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Quartiers prioritaires

Politique de la ville : les centres de ressources dressent leur bilan de la réforme

Publié le • Par • dans : Actu prévention sécurité, France

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banlieues_fotolia © Philippe Minisini - Fotolia.com

Quelques semaines après la clôture des signatures des contrats de ville 2015-2020, le réseau national des centres de ressources de la politique de la ville s’interroge sur la portée transformatrice de l’ambitieuse réforme de février 2014. Outre quelques avancées notables, leur note fait apparaître plusieurs points de vigilance sur la participation citoyenne ou l'articulation entre enjeux urbains et sociaux.

 

Alors que s’est enclenchée la mise en oeuvre des nouveaux « contrats de ville 2015/2020 sur le terrain, il sera possible d’ici quelques mois de dresser un bilan de la loi du 21 février 2014 réformant la politique de la ville. Ses promesses vont-elles être tenues ou bien cette politique de discrimination positive territoriale censés bénéficier aux quartiers prioritaires (ex-ZUS) va-t-elle retomber dans ses errements historiques ?

Prenant soin de ne pas répondre directement à cette question sensible, la note de dix pages remise en février par le réseau national des centres de ressources de la politique de la ville (CRPV) au ministre de la Ville, Patrick Kanner, n’en demeure pas moins enrichissante. Si la nuance est donc encore de mise, des premières tendances sont néanmoins susceptibles d’être dégagées.

« Certains territoires abritant des quartiers prioritaires ont saisi l’opportunité de la réforme pour revenir à une méthode-projets », relate-t-elle avec satisfaction.
Ses auteurs indiquent que, sur ces différents sites, les nouveaux objectifs prioritaires de la politique de la ville ont ainsi été définis collectivement après avoir été mis en débat avec les autres services des collectivités, les conseils départementaux ou régionaux mais aussi certains services de l’Etat (Education nationale, DIRECCTE), Pôle Emploi ou bien encore les CAF.

Un partenariat à consolider et concrétiser

Un premier obstacle devra toutefois être surmonté au cours des prochaines semaines : ce partenariat, noué durant l’élaboration des contrats de ville, doit dorénavant se concrétiser par l’injection de davantage de moyens de droit commun dans ces territoires fragiles. En effet, les acteurs locaux devront « conserver ce même niveau d’engagement sur la durée du contrat, sans épuiser les professionnels et les élus, tout en y intégrant les habitants » prévient la note.

Repérés par des contrats de ville « formatés » et cloisonnés, d’autres territoires ont par contre « davantage subi la réforme », constatent, plus sévères, les directeurs de centres de ressources à l’origine de cette initiative.

De nombreux enjeux restant à approfondir

A leurs yeux, l’intégration des projets de renouvellement urbain aux contrats de ville telle que prévue par la loi Lamy laisse pour le moins à désirer, du fait notamment d’une approche par pilier renforçant une logique de tuyaux d’orgue. Si bien que « l’élaboration de projets de territoire qui aurait permis cette articulation entre le volet social et le volet urbain du développement des quartiers prioritaires » se révèle finalement exceptionnelle.

Autres points noirs relevés par la note des CRPV – qui couvre près de 80% des territoires prioritaires :

  • Une approche strictement communale qui reste « encore largement majoritaire » ;
  • Des professionnels de la politique de la ville qui « paraissent encore peu réceptifs à la dimension économique du développement » ;
  • Au-delà de quelques démarches innovantes permettant une « prise en compte plus marquée des préoccupations quotidiennes des habitants », l’engouement pour les conseils citoyens qui est, là encore, « loin d’être général ! »

Attention à ne pas se laisser disperser

Le chantier pour réorienter la politique de la ville sur le terrain est donc loin d’être terminé. C’est pourquoi le réseau national des centres de ressources demande, en conclusion, au ministère de la Ville et aux collectivités de se concentrer sur la réduction des inégalités sociales et territoriales plutôt que se faire happer par l’actualité.

« Sans contester l’importance de la connaissance des principes de laïcité ou la nécessité de prévenir la radicalisation, il nous semblerait dommageable que ces nouvelles priorités détournent les professionnels d’autres objectifs qu’ils ont d’ores et déjà bien du mal à concrétiser, comme la prévention des discriminations ou la participation des habitants. » Le message du CRPV a le mérite de la clarté.

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