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Mobilité : Waze drague les collectivités locales

| Mis à jour le 23/02/2016
Par
Circulation à Bordeaux

La Cub

L’application de trafic et de navigation communautaire, utilisée par 3 millions de personnes en France, aimerait nouer des partenariats avec des villes. Monnaie d’échange proposée ? Les données, porteuses d’informations sur le trafic, que collecte l'entreprise.

Waze France a annoncé son premier partenariat avec un acteur français de la mobilité, Sanef, le 18 février 2016, dans le cadre de son programme “Connected citizens”, dont le slogan est : « Connecter citoyens et administrations via les données ». Et souhaiterait bien étendre ce type de partenariat aux collectivités locales, comme elle le fait déjà à l’étranger.

L’argent n’est pas la monnaie d’échange de l’application d’aide à la circulation : ce qui intéresse les deux parties, ce sont les précieuses données porteuses d’information sur le trafic, le nerf de la guerre pour la société d’origine israélienne, racheté par Google en 2013 pour 1,1 milliard de dollars.

La société se finance en effet uniquement sur la publicité : plus elle possède d’utilisateurs, plus elle peut monnayer son « audience ». Elle doit donc proposer le service le plus performant possible pour en attirer de nouveaux.
Actuellement, elle en compte plus de 50 millions dans le monde, dont 3 millions en France, ce qui en fait un de ses principaux marchés.

Accident, travaux…

Outre les données statiques sur les routes, la particularité de Waze est de s’appuyer sur les données apportées par les usagers, pour formuler ses recommandations de navigation : accident, travaux, etc.
Plus les informations sont fraîches et fines, plus elles ont de la valeur. Récupérer les données des collectivités lui permettrait de les affiner encore un peu plus.

De son côté, la collectivité locale peut profiter de celles de Waze, complémentaires des siennes : les smartphones des wazers sont autant de capteurs sur la voirie qui remontent des informations qu’elle ne peut pas forcément avoir avec ses seuls services.
Ce type de partenariat représente une des réponses possibles à l’épineuse question des échanges de données publiques et privées, qui seront une des clés des services publics de demain.

Waze vante sur son site les avantages pour la collectivité :

« Échanger des données avec Waze pour :

  • Réduire la congestion de la circulation dans votre zone
  • Rerouter les utilisateurs Waze en temps réel lors de fermeture de route ou d’incidents
  • Savoir ce qu’il se passe sur vos routes
  • Accéder au flux de données locales et personnalisées de l’outil Traffic View pour suivre trafics inhabituels, accidents et dangers dès qu’ils surviennent
  • Augmenter l’efficacité de la réponse aux incidents
  • Améliorer la gestion du trafic : les partenaires ont constaté que les utilisateurs Waze signalent régulièrement accidents et dangers 10 minutes avant les autres sources existantes
  • Communiquer avec les conducteurs de la zone en temps réel
  • Signaler aux conducteurs Waze les événements majeurs comme les marathons »

Thomas Guignard, qui s’occupe du bureau français depuis son ouverture en janvier 2015, “lance un appel aux collectivités intéressées”. S’il “serait ravi d’avancer avec le plus grand nombre”, les grosses villes sont bien sûr plus intéressantes, pour des questions de retour sur investissement : “nos ressources sont limitées, six personnes en France et trois personnes à distance ; nous privilégions donc les choix les plus utiles.” Et il l’assure, la gratuité restera la base de l’échange. Espérons-le car le rapport de force pencherait en faveur de Waze, riche comme Crésus en données de mobilité.

Pour le moment, des discussions sont lancées, sans que Waze France avance de noms. Bordeaux aurait été contacté, et on peut parier aussi que Paris, la principale base d’utilisateurs en France, l’est aussi, tout comme les principales métropoles. “Toutes les villes ne nous connaissent pas encore, regrette Thomas Guignard, c’est normal, notre installation en France est récente.”

Que vaut la data ?

Le choix de la gratuité adopté par Waze ne va pas de soi : Strava, une application pour cycliste, monnaye ses données, dans le cadre de son service Strava Metro, pour un prix peu élevé.

Simon Chignard, co-auteur d’un ouvrage sur l’économie de la donnée, expliquait : “Le plus frappant dans cette transaction, est son faible montant (20.000 $). On peut même penser qu’il y a plus de valeur générée par l’écho médiatique donné à cet accord que par la transaction elle-même ! Ces deux exemples illustrent aussi les stratégies de tarification et l’épineuse question du prix de vente des données. Comme pour de nombreux produits ou services émergents, deux logiques complémentaires sont visibles : faire payer ce que ça coûte de produire les données et faire payer ce que les données font gagner.”

Le partage de données personnelles dans le cas de Strava n’est pas sans poser des questions sur la vie privée, même si les CGU précisent que les données des usagers peuvent être utilisées dans le cadre de ce programme, dans une clause bien cachée.
Thomas Guignard rassure sur ce point : “aucune donnée personnelle n’est échangée.”

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