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Prévention de la délinquance

« Les acteurs de la prévention ont un rôle crucial à jouer contre la radicalisation » – Pierre N’Gahane

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la Une prévention-sécurité, Actu experts prévention sécurité, France

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secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance (SG-CIPD), Pierre N'Gahane © Filliol

Dans un entretien au Club prévention sécurité de la Gazette, le secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance (SG-CIPD), Pierre N'Gahane, fait le point sur le vaste chantier engagé pour prévenir la radicalisation, qui, selon lui, ne se fait pas au détriment de la politique de prévention de la délinquance. Il revient également sur les priorités du FIPD pour 2016.

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A la tête du secrétariat général du CIPD depuis décembre 2013, le préfet Pierre N’Gahane est chargé de mettre en œuvre la stratégie nationale de prévention de la délinquance. Il pilote également le volet préventif de la politique de lutte contre la radicalisation.

La lutte contre la radicalisation et les filières terroristes occulte totalement la politique de prévention de la délinquance depuis 2015. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ?

Une priorité politique s’est en effet imposée. Il nous a fallu consacrer toutes les énergies à l’élaboration d’une véritable politique de prévention de la radicalisation. Mais nous n’en avons pas pour autant exclu la politique de prévention de la délinquance. Pour preuve, les moyens qui y sont alloués en 2016 dans le cadre du fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) sont préservés à hauteur de 51,7 millions d’euros, auxquels s’ajoute un abondement de 17,7 millions d’euros en matière de radicalisation.

Quelles sont les priorités d’action assignées à la prévention de la délinquance ?

La circulaire du 11 février confirme les programmes d’actions prioritaires issus de la stratégie nationale de prévention de la délinquance. La prévention de la récidive demeure la priorité absolue. Le choix a d’ailleurs été fait de doubler l’enveloppe, qui passe de 4 à 8 millions d’euros destinés à soutenir les initiatives locales. Un guide pratique sur la prévention de la récidive sera également publié dans le courant du mois de mars pour préciser le cadre d’intervention et présenter les outils à la disposition des professionnels.

L’autre grande priorité, c’est l’aide aux victimes et la prévention des violences faites aux femmes. A cet effet, le nombre d’intervenants sociaux en commissariat va encore progresser cette année. Dans le contexte que nous traversons, il faut également préciser que certains enjeux de la prévention se recoupent. Je pense à la vidéosurveillance qui bénéficiera aussi de financements au titre de la prévention de la radicalisation afin de sécuriser des sites sensibles. Enfin, il faut avoir à l’esprit l’impact évident de l’état d’urgence et du renforcement de la présence policière sur la tranquillité publique.

FIPD 2016 : 70 millions d’euros aux collectivités, priorité à la lutte contre la radicalisation

En matière de prévention de la radicalisation, quel bilan tirez-vous de l’organisation instaurée au plan local ?

Il faut quand même rappeler que la prévention de la radicalisation est née d’une circulaire du 29 avril 2014, qui a mis en place les premiers outils de repérages et d’accompagnement des familles. Avant cette date, il n’y avait rien en dehors de l’action policière ! Aujourd’hui, tous les départements sont dotés d’une cellule départementale de suivi pilotée par le préfet. Ces cellules partenariales ont permis d’identifier 1 400 personnes radicalisées parmi lesquelles 630 ont été prises en charge.

Conséquence des restrictions budgétaires départementales, nombre d’associations de prévention spécialisée sont menacées de disparition…

Nous avons besoin des éducateurs de rue, qui jouent un rôle fondamental dans la prévention de la délinquance et de la radicalisation. Ce sont des acteurs indispensables car ils interviennent auprès de jeunes en danger, désocialisés et dont le cadre familial n’est pas bien circonscrit. J’espère que les départements trouveront les solutions pour préserver la prévention spécialisée dans les territoires.

Les éducateurs de rue menacés de disparition

Quel rôle jouent les élus locaux et les professionnels de la prévention ?

Les acteurs de la prévention ont un rôle crucial à jouer contre la radicalisation. Très clairement, ce sont les conseils départementaux, au titre de leurs compétences en matière de protection de l’enfance, qui sont les plus mobilisés. Leurs représentants siègent au sein des cellules de suivi et y participent activement. Les maires, en revanche, y sont encore peu présents et nous devons y remédier. Mais, au-delà de ces groupes de travail, certaines collectivités ont pris des initiatives que je salue. Je pense à la plateforme de ressources installée à Bordeaux par la municipalité, qui a créé un numéro vert destiné aux familles. Des dispositifs intéressants ont également vu le jour à Lyon ou à Sarcelles. Nous y prêtons une grande attention. A terme, je pense qu’il sera nécessaire de transférer cette compétence de prévention de la radicalisation aux collectivités territoriales. Comme cela se pratique à l’étranger.

Vous avez récemment annoncé l’ouverture de centres de « déradicalisation ». Comment seront-ils organisés ?

Deux centres verront en effet le jour cette année et auront le statut de groupement d’intérêt public. Le premier ouvrira ses portes en avril et prendra la forme d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale destiné aux personnes volontaires, dont on estime que la prise en charge est insuffisante. Le second, qui ouvrira plus tard, sera consacré aux personnes sous main de justice qui n’ont rien à faire en milieu carcéral. L’objectif est d’en ouvrir une dizaine au cours des deux prochaines années.

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