Transports publics

Le téléphérique urbain prend son envol

| Mis à jour le 21/11/2016
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Bouygues/BMF

Longtemps limité aux zones de montagne, le téléphérique devrait voir son développement facilité en ville.

Bordeaux, Toulouse, Vélizy, Orléans, etc. Depuis quelques années, un nombre croissant de collectivités françaises forme le dessein de mettre en service un téléphérique urbain pour le transport du quotidien de leurs habitants, à l’image de ceux des métropoles de Rio ou de New York. Malheureusement, hormis Brest, qui vient d’inaugurer son téléphérique, et si on oublie Grenoble, dont les « bulles » sont à vocation touristique, aucun n’a jusqu’à présent franchi le cap de la mise en œuvre en ville. Cela, notamment, en raison d’entraves réglementaires anciennes s’appliquant aux zones de montagne et qui s’avèrent trop contraignantes en ville.

Vents favorables

Heureusement, aujourd’hui, le vent tourne. Une réforme législative, initiée dans le cadre de la loi de transition énergétique, est en cours pour réduire ces contraintes. Le 3 février, en effet, Ségolène Royal, alors ministre de l’Ecologie, présentait en conseil des ministres un projet de loi visant à ratifier l’ordonnance du 18 novembre 2015 relative à l’instauration de servitudes d’utilité publique dans le transport par câbles en milieu urbain.

Le texte prévoit ainsi que la mise en service d’un téléphérique n’occasionnera pas systématiquement l’expropriation des habitants d’une zone survolée, mais « simplement des restrictions à la jouissance de terrains privés », est-il précisé.
De même, « d’autres textes facilitateurs pourraient voir le jour très prochainement en 2016 », indique Victor Antonio, responsable de la mission « tramway et téléphérique » à Brest métropole.

Des atouts multiples

Mais pourquoi favoriser maintenant ce mode de transport en ville, qui, rappelons-le, est loin d’être une nouveauté puisqu’il existerait depuis le XIIIe siècle  (1) ?

Parce que, comme le rappelle le compte rendu du Conseil des ministres du 3 février, celui-ci « contribue réellement aux objectifs de la COP 21 : c’est un mode silencieux, propre […] et peu consommateur d’espace en raison d’une emprise au sol réduite. Il permet de franchir des obstacles, des dénivelés ou des coupures urbaines, de désenclaver des quartiers à l’accès difficile, de relier et de décongestionner les réseaux de transport des villes ».

Cerise sur le gâteau, son coût de construction peut s’avérer très intéressant par rapport à d’autres modes habitués du bitume urbain (il serait, par exemple, deux à trois fois moins cher au kilomètre qu’un tramway, un chiffre variant cependant en fonction des projets).

Limites connues

Pour autant, les atouts du système ne doivent pas faire oublier ses limites bien connues. Outre certains aspects techniques (distances traversées uniquement rectilignes, moins bonne accessibilité par rapport à d’autres modes, etc.), de multiples inconnues existent.

Ainsi, la question des coûts d’exploitation se pose : « Nous n’avons pas de réponse à ce sujet en milieu urbain, reconnaît David Dubois, chargé d’études au Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement, car nous ne disposons pas d’exemples sur le territoire et la comparaison avec d’autres pays est difficile puisque n’ayant pas les mêmes réglementations. »

S’ajoute le fait que l’acceptation sociale peut ne pas être au rendez-vous, « les habitants n’étant pas forcément favorables au passage de ces modes au-dessus de leur tête, de leur jardin, etc. » indique une source proche du dossier.

Les pieds sur terre

Enfin, selon Jean Sivardière, vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut), ces ovnis du monde urbain ne sont pas toujours pertinents : « Certains projets pourraient voir le jour là où il serait plus judicieux d’avoir un tramway ou un bus à haut niveau de service, car il existe un risque d’effet de mode chez des élus qui veulent laisser une empreinte sur leur territoire. »

Malgré la facilitation réglementaire, le vice-président de la Fnaut invite ces dits élus à garder les pieds sur terre : « Le téléphérique peut être un outil utile dans certains cas, mais pas partout. Il faut donc l’utiliser avec intelligence. »

Commentaires

1  |  réagir

01/03/2016 10h34 - Pierre JAUSSAUD

La déclaration que Jean Sivardière vous a faite à propos du câble s’applique à tous les modes sans distinction. Il n’en reste pas moins que le câble coute moins que le tram au sol dans un rapport de 3 quand ce n’est pas 6 comme à Nice. Quand on manque d’argent partout, comment doit on appeler le gaspillage à ce point du peu que l’on a?

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