En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X
Déposez votre CV Fournisseurs du secteur public

Logo Gazette.fr

4

Commentaires

Réagir

Santé

Déserts médicaux : les sénateurs haussent le ton contre les médecins

Publié le • Par • dans : France

4

Commentaires

Réagir

Doctor with laptop and man in doctor's office © Phovoir

Lors de l'étude de la loi Santé, des sénateurs avaient déjà demandé, en vain, des mesures plus contraignantes sur l'installation des médecins libéraux. Lors d'une table ronde, le 17 février, ils ont relancé le débat.

 

Les représentants de médecins ont été chahutés, mercredi 17 février 2016, lors de la table ronde sur la démographie médicale organisée par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. Les arguments de Patrick Bouet, président du Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) et Emilie Frelat, présidente du Syndicat national des jeunes médecins généralistes (SNJMG) ont été écoutés mais semblent avoir eu peu de poids face à des sénateurs ou représentants d’associations d’élus locaux qui font face, dans leurs circonscriptions, a des citoyens de plus en plus inquiets du départ en retraite des médecins généralistes et des délais d’attente qui s’allongent chez les spécialistes.

« Je ne suis pas du tout d’accord avec l’idée que les déserts médicaux sont la conséquence de déserts républicains », a ainsi affirmé Hervé Maurey, sénateur (UDI) de l’Eure et président de la commission de l’aménagement du territoire, visiblement pas convaincu par l’explication de Patrick Brouet sur les ratés des politiques incitatives : « Il est vain de penser que l’incitation amènera les médecins dans les zones désertiques. »

Le président du conseil de l’ordre a néanmoins reconnu que l’incitatif, jusqu’à présent, n’avait pas fonctionné. Pas question pour autant de parler coercition, ou même régulation. C’est par la formation que les représentants des médecins veulent améliorer la situation. Le CNOM milite pour une politique de professionnalisation, qui permette aux médecins de s’installer plus rapidement à la fin de leurs études, alors que le délai actuel est de cinq ans en moyenne. La présidente du SNJMG demande, de son côté, une valorisation de la médecine générale lors des études, très centrées sur l’hôpital. Emilie Frelat assure :

Plus on va amener les étudiants à découvrir les territoires, plus ils auront envie de s’y installer.

Des élus désarmés

Rester dans l’incitatif est également la piste défendue par l’assurance maladie. Hedda Weissmann, de la Cnamts (Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés), a ainsi expliqué que les politiques mises en place ces dernières années avaient « évité la détérioration de la situation dans certaines zones. On n’a pas été au bout de l’inventivité dans l’incitatif », assure-t-elle.

Sur le terrain, les élus se sentent pourtant désarmés. De nombreux sénateurs ont appuyé le constat fait par l’Association des petites villes de France – qui vient de publier une enquête sur le sujet – ou de Ville et Banlieue : la pénurie de médecins ne fait que s’accroître depuis plusieurs années.

Les sénateurs de la commission ont donc reparlé de la possibilité de déconventionner les médecins qui s’installeraient dans des zones déjà sur-dotées, pour les encourager à ouvrir leur cabinet dans les territoires en souffrance. Ils avaient adopté à l’unanimité un amendement dans ce sens dans le cadre de la loi Santé, mais qui avait été rejeté par la commission des lois. Au sein de la commission d’aménagement du territoire, les esprits semblent prêts à relancer l’idée et passer par la législation pour imposer des installations dans les déserts médicaux, quitte à déplaire aux praticiens.

La régulation au bon vouloir des médecins

Sur le modèle des infirmiers, les médecins pourraient négocier la mise en place d’un système de régulation avec l’Assurance maladie. Dans les zones sur-dotées en infirmiers libéraux, les nouvelles installations se font sans conventionnement par la Sécurité sociale, et donc sans remboursement par les patients. Au contraire, les infirmiers libéraux qui s’installent dans les zones sous-dotées sont aidés financièrement. Cela pourrait être mis en place rapidement. « Le jour où les médecins pensent, comme les infirmières, et que la société pense collectivement qu’une régulation dans les zones sous-dotées et sur-dotées est un sujet, et que la compétence est donnée aux partenaires conventionnels, alors on pourrait en discuter avec des mesures adaptées au sujet », a affirmé la représentante de la Cnamts, Hedda Weissmann. Les médecins ne semblent cependant pas pressés d’ouvrir ces discussions.

Haut de page

4

Commentaires

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

Mots-clés

Thèmes abordés Aménagement du territoireSanté

4 Commentaires

Ajouter un commentaire
  1. 1. Celtica 19/02/2016, 18h46

    Aujourd'hui, ce que cherche un médecin, c'est gagner beaucoup d'argent (merci la sécu !) et avoir des horaires confortables. D'où l'attrait pour le salariat. Je travaille dans un cabinet médical en libéral où chacun des médecins prend 7 à 8 semaines de vacances en travaillant 4 jours et demi par semaine et la dernière consultation est à 19h. Certains l'avouent franchement : ils réduisent leur activité pour ne pas payer trop d'impôt. Pour répondre à Dupignon, oui il y a des zones sur-dotées, regarder les villes des côtes atlantiques ou méditerranéennes !!! Augmenter le numerus clausus, il y aura de la concurrence et ils seront bien obligés de s'installer dans les déserts médicaux pour gagner leur croûte. Les patients du fin fond de la Bretagne méritent autant d'être soignés que les patients de Nice ou Carnac !

  2. 2. DUPIGNON 19/02/2016, 15h31

    Quand donc nos politiques et autres élus de tous poils vont ils intégrer qu'il n'existe pas de zones surdotées en France ?
    Quand vont ils comprendre que le déséquilibre réside entre le salariat et le libéral ?
    Un médecin sur dix ose encore s'installer en "libéral"
    L'application de mesures coercitives n'aura qu'un seul effet , décourager les dernières bonnes volontés
    Accordez aux médecins des honoraires dignes de ce nom et déchargez les de charges administratives aussi pesantes qu'inutiles et le facteur "désertification" sera en grande partie résolu

  3. 3. JO 18/02/2016, 12h28

    Honte à eux certes........mais ils pointent du doigt un gros problème tout de même.

  4. 4. pov citoyen 18/02/2016, 06h06

    Si on compte sur les sénateurs pour trouver une solution..... A leurs retraites, bénévoles s'ils le souhaitent (il doit y avoir du besoin aux restos du cœur ou à Calais pour aider les autres), place aux jeunes qui on besoin de travailler. Honte à ces nantis de la république et à leur petit monde qui creusent le déficit public sans retour.

  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.