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Développement local

Les territoires ruraux, mal-aimés de l’Union européenne

Publié le • Par • dans : Europe

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Storm Clouds Saskatchewan © Fotolia

Les régions européennes demandent à la Commission de s’intéresser davantage aux zones rurales. Cela passe par plus de financements. Mais pas uniquement.

 

Les territoires ruraux, mal-aimés de l’Europe ?  C’est un peu ce que pense le Comité des Régions de l’UE (CdR), qui demande à la Commission de s’intéresser un peu plus aux campagnes. « On a l’impression que l’Union européenne se concentre surtout sur les villes et qu’il faut rééquilibrer un peu la balance », plaide l’auteur d’un avis sur la modernisation de l’économie rurale, l’Estonien Randel Länts. Son rapport a été adopté à l’unanimité à la session plénière du Comité le 10 février.

Ce désintérêt, c’est aussi l’avis de l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE – dont plus de 50% des régions membres sont essentiellement composées de zones rurales), qui a tout récemment signé l’appel de plusieurs organisations en faveur d’une meilleure reconnaissance de la ruralité en Europe.  « On met pour l’instant beaucoup l’accent sur l’agenda urbain », explique l’ARE. Trop ? Pendant ce temps

les inégalités [entre habitants des zones rurales et des zones urbaines] en termes d’accès aux services publics augmentent. Le niveau des services de santé, de transport et ceux liés à la sécurité inquiètent les habitants des zones rurales et leur donne le sentiment d’être abandonnés.

11% du FEDER

« Rééquilibrer la balance », donc, mais comment ? D’abord, au niveau des financements. « Il faut accroître le soutien financier global de l’Union européenne en faveur du développement rural », demande le CdR. La révision à mi-parcours du budget pluriannuel de l’UE (2014-2020), prévue en 2017, pourrait être cette occasion. Avant la fin de cette année, la Commission doit en tout cas présenter une analyse du fonctionnement budget, prélude à une révision éventuelle. Ce serait donc le moment.

Les arguments sont là : une récente analyse de la mise en œuvre des programmes opérationnels des Fonds structurels montre que, pour l’instant, seul 22,6 milliards d’euros du Fonds européen de développement régional (FEDER) est affecté aux zones rurales. Soit à peine 11 % de son budget total. « Le nouveau règlement FEDER vise essentiellement les zones urbaines et ne mentionne absolument pas les zones rurales », déplore le CdR. Et les fonds disponibles dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC) – dont le second pilier finance le développement rural via le FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural) – ont été réduits de 11,1% par rapport à la période de programmation précédente.

Un livre blanc

Mais il n’y a pas que l’argent. Le Comité des Régions demande une réflexion plus profonde de la Commission sur le développement rural. « Les zones rurales et les régions intermédiaires représentent 91% du territoire de l’UE, c’est là que vit 60% de sa population et que sont implantés 56% de ses emplois », insiste-t-il.  Or, « dans le cadre de la stratégie “Europe 2020” [la stratégie de l’UE en faveur de la croissance et de l'emploi, lancée pour dix ans en 2010 - ndlr], ce sont principalement les villes et métropoles qui sont considérées comme les moteurs de la croissance économique ». D’où la volonté de voir la Commission élaborer un livre blanc qui cible les problèmes, opportunités et pistes de développement de la ruralité. « Point de départ à une politique de développement rural après 2020 », a expliqué Randel Länts en plénière.

Les défis ne manquent pas, même s’ils ne sont pas communs à toutes les zones rurales de l’UE – exemple type : exode rural pour les unes, afflux de nouveaux résidents et hausse de la demande de terrains à bâtir pour les autres. Mais toutes ont un point commun : « leur niveau de développement est à la traîne par rapport à celui de l’Union européenne et surtout à celui des zones urbaines, et ce retard ne fait que prendre de l’ampleur », explique encore le CdR.

Parmi les pistes soufflées à l’oreille de la Commission : encourager les filières de distribution courte des produits agroalimentaires, faire en sorte qu’une partie de l’argent du Fonds social européen (FSE) soit consacré à la formation professionnelle dans les zones rurales, accorder une attention particulière aux programmes en faveur du renouveau des communes faiblement peuplées ou en risque de dépeuplement, agir pour que les financements de la Banque Européenne d’Investissement (BEI) portent principalement sur les régions d’élevage et de petites entreprises agricoles, soutenir la prestation de services publics de base. Et puis, il y a cette fameuse fracture numérique à combler. « On s’est surtout concentré sur les villes intelligentes », déplore encore Randel Länts. Bien que la couverture en haut débit se soit considérablement améliorée dans l’UE ces dernières années, « le contraste entre villes et campagnes est particulièrement évident ».

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  1. 1. ryadh 17/02/2016, 10h52

    Vous avez tout dit Thierry. Voilà comment réduire à néant des dizaines d'années de politique d'aménagement du territoire. L'UE est gouverné par des lobbys, les commissaires non élus de Bruxelles n'ont que faire de l'équité territoriale quant à leur porte ce sont les multinationales qui se font entendre faute de peuple européen.

  2. 2. Henri Tanson 13/02/2016, 10h14

    Notre pays est riche d'un patrimoine rural incroyable, auquel la majorité des Français est très attachée.
    Bien plus riche que dans l'ensemble des autres pays de l'Union.
    Alors, pourquoi demander à la Commission de 28 fonctionnaires grassement payés, (!) de décider de ce que nous faisons de notre argent, alors que c'est à nous de décider de nos priorités ?
    C'est de notre argent dont il est question, sachant que l'Union européenne qui n'a pas de ressources "propres" ponctionne les budgets des 28 États et en redistribue une petite partie, à son gré !...
    Ça suffit. Nous sommes les mieux placés pour décider de ce qui est bon pour nous.
    À nous de décider, démocratiquement, de ce que nous voulons faire de notre argent.
    Pas à 28 commissaires, quels qu'ils soient.
    L'Union européenne est un choix politique; pas une religion, pas une obligation. Et comme tous les choix politiques, il peut être rediscuté, s'il ne nous convient plus.
    Je dis ça...

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