&D est mère de tout progrès ! 1600 projets, 6, 8 Mrds € en 10 ans, peut-on mieux faire avec des budgets de fonctionnement faméliques et des engagements annuels de l’Etat et des Collectivités locales de l’ordre de 150 à 180 M€ ?

    Un autre véritable indicateur serait le taux de transformation des projets en produits, idée chère à Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron. Dont acte, calculons cette grandeur. Encore faudra-t-il tenir compte des délais propres à chaque secteur industriel : ainsi, dans le domaine de la santé, faut-il attendre un nombre important de nouveaux médicaments après 10 ans, alors que le temps de recherche et de développement de nouveaux produits est quelquefois bien supérieur à cette période ?

    Enfin, le financement privé induit par les projets collaboratifs, soit un facteur de plus de 4, et le nombre de brevets issus des projets collaboratifs, sont des indicateurs pertinents.

    On pourrait ajouter le nombre d’entreprises créées sur le territoire du pôle, mais là, celui-ci n’est plus seul. A côté des innombrables organismes de soutien à la création d’entreprises, il faut aussi compter sur …les entrepreneurs. Se pose la question de leur formation, des soutiens financiers au démarrage, de l’immobilier d’entreprise, entre autres. Si les pôles doivent être responsabilisés sur ces sujets, qu’on leur en donne les moyens, et les pouvoirs.
    Quant au nombre d’emplois créés par les entreprises, ils sont également l’affaire de ces dernières, et ne peuvent être qu’une résultante, ou une dérivée, de l’action des pôles, mais, de grâce, jugeons ce qui peut et doit l’être et seulement cela.

    Reste l’épineuse question du financement de leur fonctionnement ; le mode actuel de financement par des subventions, de l’Etat et des collectivités locales, est à bout de souffle, le niveau des cotisations ne peut pas « monter jusqu’au ciel ». Il est aujourd’hui devenu indispensable d’innover et de trouver de nouveaux financements, en capital comme en ressources d’activités.

    Pour qui accompagne les pôles de compétitivité, au quotidien et de l’intérieur, depuis près de dix ans, il est clair que ceux-ci bénéficient du travail d’équipes engagées, motivées, tournées vers l’obtention de résultats…atteignables et mesurables objectivement, malheureusement trop souvent occultées par l’image trop médiatique et politique qui en est donnée à l’extérieur.

    Les alignements souhaités par le ministre de l’Economie sont tout à fait possibles, et souhaitables dans une optique macro-économique. Mais une avancée significative de leur efficacité ne peut s’envisager sans un règlement des questions touchant à leur objet social, leur organisation et leur financement.

    7 mars 2016.

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