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Lutte contre le terrorisme

Les travailleurs sociaux du Nord se forment en nombre contre la radicalisation

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Actu experts prévention sécurité, Régions

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Formation panneau © Phovoir

Plus de 350 personnes – majoritairement des travailleurs sociaux du Nord – ont assisté à une conférence du sociologue Farhad Khosrokhavar, auteur du livre « Radicalisation », organisée par la coordination « Ensemble on fait quoi ? » mardi 23 février. Objectif : mieux comprendre les ressorts de la radicalisation des jeunes afin d'identifier, ensuite, des outils de prévention mobilisables sur le terrain.

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Radicalisation religieuse : les travailleurs sociaux en première ligne

 

Mardi 23 février 2016, 14h30. L’amphithéâtre de l’institut régional du travail social à Loos (Nord) est plein à craquer. Bonnets, bérets, sac à dos, basket, jeans, hommes, femmes, cheveux longs, courts, gris, etc… Le public, nombreux, de la conférence organisée par la coordination « Ensemble on fait quoi ? » avec le sociologue Farhad Khosrokhavar arbore différents looks, quoique peu de costumes-cravates.

Plus du tiers des participants sont des travailleurs sociaux du conseil départemental du Nord, un autre petit tiers des agents de la prévention spécialisée, le reste étant composé majoritairement de travailleurs sociaux en formation, d’éducateurs travaillant dans des centres sociaux ou directement pour des municipalités du Nord. Quelques professionnels du Pas-de-Calais sont aussi venus.

Désir de formation

Si, dans plusieurs territoires, certains travailleurs sociaux n’identifient pas la radicalisation religieuse comme l’une de leurs prérogatives ; dans le Nord, ils sont nombreux à vouloir se former à ces questions plus qu’émergentes.

Ils sont spécialement venus écouter Farhad Khosrokhavar, auteur du livre « Radicalisation » (1), qui, col roulé noir sur fond noir, commence à énumérer les différents profils-types de djihadistes qu’ils sont susceptibles de retrouver actuellement.

Besoins d’arguments

« Nous venions chercher des éléments de réponse, des informations » expliquent à l’issue de la conférence deux éducateurs en prévention, qui ajoutent avoir trouvé les propos du sociologue très justes. « Il a souligné qu’un vrai tournant s’est opéré depuis 2013, avec une multiplication des profils concernés. Nous constatons nous-même sur le terrain que les jeunes, voire très jeunes, sont de plus en plus sensibles à ces sujets. Que faire face à une jeune fille de 14 ans qui décide subitement de porter un voile intégral ? »

Un étudiant aspirant à devenir éducateur spécialisé, actuellement chargé de prévention dans une ZSP, est lui aussi venu à la conférence avec l’espoir de trouver quelques réponses aux situations qu’il vit sur le terrain : « Le sujet nous questionne. Nous avons besoin d’outils, d’arguments, d’une réflexion commune. Ces conférences sont très intéressantes pour cela ».

« Je viens ici pour essayer de comprendre ce qui se passe », ajoute une éducatrice de rue en sortant de l’institut régional du travail social. Un salarié de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) confirme, de son côté, le besoin de formation des travailleurs sociaux afin de pouvoir signaler de façon adéquate les cas de radicalisation : « Il existe beaucoup de confusion. Des signalements sont parfois pour ne pas dire souvent réalisés sans réels fondements. »

Ne pas avoir peur de la déradicalisation

Un autre éducateur, préférant lui aussi garder l’anonymat, ajoute : « il y a également beaucoup d’actions à mener en prison. Pourtant, le service de probation m’a dit qu’ils étaient en manque de moyens. Et l’imam qui vient le vendredi n’a pas le droit de parler de radicalisation. Comment réussir si l’État ne nous accompagne pas ? ».

Pour Farhad Khosrokhavar, il n’y a plus lieu d’attendre indéfiniment une réponse des institutions régaliennes. La solution passe notamment par la promotion du dialogue entre les différentes communautés cohabitant sur les mêmes territoires. « La société civile française doit se mobiliser davantage sans attendre ni l’aide de l’Etat ni celle des religieux. Les citoyens n’ont pas besoins ni d’imam ni de rabbin pour se parler ! » exhorte ce directeur d’études à l’EHESS.

Pour les jeunes radicalisés revenus de leur « voyage initiatique » en Syrie ou ailleurs, Farhad Khosrokhavar souligne qu’ il ne faut pas surtout pas avoir peur de la phase de « déradicalisation » :  « Il faut pouvoir discuter, débattre avec eux. On peut être sceptique sur ce concept, mais l’expérience menée dans d’autres pays montre des réussites indéniables en la matière. » Qu’elles soient écologiques ou humanitaires, le sociologue souligne par ailleurs le besoin de créer de nouvelles utopies à destination de la jeunesse : « Il faut réanimer le tissu social. La société ne peut pas vivre sans utopie. Nous avons besoin de croire ensemble à quelque-chose ».

« Ensemble on fait quoi ? » forme les professionnels du travail social

Il y a un an, l’ensemble du réseau APSN, association qui anime le centre de ressources départemental du Nord au profit des acteurs de la prévention spécialisé, se réunissait suite aux attentats survenus en janvier 2015 en région parisienne. Un temps d’écoute, d’échanges, mais pas seulement. La grande majorité des acteurs se sont aussitôt retrouvés sur la nécessité d’accompagner la qualification des professionnels sur les processus de radicalisation, les faits religieux dans le travail social et les questions de laïcité, ainsi que sur le besoin de favoriser la création d’espaces de dialogue et d’échanges avec leurs différents publics.Rencontres habitants 7

Le réseau de l’APSN et l’association « Laisse ton empreinte » ont alors lancé un appel à leurs partenaires pour construire des réponses dans le cadre d’un projet collectif baptisé « Ensemble on fait quoi ? » Depuis sa constitution, cette coordination et les acteurs qui l’ont rejoint déclinent différentes actions dont un cycle de conférences gratuites pour les professionnels. Celle du 23 février est la quatrième de ce cycle. En moyenne, sur ces dernières conférences, 260 personnes sont présentes. Prochaine conférence : le 22 mars 2016, avec Amandine Kervella, sur l’éducation aux médias.

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