Transports

Le ferroviaire francilien dans le collimateur de la Cour des comptes

Par
rerA1

Poudou99 CC by SA Wikimedia

Dans son rapport annuel 2016, rendu public le 10 février, la Cour des comptes s’est notamment attaquée à la question du réseau ferroviaire francilien. Si des améliorations ont été constatées par rapport à 2010, beaucoup de points, cependant, restent à améliorer.

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Rapport 2016 de la Cour des comptes : l’urgence de moderniser les services publics

Des progrès, mais de « lourdes insuffisances ». C’est en substance la position qu’a défendu la Cour des Comptes, vis-à-vis des transports ferroviaires franciliens, dans son rapport annuel 2016 rendu public le 10 février.

Ferroviaire : des améliorations

Ce réseau, qui transporte chaque jour plus de huit millions de passagers, avait déjà fait l’objet d’un précédent rapport de l’institution en 2010. Cette année, les Sages présentaient les résultats d’une enquête visant à mesurer si les recommandations faites à l’époque avaient abouti à quelque chose, ou pas. Résultat, plusieurs améliorations ont été constatées. Cela, tant au niveau du fonctionnement que du mode de gestion de ce dernier.

Autre bon point, le niveau d’investissement est à la hausse : « Les contrats 2008-2011 prévoyaient une enveloppe d’investissements de 5 milliards d’euros pour la RATP et 1,35 milliard d’euros pour la SNCF. Pour une même durée de quatre ans, les contrats 2012-2015 ont porté ces montants à 6,5 milliards d’euros (soit + 30 %) et 2,3 milliards d’euros  (soit + 70 %) respectivement», indique le document.

Des « insuffisances » de taille

Mais à ces évolutions positives, les Sages ont cependant ajouté plusieurs remarques négatives sur le réseau. Parmi elles figure « la performance médiocre de nombreuses lignes », notamment A et B du RER, exploitées par la SNCF et la RATP. Deux lignes particulièrement importantes dans la région, puisqu’elles transportent chaque jour entre 1 et 1,2 million de voyageurs (« soit près de quatre fois la totalité des voyageurs des TGV circulant quotidiennement sur le territoire national », tiennent à préciser les Sages).

En termes de ponctualité, par exemple, la Cour des Comptes regrette qu’aucune « des deux lignes n’a atteint depuis 2010 l’objectif contractuel [négocié avec le Syndicat des transports franciliens (Stif)] de 94% de voyageurs arrivés avec moins de cinq minutes de retard à destination. Le RER A oscillant entre 81,4% et 85,6%, et le RER B passant de 80,1% en 2010 à 88% en 2014″.

Un malus multiplié par trois pour la SNCF

Les autres lignes ferroviaires gérées par la SNCF ne font guère mieux, puisque 9 sur les 11 n’ont pas atteint leurs objectifs en termes de ponctualité, faisant qu’entre 2010 et 2014 le malus versé par la compagnie nationale au Stif a été multiplié par trois : de 6,3 à 19,5 millions d’euros.

Autre gros bémol, selon la Cour des comptes, celui de la qualité de service du réseau Transilien, victime d’insuffisances « récurrentes ». Insuffisances qui trouveraient « leur origine dans un sous-investissement persistant, lié au fait que les gouvernements successifs, la SNCF et RFF ont, pendant plus de 30 ans, accordé la priorité au développement du réseau des lignes à grande vitesse (LGV) » au détriment des autres lignes.

Cela alors que ce même réseau Transilien, « s’il ne représente qu’environ 10 % du réseau ferré national, supporte à lui seul 40 % du trafic voyageur assuré quotidiennement par la SNCF sur l’ensemble du territoire ».

Grand projets : les douloureuses questions financières et techniques

Enfin, les Sages reconnaissent certes que certains projets tels que le Grand Paris Express, Eole (prolongement du RER E) et le CDG Express, sont « très ambitieux, mais ils risquent de se heurter à une double difficulté : financière et technique ».

Face à ces constats, la Cour émet plusieurs recommandations nouvelles ou réitérées.
Celle d’augmenter les tarifs pour les usagers,  de « maintenir la priorité absolue donnée à l’entretien et à la maintenance du réseau Transilien », et enfin, celle d’opérer une hiérarchisation des projets d’infrastructures des 10-15 années à venir « à l’aune des capacités financières, techniques et humaines mobilisables au cours de cette période. »Tout un programme.

« L’échec collectif » de la lutte contre la fraude

Du côté de la lutte contre la fraude, l’autre volet concernant les transports franciliens dans le rapport,  les Sages ont relevé que malgré l’enjeu économique croissant qu’elle représente, la resquille reste encore sous-estimée et en plein développement.

Ainsi, celle-ci est passée de 9 à 14% entre 2009 et 2014 sur le réseau des bus et tramways, et de 3,6 à 5,4% entre 2008 et 2012 dans les métros. En volume, cela représente 14 millions de voyages sur le RER, 23 millions sur le réseau de tramway, 84 millions sur le réseau de métro et 123 millions sur le réseau de bus en 2013. Le tout, pour un coût global de 366 millions d’euros de manque à gagner, et « malgré les différentes stratégies de lutte mises en place par les entreprises ».

Pour améliorer la situation, plusieurs recommandations ont été formulées, notamment celles de « lever les obstacles au recueil d’identités et d’adresses fiables lors des verbalisations », de mieux mesurer la fraude, ou encore de « mieux articuler les stratégies anti-fraude des deux entreprises [SNCF et RATP], afin de concentrer les moyens de contrôle sur les zones les plus vulnérables ».

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15/02/2016 04h10 - Nanamisa

« Face à ces constats, la Cour émet plusieurs recommandations nouvelles ou réitérées.
Celle d’augmenter les tarifs pour les usagers »

Cela ne fait même pas un an qu’on est passé au tarif unique qui permet une véritable égalité entre les usagers franciliens qui en plus de se taper des heures de trajet et des retards récurrents de transport devaient payer des sommes CONSEQUENTES, et pourtant la Cour des comptes « préconisent » l’augmentation ? Ce que bien sûr s’empresseront de faire la SNCF et la RATP.

Bravo les « Sages »

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