Risques naturels

« Les digues créent l’illusion que le risque n’existe plus »

Par
inondation Com Com Montesquieu

Communauté de communes de Montesquieu

Géographe, maître de conférences en aménagement et urbanisme à l'université de Perpignan, Sylvain Rode souligne le chemin qui reste à parcourir pour faire évoluer les mentalités vis-à-vis des risques liés aux digues.

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Digues : des ouvrages à utiliser avec modération

sylvain-rodePourquoi les digues inspirent-elles confiance ?

Cette confiance s’explique d’abord par l’histoire. Depuis des siècles, les ingénieurs français s’emploient à défendre les hommes et leurs activités contre l’eau de manière quasi militaire, en bâtissant des ouvrages. Les premières digues ont été construites sur la Loire dès le Xe siècle. Ensuite, le facteur psychologique joue. Une digue, c’est tangible, contrairement aux autres solutions de gestion des inondations, comme les zones d’expansion de crue. Enfin, en évitant les débordements dus à des aléas faibles ou moyens, ces ouvrages créent parmi les responsables politiques et la population l’illusion que le risque n’existe plus.

Comment se manifeste cet excès de confiance?

Les agents de l’Etat ne croient plus en l’insubmersibilité des digues et tentent de promouvoir d’autres modes de gestion des inondations qui font « la part de l’eau ». Mais cette révolution culturelle n’a pas encore touché la plupart des communes.

Résultat : des tensions apparaissent souvent entre les élus municipaux et les services déconcentrés de l’Etat lorsqu’il s’agit de définir des prescriptions d’urbanisme derrière les digues, en particulier lors de la révision d’un plan de prévention du risque d’inondation (PPRI). Quand les ouvrages ont été confortés, les élus ne comprennent pas pourquoi l’Etat ne les laisse pas construire.

Construit-on malgré tout encore derrière les digues ?

Oui. Certes, l’Etat est vigilant pour éviter les nouvelles constructions dans une bande de quelques centaines de mètres en arrière des digues, où l’énergie de la vague de submersion serait la plus forte. Mais, au-delà de cette bande, l’on construit encore où l’aléa est faible ou moyen, comme derrière des digues de la Loire dans l’agglomération de Tours.

 

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