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Innovation

Vers des assemblées des communs dans plusieurs villes

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Régions

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© F. Sultan, 2012, CC-BY-SA

Les communs n’ont pas trouvé place dans la loi numérique portée par Axelle Lemaire, pour le moment. Un revers qui n’empêche pas les initiatives dans les territoires. Les « assemblées des communs » élargissent au monde social un concept médiéval remis au goût du jour dans le monde numérique. Exemple à Brest.

 

Pour une assemblée des communs à Brest. Voilà le programme qui a réuni 28 personnes à An daol vras, la cantine numérique brestoise, le 15 février. « Il s’agit de faire comprendre aux acteurs du territoire qu’en partageant des choses, on produit de la richesse et ça va plus vite, annonce en guise de préambule Michel Briand, instigateur de ce projet, membre de l’association Vecam. Il suffit de comparer ce qu’est devenu Encarta, l’encyclopédie payante de Microsoft, à Wikipedia. Ou de se demander pourquoi Toyota a libéré ses brevets industriels sur les véhicules à hydrogène. Le partage volontaire ne s’oppose ni au service public, ni au privé. »

Brest, Toulouse, Lille, Bordeaux, Valenciennes…

Actuellement en France une dizaine d’assemblées des communs sont en cours de création : à Toulouse, Brest, Lille, Rennes, La Réunion, Bordeaux, Valenciennes, Paris et Amiens. S’il existe autant de communs que de collectivités humaines mobilisées autour d’un domaine (jardins partagés, fab labs, logiciels libres, Amap…), leur assemblée entend être leur interface avec le monde politique. « Pour sortir du binaire entre l’Etat et le privé, il faut au moins trois voix : celle des citoyens qui produisent les communs, d’une économie éthique et d’un pouvoir public réformé vers un Etat partenaire. L’assemblée est un moyen pour aller dans cette direction, » explique Michel Bauwens, créateur de la Fondation des alternatives P2P.

Si Brest se lance dans une assemblée des communs, ce n’est pas un hasard. Le festival « le Temps des communs » y a été créé en 2009 et dès 2010, Brest Métropole Océane (8 communes, 213 000 habitants) s’était distingué en rendant librement utilisables ses données géographiques. Sur ce territoire, deux domaines semblent se distinguer comme porteurs de communs : la culture et la vie de quartier.

“Nouvelles formes de relations avec les citoyens”

Pour Nathalie Chaline, adjointe d’un quartier de 21 326 habitants, l’assemblée des communs est un enjeu d’innovation sociale. « Nos collectivités doivent changer, expose-t-elle. Les services ont des savoir-faire et des compétences diverses et nous, élus, devons développer de nouvelles formes de relations avec les citoyens. D’ailleurs, les services travaillent de plus en plus en accompagnement avec les citoyens, par exemple quand ils souhaitent des arbres fruitiers dans les espaces publics, nous y œuvrons avec le service des espaces verts. »

La vie de quartier s’inscrit dans les communs d’un territoire, rajoute-t-elle : « Quand vous réfléchissez avec les acteurs d’un quartier, il se crée de la confiance et de la bienveillance. On peut alors travailler ensemble. Je pense à une école dont une classe risquait de fermer et où se posait une question de mixité sociale. Nous avons réuni les parents et l’équipe pédagogique,un projet a émergé autour de la philosophie. La classe n’a pas fermé et ce travail a profité aux projets éducatifs locaux et au quartier. » L’élue brestoise considère les communs comme porteurs d’innovation sociale et l’assemblée des communs comme l’outil adéquat pour les unir à l’échelle d’un territoire.

« Acteurs de la transformation sociale »

Si Michel Briand, ancien vice-président de Brest Métropole Océane, constate que « le partage volontaire ne s’oppose ni au service public, ni au service privé » et que « cette envie de coopérer est éloignée des logiques du monde politique », il observe aussi qu’en général, le service public n’est pas partageur et alors que d’autres acteurs, à la manière d’un monsieur Jourdain, « pratiquent des communs sans le savoir ».

C’est donc aussi dans cet esprit que les textes du site Internet de Brest ne sont pas en copyright mais sous licence Creative commons. Dans la même optique, l’association Vecam a publié, il y a deux ans, 16 propositions aux candidats aux élections municipales pour « définir, appuyer ou intensifier une politique des communs à l’échelle des villes ». « Il faut que les élus se rendent compte que leurs territoires changent et que les acteurs de ces changements sont les communs, déclare Michel Briand. Il faut les accompagner car ces acteurs sont souvent isolés dans leurs sphères d’action. L’assemblée des communs peut les rassembler et devenir un mouvement de transformation sociale. »

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